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definitions

nombre (n.m.)

1.concept concret servant à déterminer une pluralité de personnes ou de choses.

2.ensemble de personnes, collection de choses. Un grand ou un petit nombre de.

3.(grammaire)catégorie grammaticale qui exprime l'unité (singulier) ou la pluralité (pluriel).

nombrer (v.)

1.affecter d'un nombre ou évaluer un nombre. Compter, dénombrer.

 
see also

nombre (n.m.)

numérique

 
synonyms

nombre (adv.)

beaucoup

 
phrases
 
analogic tree

nombre (n. m.)

tid

nombre[ClasseHyper.]

équation algébrique[DomainDescrip.]

[ en nombre ][Syntagme]

[ au nombre de ][Syntagme]

[ quantité de ][Syntagme]

[ un nombre de ][Syntagme]

nombre (n. m.)

nombre (n. m.)

nombre (n. m.)

nombre (n. m.)

nombre (n. m.)

nombre (n. m.)

tid

adjectif[Classe]

nombré (adj.)

tid

compté[Classe]

nombrer (v. tr.)

V+comp

tid

compter[Classe]

 
le Littré (1880)

NOMBRE (s. m.)

1. L'unité, une collection d'unités, les parties de l'unité. Les chiffres servent à écrire les nombres. Nom de nombre.

La géométrie ne peut définir ni le mouvement, ni les nombres, ni l'espace ; et cependant ces trois choses sont celles qu'elle considère particulièrement (PASC. Géom. 1)

Les nombres imitent l'espace, qui sont de nature si différente (PASC. Pens. XXV, 65, éd. HAVET.)

Le nombre infini (PASC. ib. XII, 20)

Plus de douze attroupés craindre le nombre impair (BOILEAU Sat. VIII)

Quand Newton dit que le nombre est un rapport abstrait d'une quantité à une autre de même espèce, n'a-t-il pas entendu par là l'usage des nombres en arithmétique, en géométrie ? (VOLT. Dict. philosop. Nombre.)

Euclide avait-il raison de définir le nombre, collection d'unités de même espèce ? (VOLT. ib.)

Wolf dit : le nombre est ce qui a le même rapport avec l'unité qu'une ligne droite avec une ligne droite ; n'est-ce pas plutôt une propriété attribuée au nombre qu'une définition ? (VOLT. ib.)

Si j'osais, je définirais simplement le nombre, l'idée de plusieurs unités (VOLT. ib.)

Point de nombre, point d'extension à laquelle je ne puisse ajouter (VOLT. Princ. d'action, 4)

Il n'y a, si je puis m'exprimer ainsi, que des un, un, un, et les nombres ne sont que dans des noms que nous avons faits pour notre usage (CONDILLAC Langue calc. I, 4)

Les grands nombres, les nombres composés de beaucoup de chiffres.

Dans le calcul des grands nombres, la multiplication est bien longue, la division l'est plus encore, et il serait commode de n'avoir à faire que des additions et des soustractions (CONDILLAC ib. II, 19)

Nombre abstrait, tout nombre considéré en lui-même, sans application à rien de déterminé, dit aussi, bien que rarement aujourd'hui, nombre nombrant.

Considérer les nombres d'une manière générale ou comme applicables à tous les objets de l'univers, c'est la même chose que de ne les appliquer à aucun de ces objets en particulier ; c'est la même chose que les abstraire ou les séparer de ces objets pour les considérer à part (CONDILLAC Langue calc. I, 4)

Il ne faut pas se faire illusion en s'imaginant que les idées des nombres séparés de leurs signes soient quelque chose de clair et de déterminé (CONDILLAC Art de penser, I, 6)

Nombre cardinal, tout nombre qui sert à marquer la quantité, comme un, deux, etc.

Nombre d'ordre ou ordinal, tout nombre qui sert à marquer l'ordre, comme premier, second, etc.

Nombre collectif, tout nombre qui exprime l'assemblage de plusieurs unités, comme une dizaine, une vingtaine, etc.

Nombre concret, celui qui exprime l'espèce de l'unité, comme vingt ans, cent écus, dit aussi, bien que rarement aujourd'hui, nombre nombré. Dans quatre arbres, quatre a une signification concrète. Multiplier 4 mètres 39 par 3 francs 80, pour former un certain produit, est faire une multiplication de nombres concrets.

Nombre entier, celui qui contient l'unité un certain nombre de fois exactement. Un, deux, trois, quatre sont des nombres entiers.

Nombres naturels, les nombres entiers.

Nombre rompu, ancien synonyme de fraction.

Nombre rond, se dit, dans le langage vulgaire, d'un de ces nombres auxquels on rapporte le plus souvent les comptes, comme dix, vingt, cinquante, cent, etc. Cent francs est un nombre rond par rapport à 97 ou 98 fr. ou à 101 ou à 102 fr.

Nombre carré, synonyme de seconde puissance. Quatre est un nombre carré, par rapport à deux.

Nombre cube ou cubique, synonyme de troisième puissance. Vingt-sept est un nombre cubique, par rapport à trois.

Nombre décimal, nombre de parties de l'unité divisée en dix.

2. Théorie des nombres, partie des mathématiques qui s'occupe des propriétés des nombres.

Nombre premier, celui qui n'est divisible que par lui-même et par l'unité, comme 3, 5, 7.

Nombres premiers entre eux, nombres qui n'ont aucun diviseur commun, comme 14, qui n'est divisible que par 2 et 7, et 15, qui ne l'est que par 3 et 5.

Nombre parfait, celui qui est égal à la somme de tous ses diviseurs, comme 6 qui est divisible par 1, 2 et 3, et qui est leur somme.

Nombre imparfait, par défaut ou par surabondance, se dit par opposition à nombre parfait.

Nombres homogènes, nombres composés des mêmes facteurs premiers.

Nombre plan, nombre formé par la multiplication de deux nombres et représentant une surface rectangulaire.

Nombre solide, nombre qui se forme en multipliant un nombre plan par un troisième facteur et qui représente un parallélipipède rectangle.

Nombre polygone, se dit des nombres formés par l'addition d'une certaine quantité des premiers termes d'une série de nombres commençant par l'unité et ayant une différence constante.

Nombre pyramidal, se dit des nombres formés par l'addition d'une certaine quantité des premiers termes d'une série de nombres polygones.

Nombre triangulaire, se dit des nombres formés par l'addition d'une certaine quantité des premiers termes de la série des nombres naturels 1, 2, 3, 4, etc.

3. Doctrine des nombres, système d'anciens philosophes grecs qui supposaient l'univers réglé par les nombres, et qui attachaient à certains nombres des propriétés mystérieuses.

Le jurisconsulte Paul dit que l'enfant naît parfait au septième mois, et que la raison des nombres de Pythagore semble le prouver (MONTESQ. Esp XXIX, 16)

Le pouvoir des nombres fut d'autant plus respecté parmi nous qu'on n'y comprenait rien (VOLT. Dic. phil. Nombre.)

La doctrine des nombres est si obscure, si profonde et si attrayante pour des esprits oisifs qu'elle a fait éclore une foule l'opinions (BARTHÉL. Anacharsis, ch. 30)

Observons ici que Pythagore ne disait point que tout avait été fait par la vertu des nombres, mais suivant les proportions des nombres (BARTHÉL. ib. 36)

4. Dans la numération, nombre, dizaine, centaine, etc. unité, dizaine, centaine, etc.

5. Terme de chimie. Nombres proportionnels, les équivalents.

6. S. m. Les Nombres, livre de l'Ancien Testament où Moïse fait le dénombrement du peuple de Dieu par tribus, et qui est le cinquième du Pentateuque.

7. Nombre d'or, période de dix-neuf ans, trouvée par Méton d'Athènes, au bout de laquelle la lune recommençait son cours avec le soleil, à une heure près et quelques minutes ; ainsi dit parce qu'il s'écrivait avec la couleur or.

8. Quantité indéterminée. Un petit nombre. Un grand nombre.

Poursuivons donc, Romains, achevons la victoire ; Qu'un nombre de captifs augmente votre gloire (MAIRET M. d'Asdrubal, I, 1)

Un nombre de corbeaux aussi funeste qu'elles A quelque temps après redoublé mon effroi (ROTR. Antig. V, 5)

Je veux jouir, s'il vous plaît, de quelque nombre de beaux jours que m'offre la jeunesse (MOL. G. Dand. II, 4)

Hélas ! et croyez-vous que l'on se mette en peine De ce nombre d'amants dont vous faites la vaine ? (MOL. Mis. III, 5)

Ils étaient les plus forts en nombre (PASC. Prov. II)

Pour des casuistes et des nouveaux scolastiques, il vous en apportera un beau nombre (PASC. Prov. IV)

Le nombre de ses serviteurs pouvait être à charge à sa dépense, mais non pas à sa générosité (FLÉCH. Duc de Mont.)

Ma fuite arrêtera vos discordes fatales ; Seigneur, j'irai remplir le nombre des vestales (RAC. Brit. III, 8)

Faire nombre, compter, figurer.

Un carpeau, qui n'était encore que fretin, Fut pris par un pêcheur au bord d'une rivière : Tout fait nombre, dit l'homme, en voyant son butin (LA FONT. Fabl. V, 3)

Que si toutes ses années [du vieillard blanchi dans les vanités de la terre] sont perdues, elles ne sont pas capables de faire nombre (BOSSUET Yol. de Monterby.)

Peut-être n'est-il pas fâché de tenir une place, de faire nombre (J. J. ROUSS. Ém. II)

Ne pas faire de nombre, n'avoir point d'importance.

Comme les sociniens ne font point de nombre dans le monde, qu'ils y sont dispersés sans y faire figure (JURIEU dans BOSSUET 1er avert. 43)

N'être là que pour faire nombre, ne pas compter comme personnage actif.

Je ne suis rien ; un si petit intervalle n'est pas capable de me distinguer du néant ; on ne m'a envoyé [dans la vie] que pour faire nombre (BOSSUET Sermons, Mort, 1)

Partout ailleurs [que dans leur monde] ils [les soleils] ne servent qu'à faire nombre (FONTEN. les Mondes, 5e soir.)

M. d'Elbeuf ne fit que nombre, et ne se mêla jamais de rien (SAINT-SIMON 18, 210)

Après un grand nombre, suivi d'un nom au pluriel, on met à volonté le verbe qui suit au singulier ou au pluriel. Un grand nombre de soldats fut tué dans ce combat.

Un grand nombre de personnes avaient été conviées à la cérémonie (Dict. de l'Académie, à CONVIER)

Acclamation se dit des cris par lesquels un nombre plus ou moins grand de personnes marquent la joie qu'elles ont de quelque chose (ib. à ACCLAMATION)

Un nombre infini d'oiseaux faisaient résonner ces bocages de leurs doux chants (FÉN. Tél. XIX.)

Quand grand nombre n'a pas de complément au pluriel, on met le verbe au singulier.

Le plus grand nombre m'a assuré qu'il [Charles XII] voulut.... (VOLT. Charles XII, 2)

En ce sens, on peut dire nombre sans article. Nombre de couvents furent supprimés.

J'ai pourtant vu nombre de sots qui n'avaient et ne connaissaient point d'autres mérites dans le monde, que celui d'être nés nobles, ou dans un rang distingué (MARIV. Pays. parv. 4e part.)

Nombre de dissertateurs qui raisonnent à l'infini (VAUVENARGUES. Du goût.)

En ce sens, le verbe se met toujours au pluriel.

Petit nombre, petite quantité.

Le petit nombre des Juifs qui avait reçu l'Évangile (BOSSUET Hist. II, 7)

D'adorateurs zélés à peine un petit nombre Ose des premiers temps nous retracer quelque ombre (RAC. Athal. I, 1)

Je suis charmé du progrès qu'un petit nombre d'auteurs ont donné à notre poésie (FÉN. Lettre à Lamotte.)

Le petit nombre de ceux qui courent après lui ne peut l'atteindre (LA BRUY. I)

Cette bataille [de Vienne, contre les Turcs] peut être comptée parmi celles qui font voir que le petit nombre l'a presque toujours emporté sur le grand, peut-être parce qu'il y a trop de confusion dans les armées immenses et plus d'ordre dans les autres (VOLT. Ann. Emp. Léopold, 1683)

En cet emploi, le verbe se met à volonté au singulier ou au pluriel.

Particulièrement, le petit nombre, un petit nombre d'hommes, par opposition à la foule, au vulgaire.

Le petit nombre qui pense conduit le grand nombre avec le temps (VOLT. Pol. et lég. Paix perpét. 32)

9. Supériorité numérique.

Excusez la vertu sous le nombre accablée (CORN. Hor. IV, 1)

Tandis que sa vertu succombe sous le nombre (CORN. Poly. I, 4)

Enfin il a cédé au nombre, et il est tombé à nos pieds (MONTESQ. Lett. pers. 159)

Consolons par ce mot-là [tout est perdu, fors l'honneur] Ceux que le nombre accabla (BÉRANG. Bon français.)

10. Terme de grammaire. Forme indiquant qu'un nom ou verbe appartient à un seul objet ou à plusieurs. Nombre singulier. Nombre pluriel.

Nombre, en termes de grammaire, se dit de la propriété qu'ont les terminaisons des noms et celles des verbes, de marquer si le mot doit être entendu d'une seule personne, ou si l'on doit l'entendre de plusieurs (DUMARS. Oeuv. t. IV, p. 343)

11. Harmonie qui résulte d'un certain arrangement de mots dans la prose et dans les vers.

La rime au bout des mots assemblés sans mesure Tenait lieu d'ornement, de nombre et de césure (BOILEAU Art p. I)

Balzac fut le premier auteur de ce changement, en donnant à notre langue un tour et un nombre qu'elle n'avait pas auparavant (BOUHOURS Entretiens d'Ariste, 2)

Il y a dans l'homme un goût naturel qui le rend sensible au nombre et à la cadence ; et, pour introduire dans les langues cette espèce d'harmonie et de concert, il n'a fallu que consulter la nature (ROLLIN Traité des Et. III, 3)

Les mêmes nombres et les mêmes chutes mettent de l'ennui dans un long poëme (MONTESQ. Goût, Variété.)

Deux choses charment l'oreille dans le discours, le son et le nombre : le son consiste dans la qualité des mots ; et le nombre dans leur arrangement (D'ALEMB. Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 262, dans POUGENS)

Dans l'éloquence du barreau, cette recherche curieuse et continuelle du nombre serait nuisible à l'éloquence ; il ne doit ni en être exclus, ni trop y dominer, surtout dans les endroits pathétiques (MARMONTEL Élém. litt. Oeuv. t. VIII, p. 526, dans POUGENS)

Nous répétons les vers de ces hommes divins Qui dérobent des sons aux luths des séraphins, Ornent la vérité de nombre et de mesure, Et parlent par image ainsi que la nature (LAMART. Harm. I, 5)

Le nombre oratoire, le rhythme plus ou moins large de la phrase éloquente.

12. Il se dit aussi dans le sens de régularité en général.

Qui dispose de tout avec poids, avec nombre, avec mesure (MASS. Carême, Vocation.)

13. Terme d'horloger. Se dit de la quantité de dents donnée à chaque roue d'une horloge, pour qu'elle fasse les révolutions qu'on demande. Nombre rentrant, se dit pour exprimer que le nombre du pignon est partie aliquote du nombre de la roue dans laquelle il engrène.

14. Dans le nombre, locution adverb. qui signifie parmi plusieurs, entre plusieurs, et qui s'emploie relativement à des personnes ou à des choses dont on vient de parler.

Je voudrais bien que vous ne me missiez point dans le nombre de ceux que vous trouvez qui souhaitaient votre départ (SÉV. 12 mai 1680)

L'espèce de folie dont vous parlez manquait absolument dans le nombre de toutes celles qu'on a connues jusques ici (SÉV. 18 janv. 1694)

15. Au nombre de, du nombre de, loc. prép. Parmi, au rang de.

Ils l'avaient mis au nombre des magiciens (BOSSUET Hist. II, 12)

Du nombre, s'emploie aussi adverbialement.

Vous serez peut-être du nombre (SÉV. 490)

Votre enfant est de ce nombre (SÉV. 565)

16. En nombre, nombreux. Ils viennent en nombre.

La gelinotte ne se trouve en nombre que dans les climats froids (BUFF. Ois. t. III, p. 362)

En termes de librairie, livres de fonds et en nombre, par opposition aux livres de hasard acquis dans les ventes, etc. dont la librairie ne possède qu'un ou quelques exemplaires.

17. Sans nombre, loc. adverb. En multitude, en quantité si grande qu'on la suppose in nombrable.

Aussi bien en un seul voici des maux sans nombre (CORN. Rodog. II, 3)

Les derniers malheurs étaient sans nombre (SÉV. 345)

De figures sans nombre égayez votre ouvrage (BOILEAU Art p. III)

Vos invincibles mains Ont de monstres sans nombre affranchi les humains (RAC. Phèdre, V, 3)

HISTORIQUE

XIIe s.E li nombres de son host [armée] si fu cent et vingt mile homes (Machab. I, 6)

XIIIe s.On escrit de vermellon le nombre d'or en tous kalendriers (Comput, f° 1)Et fu si grans li gaaings, que nus ne vos en sauroit dire le nombre (VILLEH. CVII)Tel cheval qu'il me demande, il le me vendi tel nombre d'argent, et l'offre à prouver (BEAUMANOIR VII, 22)

XVe s.Tant en y vint d'un costé et d'un autre qu'ils furent bien en nombre (FROISS. I, I, 160)Aussi de ducs, de comtes et de barons tant que sans nombre (FROISS. I, I, 90)À Sainct Mor des fossez se logerent les ducs de Berry et Bretaigne avec ung nombre de leurs gens, et tout le demourant envoyerent loger à.... (COMM. I, 6)Il y avoit largement gens d'armes et grant nombre d'artillerie (COMM. V, 15)

XVIe s.Des meurtres sans fin et sans nombre (AMYOT Sylla, 65)Sur l'autre rive de la riviere paissoient quelque nombre de vaches consacrées à la deesse Diane (AMYOT Lucul. 44)À vous ouyr desirez merveilleusement les armes nombre contre nombre (Hist. du chev. Bayard, p. 107, dans LACURNE)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. nombre ; espagn. portug. et ital. numero ; du lat. numerus, qui se rattache au verbe grec partager.

NOMBRÉ, ÉE (part. passé de nombrer)

Formule ancienne de pratique. Cet argent lui a été compté et nombré en présence des notaires. [Défense aux notaires en Alsace de passer des obligations en faveur des juifs] à moins que les deniers ne fussent réels, à découvert, nombrés et délivrés en leur présence, Édit, dans DESQUIRON, Comment. sur le décret, p. 9.

Nombre nombré, voy.

NOMBRE, n° 1

.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

NOMBRÉ. Ajoutez :

2. Prose nombrée, prose assujétie à une sorte de rhythme.

Quelquefois même le poëte se contente d'une prose brillante et nombrée qu'élèvent assez haut le souffle de l'inspiration et la grandeur des images (CH. LÉVÊQUE Science du beau, t. II, p. 207, Paris, 1861)

NOMBRER (v. a.)

1. Trouver le nombre de.

Toutes les fois que je fais l'addition de deux et de trois, ou je nombre les côtés d'un carré (DESC. Médit. I, 8)

Voir deux objets à la fois, ce n'est pas voir leurs rapports, ni juger de leur différence ; apercevoir plusieurs objets les uns hors des autres, n'est pas les nombrer (J. J. ROUSS. Ém. IV)

Absolument.

De cela seul que j'aperçois que je ne puis jamais, en nombrant, arriver au plus grand de tous les nombres, et que de là je connais qu'il y a quelque chose, en matière de nombrer, qui surpasse mes forces (DESC. Rép. aux 2es obj. 19)

2. Dans le langage général, compter, relater, énumérer.

[Il] Peut à peine nombrer ses États et ses villes (ROTR. Hypermn. I, 3)

Je ne viendrais jamais à bout De nombrer les faveurs que l'amour leur envoie (LA FONT. Joc.)

Je ne puis vous nombrer les louanges et les tendresses de Barillon (SÉV. 12 juin 1675)

Si vous nombrez les poids, les roues, les cordages (LA BRUY. VI)

Qui voudrait nombrer tous les gens de loi qui poursuivent le revenu de quelque mosquée, aurait aussitôt compté les sables de la mer et les esclaves de notre monarque (MONTESQ. Lett. pers. 58)

HISTORIQUE

XIe s.Geste Francor [des Francs] trente escheles [escadrons] i nombre (Ch. de Rol. CCXXXVI)

XIIe s.Ne soit [une nuit] mie numbreie es jors del an ne conteie es mois (Job, p. 461)

XIIIe s.Il sembloit que toute la mer, tant comme l'en pooit veoir à l'ueil, feust couverte de touailles des voilles des vessiaus, qui furent nombrez à dix-huit cens vessiaus que granz que petiz (JOINV. 213)De divers arbres i ot tant, Que moult en seroie encombrez, Ains que les eüsse nombrés (la Rose, 1374)En monnoie boine, bien contée et bien nombrée (TAILLIAR Recueil, p. 337)

XVe s.Et conquirent si fier et si grand avoir que merveilles seroit à penser et à nombrer (FROISS. I, I, 267)....Que si tous les bons jours qu'il a euz en sa vie estoient nombrez, il s'en trouveroit bien peu (COMM. VI, 13)

XVIe s.Exception d'argent non nombré n'a point de lieu (LOYSEL 707)Il [Polybe] a depuis, par le moyen de l'estude qu'il feit en sa prison, esté nombré entre les plus sçavans historiographes des Grecs (AMYOT César, 71)Nombrer si est le nombre en l'entendement conceu par figures communes artificiellement representer (DE LA ROCHE Arismetique, f° 7)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. numerar, numbrar, nombrar ; espagn. numerar ; ital. numerare ; du lat. numerare.

 
Wikipedia

Nombre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

   
wikt:

Le Wiktionnaire possède une entrée pour « nombre ».

Les nombres sont des objets mathématiques conçus pour manipuler des valeurs.

Sommaire

  • 1 Notions à distinguer
  • 2 Types de nombres
  • 3 Histoire
  • 4 Voir aussi
  • 5 Bibliographie

Notions à distinguer

Chiffre

Un chiffre est un caractère utilisé à l'écriture d'un nombre ou d'un numéro. L'erreur la plus fréquente est de confondre le chiffre avec le nombre. Les chiffres généralement utilisés pour l'écriture des nombres sont les chiffres arabes : {0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9}.

Nombre

Les nombres sont utilisés pour résoudre des problèmes faisant intervenir des valeurs. Mais attention, un nombre n'est pas une quantité. C'est un objet mathématique qui répond à des lois précises.

Nombre cardinal

Un nombre cardinal est un type de nombre particulier utilisé pour le dénombrement des ensembles. Il ne faut pas les confondre avec les adjectifs numéraux cardinaux.

Nombre ordinal

Un nombre ordinal est un type de nombre particulier utilisé pour marquer l'ordre des éléments d'un ensemble. Il ne faut pas les confondre avec les adjectifs numéraux ordinaux. L'énumération avec les nombres ordinaux commence par « 0 », tandis qu'avec les adjectifs numéraux ordinaux elle commence par premier ou « 1 ».

Numéro

Un numéro est simplement une combinaison de chiffres qui ne respecte pas nécessairement une énumération et joue généralement le rôle d'une étiquette numérique.

Types de nombres

Il existe différents types de nombres. Les nombres les plus familiers sont les entiers naturels : 0, 1, 2, 3, … éléments de l'ensemble \mathbb{N}\,, et utilisés pour le dénombrement.

Si les entiers négatifs sont inclus, on obtient l'ensemble des nombres entiers relatifs \mathbb{Z}\,. Il existe également l'ensemble des nombres décimaux noté \mathbb{D}\,. Si d appartient à \mathbb{D}\,, alors d = a.10p où a appartient à \mathbb{Z}\, et p appartient à \mathbb{Z}\,.

La division d'un entier relatif par un entier relatif non nul forme un nombre rationnel. L'ensemble de tous les nombres rationnels est noté \mathbb{Q}\,. Il résulte de la réunion de l'ensemble des nombres à développement décimal fini (les nombres décimaux) et de celui des nombres périodiques.

Si, dans l'ensemble, outre les éléments de \mathbb{Q}\,, on inclut tous les développements décimaux infinis et non périodiques, on obtient l'ensemble des nombres réels, noté \mathbb{R}\,. Tous les nombres réels qui ne sont pas rationnels sont appelés nombres irrationnels. \mathbb{R}\, est la réunion de l'ensemble des nombres algébriques (les racines de polynômes à coefficients rationnels) et de l'ensemble des nombres transcendants.

Les nombres réels peuvent être étendus aux nombres complexes, dont l'ensemble est noté \mathbb{C}\,, qui est un corps algébriquement clos dans lequel chaque polynôme à coefficients complexes peut être complètement factorisé.

Nous avons donc une hiérarchie d'ensembles :

\mathbb{N}\sub\mathbb{Z}\sub\mathbb{D}\sub\mathbb{Q}\sub\mathbb{R}\sub\mathbb{C}

Les nombres complexes peuvent, à leur tour, être étendus aux quaternions, mais la multiplication des quaternions n'est plus commutative. Les octonions, à leur tour, étendent les quaternions, mais cette fois, l'associativité est perdue. Les sédénions étendent à leur tour l'ensemble des octonions.

En fait, les seules algèbres de division associatives à dimension finie sur \mathbb{R}\, sont les nombres réels, les nombres complexes et les quaternions.

Les éléments des corps de fonctions algébriques de caractéristique finie ont été souvent interprétés de plusieurs manières comme une sorte de nombres par les théoriciens des nombres.

Histoire

Les nombres sont apparus dans cet ordre :

  • Les entiers naturels,
  • Les nombres rationnels positifs,
  • L'invention du zéro,
  • Les entiers relatifs,
  • Les nombres rationnels,
  • Les nombres irrationnels et les nombres réels,
  • Les nombres complexes,
  • Les nombres hypercomplexes (quaternions),
  • Les nombres p-adiques,
  • Les nombres réels transcendants et les nombres réels algébriques,
  • Les nombres transfinis, constitués des ordinaux et cardinaux
  • Les nombres hyperréels,
  • Les nombres réels calculables,
  • Les nombres surréels et pseudo-réels.

Ce n'est pas fortuit : on passe de la façon la plus simple de mesurer à des techniques beaucoup plus élaborées.

La compréhension des limites des nombres rationnels et de la nécessité des nombres irrationnels fut particulièrement douloureuse pour les pythagoriciens ; on dit même que cela scella la fin de cette École.

Les nombres complexes se sont imposés dans un premier temps comme un argument spécieux mais efficace pour résoudre les équations polynomiales (d'où le vocable d'« imaginaire » pour désigner certains d'entre eux), avant de finalement être reconnus comme des nombres à part entière.

Les nombres hypercomplexes furent inventés par Hamilton (quaternions) puis par Cayley (octonions) et les sédénions par la construction de Cayley-Dickson. À chaque composante d'un nombre hypercomplexe, on peut associer une base à plusieurs dimensions (4 pour les quaternions, 8 pour les octonions et 16 pour les sédénions). Il existe aussi les biquaternions.

L'apparition des nombres p-adiques est liée à la notion de valeur absolue, et sont très utilisés en théorie des nombres.

Les nombres hyperréels furent conçus pour résoudre certains problèmes de l'analyse et leur création par Abraham Robinson permit le développement de l'analyse non-standard. Les nombres pseudo-réels sont très semblables à l'ensemble plus vaste des hyperréels, mais la construction est différente.

Les opérations arithmétiques sur les nombres, telles que l'addition, la soustraction, la multiplication et la division sont généralisées dans la branche des mathématiques appelée algèbre abstraite dans laquelle on obtient les groupes, les anneaux et les corps.

Voir aussi

  • Numération ;
  • Construction du nombre chez l'enfant
  • Système de numération ;
  • Mathématiques ;
  • Fraction ;
  • Les dix premiers nombres entiers ou chiffres, qui servent à former tous les nombres dans la numérotation décimale : zéro, un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf ;
  • Nombre premier ;
  • Gogol ;
  • Nombres en français ;
  • Nom des grands nombres ;
  • Nombres dans le monde ;
  • Liste des nombres ;
  • Les nombres ordinaux et cardinaux ;
  • Table des diviseurs.

Bibliographie

  • John H. Conway, Richard K. Guy, « Le Livre des Nombres », Paris, éditions Eyrolles, 1998, ISBN 2-212-03638-8
  • Georges Ifrah, Histoire universelle des chiffres, Éditions Robert Laffont, collection "Bouquins"


Articles de mathématiques en rapport avec la notion de nombre [modifier]
Définition des nombres · Entiers naturels · Entiers relatifs · Nombres transfinis  · Nombres décimaux · Nombres rationnels · Nombres constructibles · Nombres algébriques · Nombres transcendants · Nombres calculables · Nombres réels · Nombres complexes · Nombres hypercomplexes · Quaternions · Octonions · Sédénions · Nombres hyperréels · Nombres surréels · Nombres ordinaux · Nombres cardinaux · Nombres p-adiques · Nombres normaux · Suite d'entiers · Constantes mathématiques · Grands nombres · Nombres incalculables ·Infiniments petits · Infini
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