Quechua
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| Parlé en | Argentine, Bolivie, Chili, Colombie, Équateur, Pérou | |||
| Région | Andes | |||
| Nombre de locuteurs | 9,6 millions | |||
| Classement | 83 | |||
| Typologie | — | |||
| Classification par famille | ||||
(Dérivée de la classification SIL)
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| Statut officiel et codes de langue | ||||
| Langue officielle de | Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou | |||
| Régi par | Academia Mayor de la Lengua Quechua | |||
| ISO 639-1 | qu | |||
| ISO 639-2 | que | |||
| ISO/DIS 639-3 |
Dialectes de plus de 30 000 locuteurs :
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| SIL | Divers | |||
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Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme en Quechua de Ayacucho, puis en Quechua del Cusco (voir le texte en français) |
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| Voir aussi : langue, liste de langues, code couleur | ||||
Le quechua ou runasimi (runa = humain; simi = langue) désigne un groupe de langues parlées au Pérou (où le quechua a le statut de langue officielle depuis 1975), ainsi que dans d'autres régions des Andes, depuis le sud de la Colombie jusqu'au nord de l'Argentine. Il compte environ dix millions de locuteurs, dont deux millions en Équateur, quatre millions et demi au Pérou et un million et demi en Bolivie. Il se subdivise en de nombreuses variétés. La plus répandue (sud du Pérou et Bolivie) est le quechua dit « cuzquénien », qui possède une tradition écrite ancienne remontant à l'époque coloniale (XVIe siècle).
Le quechua était la lingua franca de la civilisation inca (mais non sa langue officielle, laquelle était l'aymara). La spectaculaire extension territoriale actuelle du quechua est due au fait qu'il a été promu au rang de lengua general par le colonisateur espagnol.
Sommaire
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Phonologie
Le quechua a trois voyelles : i, a et u (ou)
Chaque consonne occlusive (labiale, dentale, palatale, vélaire et uvulaire) a une variante simple, une variante glottale et une variante aspirée (exemple : p, p' et ph).
Syntaxe et morphologie
Le quechua est une langue agglutinante, construisant ses mots à l'aide de suffixes stables, au nombre d'une centaine.
Le syntagme nominal est constitué d'une base à laquelle viennent s'adjoindre d'éventuels suffixes possessifs (proches des personnes de la conjugaison), des suffixes modificateurs et des suffixes casuels (lesquels sont au nombre de 12). Un éventuel suffixe de non pluralité se place entre les premiers et les seconds.
Le syntagme verbal, situé en fin de phrase, est constitué de marques de temps, d'aspects, de transitions, de post-verbes et de marques de la personne.
La première personne du pluriel est dédoublée en "nous inclusif" (nous, y compris toi) et "nous exclusif" (nous, mais pas toi).
Le concept de genre est inopérant en quechua, et celui de nombre a une importance moindre que dans les langues indo-européennes.
Le quechua est particulièrement riche et nuancé pour exprimer l'implication du sujet dans les processus exprimés, et notamment les modalités de sa connnaisance desdits procès.
Valeurs graphiques
- le « r » quechua est roulé comme « à l'espagnole »
- le « h » est aspiré
- le « ch » se prononce « tch »
- le « ll » se prononce « à l'espagnole » ( « l » mouillé )
- le « p' », le t' et le « ch' » sont des « p », "t" et « ch » glottalisés ; en termes moins savants, cela signifie que la voix du locuteur s'interrompt une fraction de seconde après l'émission de la consonne, puis prononce la voyelle qui suit bien détachée de la consonne, au lieu d'enchaîner les deux sons comme dans une syllabe banale.
Lexique
Exemples
| Mot français | Traduction | Prononciation approchée |
|---|---|---|
| terre | hallp'a | alpa |
| ciel | hanaqpacha | hanarpatcha |
| eau | unu / yaku | ounou / yacou |
| feu | nina | nina |
| homme | runa | rouna |
| femme | warmi | warmi |
| manger | mikhu-y | micouille |
| boire | upya-y | oupiaille |
| grand | hatun | hatoun |
| petit | huch'uy | houtchouille |
| nuit | tuta | touta |
| jour | p'unchaw | pountchaw |
Emprunts français
Quelques mots d'origine quechua se sont introduits en français par l'intermédiaire de l'espagnol, notamment alpaga, condor, coca, guano, lama, pampa, puma, quinoa, poncho, et vigogne.
Controverse orthographique
Une controverse orthographique interminable oppose les partisans de l'écriture du quechua avec trois voyelles (trivocalistes) à ceux qui préfèrent employer les cinq voyelles de l'espagnol (pentavocalistes). Il est généralement admis que, d'un point de vue phonologique, les locuteurs totalement quechuaphones ne distinguent que trois voyelles ([a], [i] et [u]). Cependant, les locuteurs bilingues (également hispanophones), qui ont souvent appris à écrire en espagnol, ont tendance à noter cinq voyelles comme dans cette dernière langue (ils noteront tantôt i, tantôt e là où les trivocalistes préconisent l'usage unique de i, et tantôt u, tantôt o, là où les trivocalistes préconisent de n'utiliser que u).
Trivocalistes et pentavocalistes sont généralement d'accord pour admettre que ces variantes (dites libres par les linguistes) ne sont pas porteuses de sens (elles n'ont pas de valeur phonologique), mais se manifestent systématiquement, pour des raisons de physique articulatoire, en présence des consonnes dites uvulaires ou post-vélaires, mais pratiquement pas dans d'autres cas.
L'opinion la plus couramment admise aujourd'hui parmi les universitaires préconise donc de limiter à trois voyelles la transcription de cette langue, afin d'éviter la multiplication inutile de variantes de graphies selon les dialectes et les transcriptions. Cette position reste cependant contestée par beaucoup d'autochtones, lesquelles la jugent paradoxalement intellectualisante et déconnectée de la réalité (paradoxe, puisque le système phonologique du quechua se réduit à trois voyelles; mais ce paradoxe s'explique par la prégnance des modèles hérités de la colonisation) . Elle présente aussi l'inconvénient de rendre caducs de nombreux ouvrages (dictionnaires, grammaires, anthologies...) rédigés avec l'orthographe pentavocaliste et qui ne semblent pas près d'être remplacés, faute de financement. Enfin, elle néglige le fait que le quechua contemporain est métissé avec l'espagnol -- qui, lui, fait sans l'ombre d'un doute appel à cinq voyelles (mais ou bien le mot reste étranger au quechua, et il faut le transcrire avec les normes espagnoles, ou il s'intègre au système phonologique quechua, c'est à dire à un système trivocalique).
Voir aussi
Liens internes
- Quechuas (peuples)
- Linguistique
- Dictionnaire des langues
- Langues par famille
- Liste Swadesh du quechua de Cuzco
Liens externes
- Runasimi.de Vocabulaire français-quechua avec variantes dialectales, et textes en quechua
- Dictionnaire Freelang Quechua argentin (de Santiago del Estero)-français/français-quechua argentin (de Santiago del Estero)
- Dictionnaire Freelang Quechua de Cuzco-français/français-quechua de Cuzco
- Quechua en Cochabamba (site hispanophone, mais avec un dictionnaire français-quechua/quechua-français)
- De nombreux liens en anglais
- [1] (Interview en quechua de Fredy Ortiz, chanteur du groupe quechua Uchpa, dans le journal d'AlmaSoror, traduction espagnole disponible)
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