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Ville de : Forcalquier (arrondissement)[Classe...]
Lurs (n. pr.)
| Lurs | |
|---|---|
Village de Lurs |
|
![]() Détail |
|
| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Provence-Alpes-Côte d'Azur |
| Département | Alpes-de-Haute-Provence |
| Arrondissement | Forcalquier |
| Canton | Peyruis |
| Code commune | 04106 |
| Code postal | 04700 |
| Maire Mandat en cours |
Richard Lafond 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté de communes du pays de Forcalquier et montagne de Lure |
| Démographie | |
| Population | 370 hab. (2009) |
| Densité | 16 hab./km2 |
| Gentilé | Lursiens |
| Géographie | |
| Coordonnées | |
| Altitudes | mini. 340 m — maxi. 621 m |
| Superficie | 22,48 km2 |
Lurs est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le nom des habitants de Lurs est Lursiens[1].
Note : on prononce « Lurse ». Lurs n'est donc pas homophone de Lure.
Lurs a reçu le label « village et cité de caractère ».
Sommaire |
Le village est perché à 612 m d’altitude, sur un site inscrit[2].
La commune est traversée le Lauzon[4] et le Buès. La Durance[5] borde la commune à l'est, C'est une rivière dite « capricieuse » et autrefois redoutée pour ses crues (elle était appelée le 3e fléau de la Provence[6]) aussi bien que pour ses étiages, la Durance est une rivière à la fois alpine et méditerranéenne à la morphologie bien particulière.
Aucune commune du département n’est en zone de risque sismique nul. Le canton de Peyruis, auquel appartient Lurs, est en zone de risque 2 (risque moyen)[7]. La commune est exposée à trois autres risques naturels[8] :
La commune est également exposée à deux types de risques technologiques :
Un seul plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) existe pour la commune, il s’agit du plan des surfaces submersibles de 1961[11].
Le territoire se situe en limite est des Baronnies orientales, sur des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin), entre trois formations géologiques majeures des Alpes[12] :
Lurs est soumise à un climat méditerranéen d'intérieur, très semblable à celui que l'on trouve dans le reste de la Provence à basse altitude. Les hivers sont frais, avec des gelées fréquentes, tandis que les étés sont très chauds et secs, avec quelquefois des orages.
Lurs n'ayant pas de station météo, la plus proche est celle d’ Oraison [15].
La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 964, sous la forme castri de Lurs. Selon Charles Rostaing, le nom est créé sur la racine oronymique (qui désigne une montagne) préceltique *Lor-, et qui serait probablement antérieure aux Gaulois[16],[17] ; selon Ernest Nègre, le nom dérive d’un nom propre romain, Lurius[18].
Les hommes ont fréquenté le territoire de Lurs dès le Paléolithique moyen[19]. Des sites chalcolithiques ont également été découverts[20].
Sur la commune, les archéologues ont fouillé deux habitats néolithiques. Aux Clavelles, sur le chantier de l’autoroute A51, un habitat néolithique, proche de la grotte de l’Église à Baudinard, a été mise au jour. Cinq tombes néolithiques témoignent d’un « acciden de parcours » : trois tombes sont celles d’enfants (de 2 à 8 ans) morts les uns après les autres, à quelque temps d’écart ; les deux autres sont celles d’adultes (15/18 et 20/25 ans), et sont encore postérieures[21]. Une nécropole gallo-romaine a aussi été découverte[22].
La ville antique, Alaunium, est située au quartier de Notre-Dame des Anges.
La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au IXe siècle, sous son nom actuel[2], probablement bâtie sur l’emplacement d’une villa gallo-romaine, la villa Alaunium. La tradition attribue sa fondation à Charlemagne, en 812-814, qui en aurait fait don à l’évêque de Sisteron Jean II.
Les évêques de Sisteron sont propriétaires du village depuis au moins le IXe siècle[23], où ils ont leur résidence d’été, et y sont princes de Lurs. Le château, construit au Xe siècle, est pris par les vicomtes de Nice, qui le conservent jusqu’à la fin du XIe siècle. Alix de Forcalquier cède la moitié du château aux évêques en 1110 ; Tiburge d'Orange rend la seconde moitié du château dans les années 1125-1145[24]. Il est ensuite pris lors des trois sièges qu’il subit au cours des guerres de religion.
La société patriotique de la commune y est créée assez précocement pendant l’été 1792[25].
Lurs est chef-lieu de canton pendant quelques années, avant d’être rattaché au canton de Forcalquier (1801), puis à celui de Peyruis (1802)[26].
C'est dans cette commune que s'est déroulée l’affaire Dominici survenue en 1952.
De par sa taille, la commune dispose d'un conseil municipal de 11 membres (article L2121-2 du Code général des collectivités territoriales[27]). Lors du scrutin de 2008, il n’y eut qu’un seul tour et Richard lafond a été réélu conseiller municipal avec le sixième total de 213 voix, soit 81,30 % des suffrages exprimés. La participation a été de 80,62 %. Il a ensuite été nommé maire par le conseil municipal[28].
De 1789 à 1799, les agents municipaux (maires) sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.
De 1799 à 1848, La constitution du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799) revient sur l’élection du maire, les maires sont nommés par le préfet pour les communes de moins de 5 000 habitants. La Restauration instaure la nomination des maires et des conseillers municipaux. Après 1831, les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet pour les plus petites), mais les conseillers municipaux sont élus pour six ans.
Du 3 juillet 1848 à 1851, les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de 6 000 habitants.
De 1851 à 1871, les maires sont nommés par le préfet, pour les communes de moins de 3 000 habitants et pour 5 ans à partir de 1855.
Depuis 1871, les maires sont élus par le conseil municipal suite à son élection au suffrage universel.
Lurs fait partie de la Communauté de communes du Pays de Forcalquier et Montagne de Lure. Elle a adhéré en 2010 à la charte du Parc Naturel Régional du Luberon.
Lurs est une des quatre communes du canton de Peyruis, qui totalise 3 920 habitants en 2008. Le canton a fait partie de l'arrondissement de Forcalquier depuis 1801 et de la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. Lurs fait partie du canton de Peyruis depuis 1802, après avoir fait partie du canton de Lurs de 1793 à 1801 et du canton de Forcalquier de 1801 à 1802[26]. La commune fait partie des juridictions d’instance de Forcalquier, prud'hommale de Manosque, et de grande instance de Digne-les-Bains[33].
| Taxe | part communale | Part intercommunale | Part départementale | Part régionale |
|---|---|---|---|---|
| Taxe d'habitation (TH) | 3,21 % | 0,00 % | 5,53 % | 0,00 % |
| Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) | 14,68 % | 0,00 % | 14,49 % | 2,36 % |
| Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) | 33,92 % | 0,00 % | 47,16 % | 8,85 % |
| Taxe professionnelle (TP) | 0,00 % | 20,80 % | 10,80 % | 3,84 % |
La Part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.
La taxe professionnelle est remplacée en 2010 par la cotisation foncière des entreprises (CFE) portant sur la valeur locative des biens immobiliers et par la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) (les deux formant la contribution économique territoriale (CET) qui est un impôt local instauré par la loi de finances pour 2010[35]).

La commune est dotée d’une école primaire publique[39],[40]. Ensuite, les élèves sont affectés au collège du Docteur-JMG-Itard à Oraison[41],[42]. Puis les élèves sont dirigés vers les lycées de Manosque[43], soit le lycée polyvalent Les Iscles[44], soit le lycée polyvalent Félix-Esclangon[45].
Chaque année au mois d'août depuis 1955, le village accueille les rencontres internationales de Lure — du nom de la montagne voisine — : observatoire, carrefour et forum de passionnés de la communication visuelle (typographie, graphisme…)
En 2008, le revenu fiscal médian par ménage était de 17 691 €, ce qui plaçait Lurs au 14 017e rang parmi les 31 604 communes de plus de 50 ménages en métropole[46].
La commune de Lurs possède trois labels Appellation d'origine contrôlée (AOC) (Banon, Huile d'olive de Provence et Huile d'olive de Haute-Provence) et neuf labels Indication géographique protégée (IGP) (Petit épeautre, Miel de Provence, Agneau de Sisteron, Alpes-de-Haute-Provence (VDP) blanc, rouge et rosé et VDP de Méditerranée blanc, rouge et rosé)[47].
Le petit épeautre est un blé rustique dont les archéologues ont retrouvé la trace dans des couches datées de 9 000 ans avant notre ère. Cette céréale se complait dans des sols pauvres et accepte des hivers longs et froids[a 1]. Elle se sème en septembre-octobre et son cycle végétatif est de onze mois[a 2]. Cette culture, très populaire sur les contreforts de la montagne de Lure jusqu'au XIXe siècle, a été reprise dans les années 1980. Dans le cadre de la SICA « Céréales Ventoux », une cinquantaine de producteurs approvisionnent un marché qui absorbe 200 tonnes/an[a 2].
Le banon est protégé par une AOC depuis 2003. C'est le premier fromage de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur à obtenir une appellation d'origine contrôlée. L'INAO a donné son accord pour sélectionner selon les « usages locaux, loyaux et constants » 179 communes dont la production du lait des élevages de chèvre de races provençale, rove et alpine peut revendiquer l'appellation, dont 111 dans les Alpes-de-Haute-Provence, 33 dans les Hautes-Alpes, 21 dans la Drôme et 14 dans le Vaucluse.
C'est un fromage à pâte molle à croûte naturelle, élaboré à partir de la technique du caillé doux et moulé à la louche avant d'être emmitouflé dans des feuilles de châtaigniers brunes et liées par un brin de raphia naturel[48]. Il est auparavant trempé dans de l'alcool pour éviter les moisissures.
Le miel de Provence est protégé par un label rouge associé à une indication géographique protégée, tant pour le miel toutes fleurs que pour le miel de lavande et lavandin[49]. L'apiculture mobilise nombre de producteurs. Ils sont estimés à 4 500, dont 700 possèdent entre 70 et 150 ruches. La production régionale est de 2 000 t/an, soit 8 % de la production nationale[50]. Nombre d'entre eux pratiquent la transhumance selon un trajet allant du littoral vers la Haute-Provence. L'été est la saison privilégiée pour le miel de lavande et les ruches sont installées dans une zone limitée au nord par une ligne Montélimar / Digne, avec au sud le mont Ventoux, le plateau d'Albion, la montagne de Lure, les monts de Vaucluse et le massif du Luberon. Le miel toutes fleurs est élaboré dans une vaste zone limitée par Nîmes, Montélimar, Gap, Digne, Nice, Toulon, Marseille et Avignon[51].
L'agneau de Sisteron est un agneau de quatre mois, élevé sous la mère et originaire des Alpes provençales et de la Drôme provençale. Issus d'élevages traditionnels, avec des mères de races Mérinos d'Arles, Mourérous ou Préalpes du Sud qui les allaitent au moins pendant deux mois, sur un espace pastoral comptant moins de 10 brebis à l'hectare et comportant au minimum 10 hectares de parcours[52], ces agneaux ont droit, sous le contrôle l'INAO, au label rouge accordé par un décret gouvernemental en date du 3 janvier 2005[53]. L'Union européenne lui a accordé une indication géographique protégée depuis le 15 février 2007[54].
Cette exigence de qualité a mis un terme à la pratique de cheptels élevés dans les mêmes conditions mais provenant d'autres régions dont l'ensemble de la Provence, le Massif central et le Piémont. Chaque année, c'étaient près de 400 000 bêtes qui passaient par les abattoirs de Sisteron profitant d'un certain laxisme pour usurper une provenance recherchée[55].
La maison la plus ancienne peut dater du XIVe ou du XVe siècle[57]. De nombreuses maisons du XVIIIe siècle offrent une façade agréable ou présentent une construction d’excellente qualité[58].
Sur le Lauzon, se trouve un ancien moulin à eau[59]. Sur le Lauzon également, le pont de Monnesargues est cité par Barruol, Autron et Ursch[60]. Enfin, le pont de l’A51 au-dessus de la voie ferrée Grenoble-Marseille, long de 187 mètres (portée maximale : 63,2 mètres), est le premier pont construit en France associant les techniques de construction avec éléments en béton préfabriqués, et béton précontraint. Le pont a été construit en posant des poutres d’acier sur les piles ; le tablier est formé de hourdis de béton préfabriquées ; ces éléments de béton sont ensuite précontraints par des câbles d’acier. Il a été mis en service en 1988[61].
Le palais épiscopal est en ruines (il a été abandonné après la Révolution française, après avoir dévasté[62]. L’ancien petit séminaire de l’évêché de Sisteron, créé dans les années 1680, se trouve à l’entrée du village[63].
L’église la plus importante est celle de Notre-Dame-des-Anges, construite au XIIe siècle au milieu du site de la ville romaine d’Alavinum. Elle est construite entre 1662 et 1674 comme chapelle du couvent des récollets. Au XVIIIe siècle, elle est augmentée de six chapelles latérales voûtées d’ogives de type archaïque pour cette époque[64], puis subit d’importantes réparations au début des années 1750[65]. La nef est voûtée en berceau surbaissé. Elle est éclairée par six baies, trois sur le mur nord et trois sur le mur sud. Le clocher en tour carré est construit à l’angle du chœur[66].
Cependant, cette chapelle est construite sur une bien ancienne, qui peut remonter au XIe siècle. Le chœur est construit en hauteur, au-dessus d’une crypte qui s’étend au-delà des limites de la chapelle actuelle[65]. Elle fait l’objet d’un pèlerinage après la Peste noire. En 1660, la Vierge Marie est apparue miraculeusement, et la chapelle est agrandie l’année suivante. C’est un monument historique inscrit depuis le 13 janvier 1997[67]. Elle contient de nombreux ex-votos classés au titre objet[68].
L’autel de la Vierge, en bois doré et peint, date du XVIIIe siècle et est classé[69],[70]. Le tableau de sainte Delphine (il porte l’inscription sainte Dauphine), date du XVIIe siècle et est classé au titre objet[71],[72].
La chapelle abrite les sépultures des évêques de Sisteron, avec leurs gisants, dont certains ont fait l’objet d’un classement :
La crèche compte 17 santons de carton-pâte, daté d’entre 1855 et 1895[75],[76]. Enfin, deux plats de quête en cuivre datant du XVIe siècle sont classés, dont un portant des inscriptions gothiques, et l’autre représentant saint Georges tuant le dragon[77].
La chapelle Notre-Dame-du-Plan, à l’écart de Lurs en allant vers Sigonce, est construite à la fin du XIIe. Elle est l’objet d’importants travaux en 1850 et 1880. Le pèlerinage ancien se maintient[78].
L’église paroissiale de l’Invention de la Sainte-Croix, daterait du début du XVe siècle[23] ou du XVIe siècle, malgré son aspect très archaïque[79].
Une des cloches de la commune (Raymond Collier ne précise pas laquelle) date de 1499[80].
La chapelle Saint-Martin est transformée en grange. Voir aussi les chapelles Saint-Michel (panorama) et Notre-Dame-de-Vie (panorama).
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