Ville de : Aisne (département)[Classe...]
Ville de : Laon (arrondissement)[Classe...]
la Fère (n. pr.)
| La Fère | |
|---|---|
![]() |
|
| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Picardie |
| Département | Aisne |
| Arrondissement | Laon |
| Canton | La Fère (chef-lieu) |
| Code commune | 02304 |
| Code postal | 02800 |
| Maire Mandat en cours |
Raymond Deneuville 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté de communes des Villes d'Oyse |
| Démographie | |
| Population | 3 012 hab. (2009) |
| Densité | 448 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | |
| Altitudes | mini. 47 m — maxi. 80 m |
| Superficie | 6,73 km2 |
La Fère est une commune française, située dans le département de l'Aisne et la région Picardie.
Ancien siège de l'École Royale d'Artillerie de la Fère, elle est connue pour abriter la statue de l'artilleur qui ornait auparavant le pont de l'Alma de Paris.
Sommaire |
Eudes Ier, comte de Paris et marquis de Neustrie, puis roi des Francs de 888 à 898, mourut à La Fère, siège de son camp d'hiver, le 3 janvier 898[1].
Vers le XIe siècle, La Fère en Picardie devient le fief des seigneurs de Coucy, puissants rivaux de la jeune monarchie Capétienne. Ils construisent des fortifications qui vont défier longtemps les rois de France.
En 1187, le tournoi de La Fère, donné par le sire de Coucy dans les prairies, entre La Fère et Vendeuil, dura une semaine. Le sire de Coucy fit annoncer ce grand tournoi jusqu'en Belgique, lança de nombreuses invitations.
En 1545, lors de la guerre de François Ier contre Charles Quint, la Picardie était de nouveau envahie : « Le roy s’achemina pour tirer à La Fère-sur-Oise, duquel lieu il pourroit ordonner ses affaires selon qu’il s’offriroit. »
Au cours de la septième guerre de religion, La Fère est prise par surprise, par le prince de Condé, le 29 novembre 1579[2]. Elle est vite reprise par le maréchal de Matignon, l’année suivante.
Ce siège de 1580 fut appelé « siège de velours » car les ducs d’Epernon, Joyeuse et d’autres jeunes seigneurs y vinrent en brillant équipage et que les vivres abondaient. Il n’en fut pas moins long (du 20 juin au 31 août) et dur. Ce « siège de velours » où fêtes et réjouissances alternèrent avec les décharges d’artilleries, fit perdre plus de 4 000 hommes aux assaillants et 800 aux assiégés[3]. On écrivit et répéta partout qu’une mauvaise bête avait dévoré tous les mignons du roi Henri III, et La Fère prit le surnom de Féra (bête féroce). Le 12 septembre 1580, la ville de La Fère se rend aux troupes royales.
En 1586, la ligue bat son plein, la guerre des trois Henri également. En 1587, le huguenot Henri de Navarre/Bourbon (futur Henri IV de France dont le père Antoine de Bourbon est né au château de La Fère), est à la tête d'une armée dans l'ouest du royaume. Devenu roi de 1589 à 1610, Henri IV s’empare peu à peu des places que les Espagnols défendent avec acharnement et décide de faire le siège de La Fère en 1595. Depuis presque deux ans, La Fère est assiégée. Le roi fera inonder la cité en barrant la vallée de l’Oise entre Andelain et Beautor par une ligne de 1500 mètres ce qui amènera la ville à capituler le 16 mai 1596. Henri IV réunit alors La Fère au domaine de la couronne et y établit un bailliage royal qui s'étendait sur la ville, les faubourgs et sur 16 villages voisins. Ce bailliage ressortissait à celui de Laon.
En 1643, La Fère a été donné en douaire à la reine Anne d’Autriche, et pendant la Fronde, elle s’y abrita avec son cardinal ministre, ses fils et la Cour, contre l’opposition des grands seigneurs révoltés. Quand la révolte s’apaise, Mazarin s’attache à notre cité et il y revient en 1654, pour suivre de près les efforts de ses armées en campagne plus au nord.
En mars 1814, après la bataille de Laon, 3 000 Prussiens attaquent La Fère.
Quelques jours après Waterloo, un nouveau Corps de Prussiens marchant sur Paris s’arrête en juin 1815 devant La Fère : Le siège, commencé le 24 juin 1815, réduit bientôt la population à la famine. « … Affamée, mangeant chevaux, chiens, chats… », la garnison tient bon et les Prussiens se retirent.
Extrait du livre édité par le syndicat d'initiative de La Fère : La Fère, son histoire… Le 26 novembre 1870, la ville est soumise à des bombardements qui, durant 30 heures, incendient les casernes, une partie des maisons, l’hôtel de ville et l’Hôtel-Dieu ; on dit que plus de trois mille obus sont tombés sur la cité. Le capitaine Jacques Ferdinand Planche est contraint de capituler le 27 novembre 1870. La Fère est occupée jusqu’au 28 octobre 1871.
Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), La Fère est occupée dès le 1er septembre 1914 et sert de bastion à la ligne Hindenburg. De nombreux blockhaus sont construits. Le 13 octobre 1918, la 1re armée française du général Debeney franchit l’Oise et libère la ville.
Pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), La Fère est envahie le 19 mai 1940 et la caserne sert de camp provisoire aux prisonniers faits par les Allemands. La ville est alors en zone occupée, en « France allemande » comme disent les anciens Laférois. La ligne de démarcation était représentée par le canal de la Sambre à l’Oise, et comme il n’y avait qu’un seul lycée, celui de La Fère, les jeunes de Chauny, Tergnier… devaient disposer d’un laissez-passer pour venir y étudier. Tous les commerçants devaient présenter un ausweis (carte d’identité) ou passierschein (laissez-passer) pour aller, par exemple, chercher leurs marchandises. Le 3 septembre 1944, la 28e division d’infanterie américaine, qui a subi de lourdes pertes durant les combats, libère La Fère. Au cours de ces deux guerres mondiales, La Fère dut faire face aux nombreuses destructions de son patrimoine.
Ville de garnison aux XIXe et XXe siècle, où stationnait notamment le 41e régiment d'artillerie de marine, le 41e R.A.M.A. est dissous en juin 1993. La vie militaire a disparu de la ville de La Fère. Seules les casernes rappellent ces trois siècles d’histoire, et au fil des ans, un pôle social s'est installé sur le site.
À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Pour La Fère, cela correspond à 2004, 2009, etc[5]. Les autres dates de « recensements » (2008, etc.) sont des estimations.
Histogramme
(élaboration graphique par Wikipédia) 
Sont classés aux Monuments historiques :
Unités militaires ayant été en garnison à La Fère:
Extrait du livre La Fère, son Histoire édité par le syndicat d'initiative : « … En 1666, le duc de Mazarin alors « Grand Maître de l'Artillerie », bâtit un arsenal, ou plutôt lui fit subir d’importants agrandissements, afin de soutenir les armées de Louis XIV engagées dans la guerre en Flandre. Il y adjoint en 1672 un moulin à poudre, au sud de l’Arsenal, au-delà des fortifications, et de l’autre côté de l’Oise, sur une île appelée « demi-lune ». Avant que Vauban ne refortifie les frontières du nord de la France dans le cadre du « pré carré », l’arsenal de La Fère disposait déjà d’un système bastionné : seul vestige de ces fortifications, une « Dame Jeanne » de briques rappelle que pendant la première partie du XVIIe siècle, La Fère était avant tout une place forte. La fonction de cette « dame » était d’empêcher les assiégeants de cheminer sur le mur, appelé batardeau, au-delà duquel se trouvait un fossé inondable. Souvent appelée à tort « l’échauguette » cette « Dame » située près du « Bouillon », est l’un des plus anciens témoins de l’histoire de l’Arsenal… »
La première école militaire de notre ville fut créée de 1720 à 1732 (dans les "vieux quartiers") de l'Arsenal, en même temps que celles de Metz (qui, fusionnée avec l'ex-école royale du génie de Mézières, devait devenir école d'application de Polytechnique), Strasbourg, Grenoble et Perpignan, par l'ordonnance royale du 5 février 1720. Cette ordonnance tirait les conclusions des dernières campagnes de Louis XIV en faisant de l'artillerie une arme scientifique, avec des officiers formés en conséquence. Chacune des cinq villes concernées abriterait un régiment de 4000 hommes, avec une école d'artillerie à demeure.
L'école d'artillerie de La Fère doit sa renommée en grande partie à la qualité des enseignants qui y servirent. Le premier d'entre eux fut l'ingénieur des fortifications Bélidor (de 1720 à 1740). Répondant à la demande du ministère de la Guerre, Bélidor s'attacha à dresser des tables balistiques universelles et dispensa aux élèves-officiers un enseignement scientifique complet. En 1740, la succession de Bélidor dans cette fonction fut assurée par un professeur de mathématiques, l'abbé Deidier, remplacé à son tour par l’abbé Nollet à partir de 1757. Nollet enseignait, outre les mathématiques, l'hydraulique, la physique et la chimie.
Le 8 avril 1756, Louis XV annexa à l'école d'artillerie une école et une compagnie d'élèves des cadets, dite "la cinquantaine". Elle fut transférée de La Fère à Bapaume en 1766, la municipalité ne pouvant assurer l'entretien des casernes. Seule resta la première école avec Messieurs Deider et Bélidor comme professeurs.
Choderlos de Laclos (1759-1761) et Gribeauval y firent leurs classes. Le général Augustin Marie d'Aboville fut nommé par Napoléon commandant de l'école à partir de 1809.
Napoléon Bonaparte servit dans le régiment d'artillerie de la Fère sous les ordres du baron du Teil, mais, contrairement à la légende, il ne fut JAMAIS affecté à La Fère, ce Régiment étant cantonné à Valence puis à Auxonne. En 1820, cette première école fut transférée dans le château de La Fère et y demeura jusqu'en 1903. À partir de cette date, le château fut transformé en appartements pour officiers.
…un ouvrage paru en 1907 consacré aux sanatoriums qui portait sur les questions d’hygiène hospitalière, appartenait au monumental « Traité d’hygiène », dirigé par Paul Brouardel et Ernest Mosny… Rapport sur les épidémies en France pendant l'année 1910, au nom de la commission permanente des épidémies, tome 42 (1911), p. 1-23 - L’étiologie et la prophylaxie de la fièvre typhoïde (Revue Scientifique 1910 - 12 novembre 1910 - no 20)
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