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| Jetsün Milarépa | ||||||||
![]() Une statue de Milarépa au Népal |
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| Naissance | 1040 Gungthang (Tibet) |
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|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Décès | 1123 (Tibet) |
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| École/tradition | Kagyupa | |||||||
| Célèbre pour | Ses chants de réalisation | |||||||
| Œuvres principales | Les Cent Mille Chants | |||||||
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Jetsün Milarépa (tibétain : རྗེ་བཙུན་མི་ལ་རས་པ ; Wylie : Rje-btsun Mi-la-ras-pa), dit Milarépa (né Mila Thöpaga, 1040-1123[1] ou suivant une source divergente[1],[2] 1052-1135) est un yogi laïc et un poète, disciple de Marpa, devenu un maître de renom du bouddhisme tibétain.
Milarépa est désigné par l'école karma-kagyu comme l'un des maillons de transmission ininterrompue de maître à disciple appelée Lignée du Rosaire d´Or. Ses disciples les plus célèbres étaient Gampopa et Rechung Dordjé Dragpa.
Auteur de Les Cent Mille Chants de Milarépa, son histoire parfois qualifiée de légendaire a une importance particulière dans le bouddhisme tibétain et l'école kagyupa fondée par son disciple Gampopa.
Sommaire |
Dans le bouddhisme tibétain, Milarépa est considéré comme un grand yogi, poète et saint du Tibet. Selon certains récits rapportés dans ses biographies, il aurait appris la sorcellerie dans son jeune âge et, par vengeance, utilisé la magie noire à l'encontre de ses ennemis. Pourtant, poussé par le remord, purifié par les épreuves infligées par Marpa dont il demande à devenir le disciple, il réussit, grâce à l'enseignement qui lui est transmis et à sa vie d'anachorète, à atteindre l'éveil. Il inspira de nombreuses personnes au cours des siècles[3].
Milarépa relève, selon certains auteurs, d'une figure spirituelle mythique tibétaine[4],[5],[6],[7] dont les récits se sont transmis oralement de génération en génération[8],[9],[10]. Il existe des sources écrites, rédigées plusieurs siècles après son existence mais dont l'ancienneté ainsi que les divers miracles ou comportements peu ordinaires et exploits légendaires qu'elles rapportent ainsi que le fait qu'elles aient été rédigées par des disciples a conduit divers auteurs à qualifier sa vie de légendaire ou « semi-légendaire »[11],[12],[13].
La principale source scripturale connue est une biographie écrite dans la région du mont Lapchi en 1488, soit 365 ans après sa mort[14], par Tsang Nyön Heruka (réincarnation de Milarépa d'après Lobsang Phuntsok Lhalungpa[14]), qui rédigea aussi en 1505 une biographie de « Marpa le traducteur », maître spirituel de Milarepa. Le texte de cette biographie, connu sous le nom de Rnam-thar[14] (le récit de la vie), namthar[15] ou encore Jetsun khabum (Les Cent Mille Mots de Milarepa)[16],[17] est présenté sous la forme de questions posées par le disciple Retchungpa (ou Ras-Chung-Pa) à son maître. Certains anciens traducteurs de cette œuvre, tels Jacques Bacot et Walter Evans-Wentz, l'ont ainsi tout d'abord attribuée à Retchungpa lui-même et fait remonter au XIIe siècle. Selon Ariane Spanien, dans le travail « d’iconographie » qu'elle rapporte, le texte est qualifié de « fiction adoptée par Gtsang-smyon (Tsangnyon Heruka) » et déclare que « la question de l’inspiration de l’œuvre, écrite sous la dictée d’un maître ésotérique, dont l’identité nous paraît mystérieuse, reste ouverte » (« un maître apparu en vision pure », dit-elle plus loin), concluant, sans remettre explicitement en question l'existence de Milarépa, que « la vie de Milarépa a été conçue par l’esprit de Gtsang-smyon»[14].
Selon l'historien tibétain du XVe siècle Gö Lotsawa (en), la vie de Milarépa aurait été utilisée dans les centres d'enseignement Phagmodru au Tibet central au milieu du XIIe siècle, quelques dizaines d'années après sa mort[18]. Gampopa, disciple de Milarépa, composa une de ses premières biographies[19]. Certaines des premières biographies de Milarépa et de Réchoungpa, dont plusieurs étaient considérées comme perdues, ont été retrouvées ces dernières années, tels que celles des lamas Donmo Ripa, Gyadangpa Dechen Dorje, Montsepa Kunga Palden, Zhang Yudrakpa Tsöndru Drakpa (en) (1123-1193) et le 3e Karmapa[20],[21],[22]. L'enseignement de Milarépa est également connu par un recueil de poèmes, les Cent Mille Chants (Gourbum ou Mgur-'bum) pour lesquels Ariane Spanien mentionne que l'attribution est jugée « douteuse » par le tibétologue M.R.A Stein[14].
Selon ces sources, Milarépa naquit de Mila Sherab Gyaltsen, son père, et Nyangtsa Kargyen, sa mère[23], dans le village de Kya Ngatsa de la province de Gungthang à l'Ouest du Tibet, près du Népal, dans une famille noble et fortunée du clan de Khyungpo. Il fut nommé Mila Thöpaga (« celui qu'on écoute avec joie », Mila étant un nom associé à sa lignée familiale). Il eut une sœur nommée Peta Gonkaj[23]
Alors que Thöpaga n'avait que sept ans, son père mourut de maladie et les propriétés de la famille furent confiées à un oncle et une tante, à charge pour eux de les restituer au jeune homme à sa majorité. Mais ceux-ci se les approprièrent et réduisirent Thöpaga, sa mère et sa sœur à l'état de domestiques et les maltraitèrent. Sa mère, malgré sa pauvreté, organisa une réception où elle demanda publiquement la restitution de leurs biens, mais fut humiliée par l'oncle et la tante. Elle décida de chercher vengeance en envoyant son fils apprendre la magie noire auprès d'un sorcier bön expert. Elle jura à l'adolescent Thöpaga que s'il ne réussissait pas à devenir un puissant sorcier, elle se suiciderait sous ses yeux.
Après plus d'une année d'apprentissage, Thöpaga, lors de la fête de mariage du fils de l'oncle, provoqua l'effondrement de leur maison au moyen de ses pouvoirs magiques et causa ainsi la mort de 35 personnes et déclencha un orage de grêle qui détruisit toute la récolte de ses ennemis. Il dut s'enfuir loin du village pour échapper à leur vindicte et ne put revoir sa mère de son vivant.
Thöpaga aurait éprouvé des remords d'avoir causé tant de malheur et de destruction. Ne mangeant plus, ne dormant plus et n'ayant plus de goût à la vie ordinaire, il rechercha alors un maître bouddhiste capable de l'aider à transformer le karma négatif qu'il avait accumulé. Il devint disciple d'un maître Nyingmapa appelé Lama Rongtön qui, pensant qu'il avait des affinités avec Marpa, l'envoya voir ce traducteur tibétain dans le Lhodrak. Marpa avait rapporté d'Inde au péril de sa vie, puis traduit, les enseignements du maître indien Naropa (1016-1100), eux-mêmes transmis par le sage indien Tilopa (988-1069).
Marpa eut l'intuition qu'il avait affaire à un être au destin exceptionnel qui deviendrait son successeur. Il n'en montra cependant rien et, connaissant les méfaits passés de Milarépa (Thöpaga), il s'affaira d'abord à tester la volonté de son élève et à le purifier de ses crimes passés. Ainsi, il imposa à Milarépa des épreuves considérables afin de le préparer à recevoir les instructions et enseignements ultérieurs. Il lui demanda par exemple de construire seul différentes tours en pierre, de formes variées (ronde, carrée, triangulaire...) et à chaque fois il reprochait à Milarépa un défaut dans la construction et lui ordonnait par conséquent de détruire l'ouvrage et de remettre les pierres à leur place d'origine. Durant ce temps, Marpa continuait à enseigner à ses élèves, tout en excluant Milarépa. Celui-ci tenta d'obtenir des enseignements auprès d'un autre maître, obtint l'aide de Daméma, l'épouse de Marpa… tout cela en vain, Marpa refusant toujours de lui enseigner. Milarépa décida d'en finir avec sa vie de misérable et songea au suicide. Marpa le devina et l'arrêta au dernier moment : Milarépa avait purgé toutes ses fautes et était désormais apte à recevoir son enseignement.
Marpa lui transmit les enseignements qu'il avait lui-même reçus de Naropa et d'autres maîtres lors de ses voyages en Inde. Une fois cet enseignement dispensé, il envoya Milarépa pratiquer en retraite solitaire dans les grottes du Tibet.
Milarépa passa plusieurs années en retraite méditative dans la région de Lapchi[24].
Milarépa pratiqua la méditation pendant de nombreuses années dans le plus grand isolement dans des grottes de haute montagne et maîtrisa les transmissions qu'il avait reçues. Il vécut ainsi dans le dénuement le plus total. Il ne portait qu'un léger vêtement de coton (d'où son nom de Milarépa, Mila le « répa » ou Mila le yogi vêtu de coton[25]) et ne se nourrissait que d'orties sauvages, à tel point - nous dit la tradition - que son corps prit une teinte verte ainsi qu'on le voit sur de nombreuses peintures[26]. Il lut alors un document écrit par son maître Marpa, comportant des instructions sur la méditation et l'enjoignant d'avoir une bonne alimentation. Il suivit les conseils de son maître et sa méditation atteint un stade d'accomplissement complet[27].
Suite aux pouvoirs et aux acquis spirituels de sa méditation prolongée, il commença à enseigner et devint réputé pour ses chants poétiques, Les Cent Mille Chants de Milarépa qui contenaient l'essence de son enseignement. Il eut de nombreux disciples célèbres. Parmi eux, le moine Gampopa fut le détenteur suivant dans la lignée. Au même titre que Rechung Dordjé Dragpa, Milarépa lui transmis les enseignements qu'il avait reçu de Marpa. Rechung Dordjé Dragpa poursuivit la tradition des yogis laïcs tandis que Gampopa fonda l'école kagyupa du bouddhisme tibétain. Milarépa mourut à l'âge de quatre-vingt-quatre ans.
Milarépa n'a pas écrit d'ouvrages. Son enseignement était oral. Il a été transcrit par ses disciples. Ainsi, on en trouve une partie dans la biographie indiquée plus haut, mais surtout dans l'ouvrage les Cent Mille Chants, composé de 61 chapitres[28]. Selon ces sources, dans les divers lieux où il s'arrêta pour méditer et enseigner, Milarépa aurait rencontré des personnes ou des situations qu'il utilisa pour illustrer son enseignement.
Son enseignement promeut l'expérience individuelle directe telle qu'elle est enseignée par les tenants de la philosophie bouddhiste vajrayana et plus particulièrement tantrique tibétaine. La conceptualisation des principes généraux de cette philosophie à la fois mystique et religieuse, que l'on trouve dans les Cent Mille Chants, et des instructions pratiques de méditation, de visualisation, de rituels, de prières, etc., s'est transmise oralement et - du point de vue des bouddhistes de la voie directe aspirant à l'état de boddhisattva ouverte par Milarépa -, par transmission de cœur à cœur depuis le XIe siècle sans interruption.
Pour certains bouddhistes, l'histoire de Milarépa a la même importance que le Nouveau Testament pour les chrétiens[23].
Parmi les principaux disciples de Milarépa, c'est à Gampopa que fut confiée la transmission complète Kagyupa.
Des reliques de Milarépa ont été offertes à Lama Zopa Rinpoché par son étudiant Wu Wen Yuen à Taïwan en 2001[29].
| Précédé par | Milarépa | Suivi par | |
|---|---|---|---|
| Marpa |
|
Gampopa |