1.massif montagneux de Guinée (point culminant : 1515 m; agriculture et élevage).
massif montagneux[Classe]
ensemble de montagnes[Classe...]
les noms de montagnes[Classe...]
État et pays d'Afrique noire[Classe...]
administration (en)[Domaine]
Nation (en)[Domaine]
pays africain[Hyper.]
guinéen[Dérivé]
Afrique, l’Afrique[Desc]
les ensembles de montagne[Classe...]
Guinée, république de Guinée[Situé]
Fouta Djalon (n. pr.)
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| Fouta-Djalon | ||
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Localisation du Fouta-Djalon en Guinée. |
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| Géographie | ||
| Altitude | 1 515 m, mont Loura | |
| Superficie | 81 952 km2 | |
| Administration | ||
| Pays | ||
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Le Fouta-Djalon, parfois orthographié Fouta Djallon notamment en anglais, est un massif montagneux situé en Guinée (ou Guinée Conakry), surnommé « le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest »[1] pour sa pluviométrie importante.
La région est principalement habitée par des populations peules parlant le pular.
Sommaire |
Le territoire est constitué de savanes arborées, forêts ouvertes, forêts-galeries et vastes plaines, sillonné de nombreux cours d'eau dont l’action millénaire a donné origine à de grandes falaises et de nombreuses et magnifiques chutes.
D'importants cours d'eau de l'Ouest Africain y naissent : le Tinkisso (affluent du Niger), le Sénégal, le Gambie, le Koliba. Avec une superficie de 81 952 km2, et une altitude moyenne de 1 000 m, cet ensemble de plaines et collines culmine au mont Loura (1 515 m). L'érosion a creusé des gorges profondes et des vallées dans l'épaisse couche de grès qui recouvre la roche granitique du sous-sol.
Les températures varient considérablement selon le lieu et les périodes : saison sèche de novembre à mai et saison des pluies de juin à octobre :
C’est une zone privilégiée pour la production de fruits (mangue, agrumes, papaye, avocats, banane, goyave) et plusieurs d'autres productions potagères. Dans l'ensemble des terres cultivables sont produits fonio, riz, pomme de terre, oignons et arachides.
Les principales villes sont Labé, Mamou et Dalaba.
Le roi du Mali Soundiata Keïta conquiert le Fouta-Djalon au XIIIe siècle. Au XVIe siècle, les Peuls du Macina (actuel Mali) et du Nord du Sénégal apparaissent dans la région.
En 1725, le savant musulman Karamoko Alpha Diallo, à la tête des Peuls du Fouta-Djalon, gagne la bataille de Talansan et chasse les païens. Les Soussous sont repoussés vers la côte de la future Guinée, les autres réduits en servage. Karamoko Alpha Diallo fonde un État théocratique féodal, consolide l'union de tous les Peuls en s'appuyant à la fois sur les traditions peuls et sur les principes de l'Islam. À sa mort en 1751, le savant Ibrahima Sori Maoudo est élu à la tête des Peuls. Il repousse une forte offensive païenne des Dialonkés et des Soulima conduite par Kondé Birama. Sa disparition en 1784 ouvre une période d'anarchie. L’État peul du Fouta-Djalon devient une confédération groupant neuf Diwé ou (provinces). Le titre d’almamy est dévolu alternativement aux descendants d’Ibrahima Sori (Soria) et à ceux de Karamoko Alfa (Alphaya). Après 1804, le pouvoir est exercé toujours alternativement, mais tous les deux ans. L'organisation de l'État constituera un exemple de décentralisation à base de laquelle se trouvaient les « conseils de village » élisant leurs représentants avec consultation directe. Ces derniers faisaient partie du grand conseil des sages qui assistait l'almamy dans la gestion de l'ensemble du territoire.
À la fin du XVIIIe siècle, la capitale religieuse de l’État théocratique du Fouta-Djalon est Fougoumba, où est intronisé l’Almamy (de imam), qui gouverne dans la capitale politique, Timbo, assisté du « Conseil des Anciens ». L’élément peul domine, dans un État multiethnique. La société est fortement hiérarchisée et inégalitaire, le clivage fondamental se situant entre musulmans et non-musulmans. Au sommet, se trouve l’aristocratie militaire et la classe maraboutique (lasli), puis viennent les hommes libres, puis à la base une clientèle de dépendants, serviteurs et esclaves. Les derniers sont installés dans des villages de culture, exploités au profit de l’aristocratie des Peuls. La prospérité économique et une relative stabilité politique favoriseront la cohabitation. Le brassage des populations, l’adhésion à l’islam et aux valeurs des Peuls favoriseront l’intégration qui aboutira à une homogénéisation ethnique.
Au cours du XIXe siècle, les Peulhs du Fouta-Djalon mèneront des opérations de résistance pour se protéger contre les attaques venant des régions voisines.
La colonisation française commença en 1838 en Guinée. Dès 1850, les français fondent un protectorat des rivières du Sud, rattaché au Sénégal. La colonisation s'était heurtée à une très forte résistance, en particulier chez les Peuls du Fouta-Djalon, les Coniaguis et les Guerzés. Sous l'autorité française se développa une élite citadine commerçante qui adopta culture et langue françaises.
Profitant de la division sur la succession au trône, les envahisseurs, sous le commandement d'Alfred Dodds, occupent la capitale Timbo et le dernier almamy du Fouta indépendant, Bokar Biro, est vaincu à la bataille de Porédaka en 1896. Les chefs du Fouta qui avaient assisté les français, seront soit assassinés (Alpha Ibrahima Sori Yilili), soit envoyés en exil Alpha Yaya.
En 1897, les Français installent un almamy au Fouta-Djalon avant de démembrer la République théocratique. Le Fouta est intégré dans sa majorité à la nouvelle colonie des Rivières-du-Sud qui deviendra la Guinée française, englobée, deux ans plus tard, dans le gouvernement général de l'Afrique Occidentale française[2]. Une partie est occupée par la Grande-Bretagne en Sierra Leone et les Portugais s'empareront du Gabou en Guinée-Bissau. La France impose une dure occupation militaire et instaure un esclavage, appelé travaux forcés.
Le Fouta-Djalon fut un centre de culture théologique peul. Les grands poètes-théologues sont Thierno Samba Mombéya, Thierno Saadou Dalen, Thierno Aliou Bhoubha Ndian et Thierno Diawo Pellel. Ils sont considérés comme d'illustres personnalités issues de la noblesse du Fouta et prêchant le bon exemple (le Peul savant et pieux, fervent dans la religion).
Selon le géographe Yves Boulvert, directeur de recherche à l'IRD, près d'un million de réfugiés guinéens vivent au Sénégal et en Côte d'Ivoire. Beaucoup d'originaires du Fouta Djallon s'exilent dans les années 1950 au Sénégal[3], où ils tiennent des petits métiers : commerce de charbon de bois, vente ambulatoire de cigarettes, petits étals de quartier, taxis. Le pays accède à l'indépendance en 1958, deux avant le reste de l'Afrique francophone, mais dès 1957, le futur dictateur Sékou Touré organise des pogroms contre les peuls[4].
La répression qui s'abat sur les enseignants fin 1961 amène les étudiants et les cadres à émigrer de plus en plus loin, pour devenir enseignants, quelquefois fonctionnaires et le plus souvent chômeurs à Dakar, Bamako, Abidjan, Monrovia ou Freetown. En 1964-1965, c'est au tour des commerçants de s'exiler, ce qui entraîne des pénuries. Pour échapper aux réquisitions en nature, les paysans des savanes brûlent cases et récoltes, pour fuir vers les pays voisins avec leur bétail[5]. À la fin des années 1960, la croissance ralentit au Sénégal et accélère en Côte d'Ivoire, où les travailleurs guinéens remplacent ceux du Burkina Faso et qui regroupe alors la plus grande communauté scolaire guinéenne à l'étranger, plus de 5 000 personnes, soutenus par le gouvernement ivoirien. Le 27 août 1977 voit la révolte des marchandes du marché de madina, contre la police économique du régime pour appliquer la loi restreignant le commerce.
Dans les années 2000, la Guinée est confrontée à l'afflux de plusieurs centaines de milliers de réfugiés venus du Liberia et de Sierra Leone, alors que le dictateur Lansana Conté, successeur de Sékou Touré, s'accroche au pouvoir, malgré une contestation sociale débouchant sur la grève générale en Guinée de 2007, menée par Rabiatou Serah Diallo.
À partir de 2004, Cellou Dalein Diallo, originaire de Labé, dans la région du Fouta-Djalon, occupe le poste Premier ministre laissé vacant pendant huit mois à la suite du départ en exil de François Lonseny Fall. Il participe activement à la mise en place du système de Lansana Conté qu'il a servi fidèlement plus de 11 ans dans différents gouvernements. La nomination de Cellou Dalein au poste de premier ministre était toute la preuve de fidélité et de confiance que le vieux général lui portait. Vu la crise qui existait dans le pays, il fût utilisé pour avoir l'aide des riches commerçants peulhs, de la même ethnie que lui. Mais la guerre des clans au palais présidentiel finira par avoir raison une fois de plus de Cellou Dalein. Le 5 avril 2006, à la suite de la diffusion de décrets de remaniement ministériel, Elhadj Fodé Bangoura homme de main et puissant secrétaire général à la présidence, obtient du président Lansana Conté son départ.
Il est blessé lors des viols et des massacres du 28 septembre 2009[6], pendant lequel les militaires assassinent 156 personnes, tandis qu'au moins 109 jeunes femmes ou jeunes filles ont été victimes de viols et de mutilations sexuelles[7]. Ce drame affaiblit le régime en place[8] mais sans le faire chuter.
Cellou Dalein Diallo est candidat à l'élection présidentielle de l'année suivante, obtenant 43,69 % des voix, devant Alpha Condé[9]. Il s'incline cependant au second tour avec 47,48 % des voix[10]. Après les violences de 2009, le nombre d'exilés, souvent originaire de l'ethnie des peuls et du Fouta-Djalon, continue à croître, près de 5 000 d'entre eux formant la communauté des Peuls de New-York, aux États-Unis.
Dans le Fouta-Djalon, comme dans la plupart des régions africaines, la notion de famille désigne soit tous ceux qui vivent, groupés ou non, sous l’autorité d’une même personne à qui ils reconnaissent un lien de parenté, soit la cellule sociale formée par les conjoints et leurs descendants, soit parfois un ensemble de personnes dont les ancêtres avaient une forte alliance de par leur voisinage ou des intérêts communs.
On distingue au Fouta-Djalon le parentage et le ménage polygyne.
Le parentage inclut les descendants d’un même aïeul, qui reconnaissent l’autorité ou la prééminence d’un patriarche. En pular, le groupement se nomme gorol, « lignée masculine », ou encore « ensemble des parents » musidal, « ceux qui sont issus d’une même porte » : ɓe dambugal gootal. Le chef de ce groupement est le hoore gorol : tête de lignée masculine, mawdo musidal, ancien du parentage.
Il serait souvent inexact de le considérer comme un chef : quand autorité il y a, ses manifestations sont intermittentes. Il s’agit plutôt d’un président du conseil de famille. Ce parentage peut être plus ou moins étendu : comprendre seulement les descendants d’un même grand-père, surtout chez les familles pauvres ou s’étendre aux descendants d’un ancêtre antérieur de cinq, six générations ou plus dans les groupes aristocratiques, où les liens généalogiques sont conservés avec plus de soin et les pouvoirs familiaux du Patriarche se doublent d’attributions politiques.
Le ménage polygyne, ou famille réduite, réunit l’homme, ses épouses et concubines, enfants, serviteurs agricoles, domestiques. On nomme ce groupement bheyngure, ou « acquisition personnelle ». Ce sont les êtres que l’homme a acquis lui-même, qui s’ajoutent à lui, dépendent de lui, lui appartiennent et lui obéissent : on dit encore qu’ils sont « sous ses pieds » (ley koydhe makko). L’habitation de ce groupe est le gallé, ou enclos, à l’intérieur duquel il est réparti en plusieurs huttes (suudu). Il peut y avoir plusieurs enclos : l’un près de la mosquée paroissiale (misiide) l’autre au hameau de cultures (marga) un troisième au hameau des serviteurs (runde). Le chef de famille est le jom gallé, maître d’enclos, ou jom hoggo. Après une période d’attente qui va de la puberté au mariage, les fils fondent, avec l’aide de leur père, un nouveau gallé où seront logés l’épouse, une servante, et quelques têtes de bétail. Les gallé, essaimés du gallé paternel formeront un même parentage (dambugal). L’assemblée des jom gallé se réunira sous la présidence de « l’Ancien », aîné de ce parentage. La cellule sociale réelle tend à être de plus en plus le ménage polygyne, au détriment du parentage patriarcal : ceci est dû à la dislocation sociale causée par la colonisation. D’autre part, il ne paraît pas que le Patriarche n’ait jamais eu, chez les Peuls du Fouta Djallon, une autorité égale à celle du Patriarche chez les sédentaires cultivateurs, chez les Mandingues, par exemple.
Le terme « chef de groupe » est un terme trop fort pour désigner ce doyen des anciens, président du conseil de famille, qu’est le Mawdho musidal (ou, absolument : mawdho). En fait, l’organisation du parentage est beaucoup plus parlementaire que monarchique : ce sont les Anciens qui gouvernent, non le Patriarche ; on entend dire souvent : « nos anciens ont décidé ceci », - à propos des événements familiaux : baptêmes, mariages, successions, ou des décisions concernant cultures et troupeaux ; on entend dire beaucoup moins : notre ancien. La vie familiale peule, comme la vie politique, s’écoulait dans une atmosphère de palabres (réunions : pottal). Nous reviendrons sur les droits et devoirs du Mawdho, dans les sections relatives au mariage et surtout à la propriété. Nous verrons ici les obligations du parentage envers l’Ancien.
L'action du roman Le Roi de Kahel de Tierno Monénembo se déroule dans le Fouta-Djalon.
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