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definitions

profit (n.m.)

1.gain, profit, réalisé par une entreprise.

2.amélioration d'état ou de situation. Avantage, bénéfice. Enrichissement intellectuel ou moral.

3.gain, bénéfice, intérêt.

synonyms

see also

phrases

analogical dictionary







Le Littré (1880)

PROFIT (s. m.)[pro-fi ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des pro-fi-z excessifs]

1. Bénéfice, gain qu'on retire de quelque chose.

En faisant de beaux et licites profits (PASC. Prov. VIII)

M. Corneille demeurait à Rouen, et ne venait à Paris que pour faire jouer ses pièces, dont il tirait un profit qui ne répondait point du tout à leur gloire et à l'utilité dont elles étaient aux comédiens (VOLT. Comm. Corn. Rem. Hor. Épît. dédic.)

Je trouve mon profit, je le prends (CHAMPFORT March. de Smyrne, sc. 8)

C'est un de ces niais de Sologne qui se trompent toujours à leur profit.

Terme de commerce. Profits et pertes, sommes que l'on gagne ou que l'on perd par des circonstances éventuelles. Cela est passé au compte de profits et pertes.

Terme de commerce maritime. Profit aventureux, l'intérêt de l'argent qu'on a prêté sur un vaisseau marchand, sans être garanti des risques de la guerre et de la mer.

C'est un profit tout clair, c'est tout profit, se dit d'un profit évident.

Fig. Je ne suis point allé au spectacle, et j'ai employé ma soirée à travailler ; c'est un profit tout clair.

Au profit de, pour le bénéfice de. Cette obligation est passée au profit d'un tel.

Fig.

Entre deux personnes qui s'aiment, ce sont là de ces simplicités de sentiment que peut-être l'esprit remarquerait bien un peu, s'il voulait, mais qu'il laisse bonnement passer au profit du coeur (MARIVAUX Marianne, part. II)

À profit, à profit de ménage, utilement, de manière à être utile au ménage. Voilà un habit fait à profit.

C'était la veille et le jour de Saint-Jean ; il y avait plus de trente fagots.... mais c'étaient des feux à profit de ménage, nous nous y chauffions tous [le temps était très froid] (SÉV. 26 juin 1680)

Cette Heudicourt.... avec un gros bâton dont elle se soutient à profit, ne pouvant encore se soutenir, relevant d'une maladie (SÉV. 17 juill. 1680)

Usé à profit, extrêmement usé, de manière à prouver qu'on a tiré de la chose tout le profit possible.

Faire du profit, se dit, dans le ménage, des choses qui ne se consomment pas vite, qui ne s'usent pas vite, ou qui, relativement à leur prix, produisent une grande utilité. Le pain tendre ne fait pas de profit. Un morceau de boeuf fait plus de profit en ménage qu'un poulet de même valeur.

Mettre à profit, employer de manière à gagner. Mettre son argent, son temps à profit.

Fig. Employer utilement.

Une nuit que chacun s'occupait au sommeil, Et mettait à profit l'absence du soleil (LA FONT. Fabl. VIII, 11)

Je tâchais d'avoir de la patience, et je voulais mettre à profit une si bonne pénitence (SÉV. 259)

C'est là, cher Lamoignon, que mon esprit tranquille Met à profit les jours que la Parque me file (BOILEAU Épître VI)

Thucydide mit sa disgrâce à profit, et la fit servir à la préparation et à l'exécution du grand dessein qu'il avait formé de composer l'histoire de cette guerre [du Péloponnèse] (ROLLIN Hist. anc. XXV, chap. II, I, 2)

Faire profit, retirer un bénéfice.

Faites profit de tout et même de vos pertes (RÉGNIER Sat. XIII)

Le héron en [du brochet et de la carpe] eût fait aisément son profit (LA FONT. Fabl. VII, 4)

Faites-en votre profit, se dit d'une chose qu'on abandonne à quelqu'un.

.... Mon lopin me suffit, Faites votre profit du reste (LA FONT. Fabl. VIII, 7)

Fig.

Ne sois point dans ma maison, planté tout droit comme un piquet, à observer ce qui se passe, et faire ton profit de tout (MOL. l'Av. I, 3)

Voici un trait d'ingratitude qui ne vous déplaira pas, et dont je veux faire mon profit, quand je ferai mon livre sur les grandes ingratitudes (SÉV. 14)

Ces belles nuances d'automne dont les peintres font si bien leur profit (SÉV. 383)

Faites-en votre profit, se dit d'un avis qu'on donne.

Or faites-en votre profit (LA FONT. Court.)

2. Absolument et au pluriel. Petites gratifications que reçoivent les domestiques. Il a tant, sans compter les profits.

Et vos profits, que deviendront-ils ? (MARIV. le Legs, sc. 23)

Fig.

L'amour-propre de l'abbé Têtu, qui ne néglige pas les petits profits (SÉV. 1er oct. 1684)

3. Terme de jurisprudence. Profit du défaut, le gain de cause accordé par le juge à la partie qui comparaît contre celle qui ne comparaît pas. On dit dans les jugements : Le tribunal donne défaut contre N, et, pour le profit, le condamne envers A. Le profit joint (le profit du défaut sera joint, dit le Code de proc. art. 153), c'est quand, de deux défendeurs assignés ensemble, un comparaît et l'autre fait défaut. Alors le juge, donnant défaut contre le premier, n'en adjuge pas immédiatement le profit au demandeur, mais joint l'affaire à celle du deuxième défendeur comparant, pour qu'elles soient décidées ensemble ; en ce cas, le profit du demandeur n'est que dans cette jonction, et la formule est la suivante : Le tribunal donne défaut contre N, et, pour le profit, joint la cause à celle de M, pour être statué sur le tout par un seul et même jugement. De cette formule : et pour le profit joint..., les praticiens ont tiré le terme assez barbare de : défaut profit joint.

On poursuivit lentement le procès contre le connétable [de Bourbon] ; il fallait trois défauts de comparaître, pour qu'on jugeât, comme on disait alors, en profit de défaut (VOLT. Hist. parl. XVII)

Terme de jurisprudence féodale. Profits de fiefs, les droits de quint, requint, reliefs, lods, ventes, qui revenaient au seigneur à raison des mutations de vassaux ou de censitaires.

4. Fig. Utilité intellectuelle ou morale. Lire avec profit.

C'est le propre d'une personne avisée de tirer profit de ses fautes passées (LA MOTHE LE VAYER Dial. d'Or. Tub. t. II, p. 199, dans POUGENS)

Il y a une personne qui me disait l'autre jour qu'avec toute la tendre amitié que vous avez pour moi, vous n'en faites point le profit que vous auriez pu en faire (SÉV. 365)

Après cela, quelque partie de l'histoire ancienne que vous lisiez, tout vous tournera à profit (BOSSUET Hist. Dessein génér.)

Saint Paul.... nous découvre.... le profit que nous tirons de leur chute [des Juifs] (BOSSUET Hist. II, 7)

5. Progrès qu'on fait dans les études (peu usité en ce sens). Il a fait beaucoup de profit sous ce maître.

HISTORIQUE

XIIIe s.Jhesus Crist, qui est lumiere deu monde, nasqui au profit de ceus qui seront sauf (Psautier, f° 117)Il vivent de bestaus et du proufit de la terre (MARC POL p. 427)Uzages qui est fes [fait] contre le commun porfit, ne doit pas valoir que le [la] coze ne soit ramenée à son ancien estat (BEAUMANOIR XXV, 3)

XVe s.Mais avoit le roi saisi toute la terre de Cotentin, et en fesoit lever les profits (FROISS. I, I, 246)Les damoiselles ou autres femmes voulant faire par le bas en leurs robes un rebours [bordure] nommé profit (DUCLOS Preuves de Louis XI, p. 269, dans LACURNE)Ilz ne firent riens de leur prouffit [dans cette sortie], et perdirent deux ou trois gentilzhommes (DUCLOS III, 10)

XVIe s.On fait un superieur, non pour son proufit, ains pour le proufit de l'inferieur (MONT. IV, 8)Sans les profits de mer [le butin] (LANOUE 678)Bastir à profit [d'une façon durable qui compense les grands frais que l'on fait] (O. DE SERRES p. 755)De tous les autres biens escheants aux enfants hors de succession de pere et de mere, lesquels l'on appelle biens de profit, le pere ny la mere n'en aura point la retenue (Nouv. coust. gén. t. I, p. 890)Profit sans vertu ne vaut un festu (COTGRAVE)

ÉTYMOLOGIE

Berry, proufit ; avoir tout à point et à profit, ne manquer de rien ; provenç. profieg, profieyt ; catal. profit ; espagn. provecho ; ital. profitto ; du lat. profectus, avantage, qui vient de profectum, supin de proficere, gagner, de pro, en avant, et facere, faire.

Wikipedia

Profit

                   
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Profit (homonymie).

Le profit est une rémunération variable, incertaine mais espérée, du risque pris par le détenteur d'un capital investi. Il permet de rémunérer le risque pris par le détenteur du capital : en règle générale, plus le risque est élevé, plus le capital sera rémunéré (c’est-à-dire plus le profit sera élevé) ; la notion de risque renvoie ici à la probabilité de perdre tout ou partie de son capital.

On sépare les notions de profit et de profit économique, qui correspond à un profit comptable auquel sont soustraits les coûts d'opportunité.

Sommaire

  Approche par la terminologie comptable et financière

Les entreprises modernes sont des organisations complexes, qu'un unique indicateur financier ne permet pas de caractériser. Il faut en effet tenir compte :

  • de l'amortissement du capital matériel utilisé,
  • des frais financiers,
  • de la spéculation sur la valeur future de l'entreprise,
  • des obligations contractuelles ou légales de l'entreprise,
  • des risques pris, qui se traduiront par des dépenses futures ou des manques à gagner (exemple : faillite d'un client avant paiement d'une facture) plus ou moins incertains (d'où l'engagement de provisions),
  • du degré de contrôle que l'entreprise exerce sur d'autres entreprises dont elle détient tout ou partie du capital, et des décisions prises à l'égard de ces entreprises (dépenses ou recettes),
  • des subventions,
  • de l'environnement économique général (si l'environnement économique est bon et que les autres entreprises améliorent leurs résultats, alors la valeur de l'entreprise qui ne croît pas va baisser ; inversement, si l'entreprise parvient à maintenir ses résultats dans un contexte généralement mauvais, alors que les autres entreprises souffrent, alors sa valeur va augmenter).

La notion de « profit » est alors insuffisante :

  • des éléments subjectifs entrent en ligne de compte ; les dirigeants de l'entreprise doivent faire leurs choix comptables, sous le contrôle d'organes extérieurs (notamment les experts-comptables et le fisc) ;
  • des éléments hors de contrôle de l'entreprise entrent aussi en ligne de compte ;
  • le profit s'apprécie non dans l'absolu, mais par comparaison avec les performances des autres entreprises ;
  • les différents acteurs de l'entreprise ont besoin d'indicateurs différents, car leurs objectifs et leurs marges de décision sont également différents.

Au sein de l'entreprise, on s'intéressera ainsi à des indicateurs comme les différentes types de marge (marge commerciale, marge brute, etc.), le résultat d'exploitation, et plus généralement les divers soldes intermédiaires de gestion.

Du point de vue des actionnaires, on regardera :

  • le bénéfice, qui est le résultat de l'entreprise revenant à ses propriétaires et peut être redistribué sous forme de dividendes, ou la perte ;
  • le profit financier, qui est le bénéfice moins le coût du capital (ce qu'aurait rapporté l'argent engagé s'il avait été placé en dehors de l'entreprise, en compte d'épargne ou obligations d'état par exemple) ; il sert notamment à rémunérer le risque entrepreneurial, avec cependant une part de rente si, par exemple, d'une entreprise en situation dominante sur un marché de concurrence imparfaite ;
  • la plus-value ou la moins-value, qui représente en terminologie financière un gain en capital (différence entre la mise initiale et le prix obtenu en cas de revente des parts de l'entreprise) ;
  • la rentabilité totale pour le propriétaire (ou Total shareholder return dans le cas de l'actionnaire), qui représente le total des revenus et gains en capital (dividendes, plus-value).

  Approche des économistes classiques

L'approche classique ne distingue pas profit, bénéfice et plus-value[réf. nécessaire].

Dans cette optique, la plus-value réalisée lors de la cession d'un bien ou d'un service est la différence entre le prix retiré de l'échange et l'ensemble des coûts entrepris pour l'élaboration de ce bien ou de ce service. Au contraire, la moins-value est la perte retirée d'une vente insuffisante pour couvrir les frais entrepris.

Le profit, lorsqu'il est réalisé, bénéficie alors au(x) propriétaire(s) du capital qui ont porté le risque du projet.

Par exemple, si :

  • tous les coûts qui m'ont été nécessaires à la production et la mise sur le marché d'une pomme s'élèvent à 0,5 euro
  • je trouve un acheteur me la payant 0,7 euro, mon profit (on peut dire aussi ma marge brute) sera de 0,2 euro.
  • je paye 30 % d'impôt sur ce bénéfice, il tombe à 0,14 euro.
Si par contre, je n'obtient que 0,4 euro sur le marché, je fais une perte de 0,1 euro.

Pour les économistes d'essence libérale, le profit représenterait une juste rémunération d'une part du sacrifice consenti par les épargnants en s'abstenant de consommer pour investir, et d'autre part du "risque" pris par les détenteurs du capital investi en espérant être rémunérés par des revenus futurs incertains. Ces deux actions, épargne et investissement, seraient la source essentielle d'accroissement général des richesses à partir du stade de la révolution industrielle.

  Approche marxiste

Selon le révolutionnaire Karl Marx, c'est le travail qui, seul, apporte une plus-value aux matières premières qui ont servi à produire le bien ou service vendu.

En régime capitaliste, le capitaliste exploite[rait] le travailleur en empochant un profit pris sur le salaire versé. Avec ce profit, le capitaliste s'approprie[rait] du travail mort (du capital), ce qui lui permet[trait] d'exploiter de plus en plus les fournisseurs de travail vivant (les travailleurs sur le marché libre du travail international). Il en résulte[rait], selon Marx, une paupérisation relative du prolétariat (les travailleurs ne possédant pas les moyens de production et d'échange).

Les héritiers de Marx considèrent donc que tout profit est illégitime, et doit revenir aux salariés directement par l'abolition du salariat (révolution).
Les augmentations de salaires et l'impôt (qui transforme le profit en une forme contrainte de solidarité à l'égard de ceux qui ne peuvent travailler) ne sont pas à attribuer à Marx qui appelait les prolétaires de tous pays à s'unir afin d'abolir l'esclavage salarié (terme de Marx).

  Approche de l'École autrichienne

Les économistes de la tradition autrichienne adoptent une définition plus conforme à l'usage commun: « Avantage d'ordre matériel, intellectuel ou moral qu'une personne ou une collectivité peut tirer de quelque chose » (Trésor de la Langue Française). Pour eux, toute action est nécessairement entreprise dans l'espoir d'en tirer un profit, qui n'a pas nécessairement une composante monétaire.

  Approche du Développement durable

Le profit est une motivation importante pour les entreprises, qui souhaitent gagner de l'argent par leurs activités.

Pour les entreprises engagées dans des démarches de responsabilité sociétale, le profit est l'une des trois composantes du triple bilan qui mesure les progrès de l'entreprise vers le développement durable : la composante économique (les deux autres étant les composantes environnementale et sociale)[1].

L'idée est que, selon Élisabeth Laville, la mission des entreprises doit se faire selon l'hypothèse que « le profit n'est pas la vraie - ou la seule - finalité de l'entreprise. De même que l'homme doit manger pour vivre et non pas vivre pour manger, l'entreprise qui se donne une mission remet le profit à sa (juste ?) place : celle d'un moyen indispensable et irremplaçable au service d'une fin plus noble, qui ne se limite pas à la seule survie de l'entreprise mais considère aussi, avant tout, ce qu'elle entend apporter autour d'elle (au monde en général et plus spécifiquement à ses clients, à ses employés, à ses fournisseurs, à la communauté locale, etc.). »[2]

  La position de la doctrine sociale de l'Église

Jean-Paul II a reconnu la valeur du profit dans l'encyclique Centesimus Annus. Il a fait la promotion d'un « capitalisme démocratique » proche des idées du crédit social, qui voudrait corriger les abus fiscaux et corporatifs.

Ainsi, le compendium résume l'enseignement de par ces mots « La doctrine sociale reconnaît la juste fonction du profit, comme premier indicateur du bon fonctionnement de l'entreprise».

Par contre, l'Église a voulu que le profit soit distribué dans une perspective humaniste. C'est dans cette perspective qu'elle a encouragé la fondation de plusieurs coopératives[réf. nécessaire].

  Notes et Références

  1. Élisabeth Laville, L'entreprise verte, Village Mondial, pages 144-149
  2. Élisabeth Laville, L'entreprise verte, Village Mondial, page 119

  Voir aussi

   
               

 

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