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1.Gênes 1937 ? ? architecte italien.
| Renzo Piano | |
|---|---|
![]() Renzo Piano avec Giorgio Napolitano |
|
| Présentation | |
| Naissance | 14 septembre 1937 Gênes (Italie) |
| Nationalité | |
| Formation | École polytechnique de Milan |
| Œuvre | |
| Agence | Renzo Piano Building Workshop |
| Réalisations | Centre Georges-Pompidou Centre culturel Tjibaou Centre Paul Klee (Berne) New York Times Building Cité Internationale de Lyon |
| Distinctions | Prix de l'Équerre d'argent (1991) Praemium Imperiale (1995) Prix Pritzker (1998) |
| modifier |
|
Renzo Piano, né le 14 septembre 1937 à Gênes, est un architecte italien.
Sommaire |
Il naît dans une famille d'architectes (son père, son grand-père et son oncle étaient architectes) et fait ses études à Caltanissetta et à Milan où il passe son diplôme au département d'architecture de l'École polytechnique en 1964 ; il travaille ensuite avec son père, puis sous la direction de Franco Albini. De 1965 à 1970, il travaille chez Louis Kahn, à Philadelphie, et chez Z. S. Makowsky, à Londres. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Jean Prouvé, avec lequel il se lie d'amitié, et qui influencera considérablement son œuvre. À partir de 1971, il travaille avec Richard Rogers (Piano & Rogers), à partir de 1977 avec Peter Rice (Atelier Piano & Rice), qu'il accompagne jusqu'à sa mort en 1992.
Renzo Piano dirige aujourd'hui des cabinets à Paris, où il vit, à Gênes, et à New York, sous la dénomination de « Renzo Piano Building Workshop », un groupe qui rassemble une centaine de collaborateurs, architectes, ingénieurs et spécialistes divers.
En 1990, il obtient le Prix de Kyōto, et en 1998 le Prix Pritzker d'architecture.
En 2008 Renzo Piano a reçu le plus grand prix de la culture au Danemark le Sonningprisen, prix attribué par l’université de Copenhague à une personne qui a réalisé un travail méritoire en faveur de la culture européenne.
En 2012, il remporte le concours pour la construction d'un nouveau palais de justice à Paris[1].
Lorsque Renzo Piano débute sa carrière, il est lié au mouvement high-tech. Son association avec Richard Rogers et la conception du Centre Pompidou le démontrent clairement. On retrouvera régulièrement cette tendance dans la suite de son œuvre avec l'aéroport de Kansaï au Japon (1994) ou, tout récemment avec la tour du New York Times (2008). D'autres édifices comme le centre Jean-Marie Tjibaou de Nouméa ou le Zentrum Paul Klee de Berne reprennent de nombreux détails relevant du high tech. Chacun de ces édifices se présente comme un mécano géant dont on perçoit le mode de construction; les éléments constructifs, souvent en métal, y sont mis en scène esthétiquement ; l'édifice est largement géré par des capteurs qui ouvrent ou ferment les volets, etc ; les mécanismes des ascenseurs et escalators sont visibles... Autant de caractéristiques proprement high tech.
Au-delà de cette esthétique high-tech, l'œuvre de Renzo Piano est marquée par un grand souci d'intégration dans le contexte qui lui impose d'adapter l'esthétique de son bâtiment à l'environnement dans lequel il prend place.
Ainsi, quelques années après le centre Pompidou, il dessine la Menil collection, un musée situé à Houston (1986). Attentif à l'architecture traditionnelle des quartiers pavillonnaires américains, il change complètement de style pour barder ce musée de planches de cyprès fixées à une ossature métallique. Alors que le centre Pompidou se dressait comme un monument dans Paris, la Menil collection s'adapte à l'échelle de la ville environnante.
On retrouvera cette adaptation au contexte dans de nombreux cas:
Ce questionnement des enjeux de l'édifice et du contexte génère un perpétuel renouvellement des formes, des textures et des couleurs : tuyaux colorés du centre Pompidou, planches de cyprès de la Menil collection, éléments de terre-cuite ocre-rouge de l'IRCAM ou de la cité internationale de Lyon, béton brut du stade de Bari, panneaux de métal de l'aéroport de Kansaï, lamelles de bois du centre Jean-Marie Tjibaou, cuivre oxydé (vert) au musée d'Amsterdam ou à l'église de Padre Pio à Bari, éléments de terre-cuite ocre-jaune de la Potsdamer Platz de Berlin, pierre rouge de la fondation Beyeler, toiture en plomb du Parco della Musica de Rome, blancheur des immeubles de Sydney ou de New York, panneaux vitrés du grand magasin de Cologne, etc.
Les derniers projets de l'architecte semblent rompre avec cette volonté permanente de renouvellement et de diversité. Les formes organiques souvent employées par le passé sont abandonnées au profit de formes rectilignes plus classiques ; la plupart des édifices sont blancs. Ceci peut s'expliquer par le fait que Piano dessine de nombreuses extensions d'édifices plus anciens : LACMA à Los Angeles, High museum d'Atlanta, Morgan Library de New York, Art institute de Chicago, etc. Malgré cette uniformité esthétique, l'architecture ne perd rien dans la qualité des matériaux, du dessin des détails, de la lumière.
L'œuvre de Renzo Piano est d'abord consacrée aux grands équipements publics (musées, auditorium, stades, aéroport...).
Les musées occupent une part importante de sa production ; la liste des villes possédant un musée de sa main est longue: Amsterdam, Atlanta, Bâle, Berne, Chicago, Dallas, Gènes, Houston (2 musées), Los Angeles, Lyon, Nouméa, Paris (2 musées), San Francisco, Turin. Il a montré dans ce domaine un perpétuel souci d'innovation tant sur le plan esthétique que technique.
Ainsi, le Centre Pompidou (Paris, 1977, conçu avec Richard Rogers) marque la volonté de renouveler profondément l'image d'un tel équipement culturel afin d'attirer un large public. La muséographie y est particulière : initialement, les vastes plateaux d'exposition étaient divisés par des cimaises placées librement dans l'espace, sans imposer de parcours aux visiteurs (cet aménagement s'est révélé peu efficace et a été modifié par la suite). La lumière est partiellement apportée par les façades vitrées mais surtout par l'éclairage artificiel, solutions souvent rejetées par l'architecte dans la suite de sa carrière.
Avec la Menil collection (Houston, 1982-1986), Renzo Piano pose les bases d'une nouvelle vision du musée qu'il développera par la suite de la Fondation Beyeler à Bâle jusqu'à la récente extension de l'Art Institute of Chicago. Il s'agit désormais d'opter pour une esthétique très sobre (plan rectangulaire, emploi de bois ou de pierre pour le parement de façade, etc.) tout en développant un savoir-faire exceptionnel en matière de lumière zénithale. Désormais, chaque musée conçu par Renzo Piano développera un nouveau système de sheds et de filtres visant à tamiser la lumière. Cette sobriété architecturale, associée à la sophistication de l'éclairage, a un but principal: mettre en valeur les œuvres exposées.
Le Centre Jean-Marie Tjibaou de Nouméa (Nouvelle-Calédonie, 1997), que l'on peut assimiler à un musée bien que ses affectations soient plus larges, est une exception dans ce parcours. Le contexte historique, politique et paysager l'imposait. Il s'agissait de rendre hommage à la culture canaque et de préserver le site naturel. Le musée est donc conçu comme un village traditionnel avec une série de maisons à la silhouette caractéristique, alignées le long d'un chemin-galerie. Les coques respectent l'échelle de la végétation environnante. Par son rapport avec le paysage et le choix des matériaux, ce musée est devenu une icône de l'architecture verte. Au-delà de l'aspect extérieur, ce caractère écologique tient aussi à son système de climatisation naturelle obtenu grâce à la forme de chacune des coques.