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| Yves Leterme | |
Yves Leterme, en 2011.
|
|
| Fonctions | |
|---|---|
| 39e Premier ministre belge (67e chef du gouvernement) |
|
| 25 novembre 2009 – 6 décembre 2011 (2 ans, 0 mois et 13 jours) |
|
| Monarque | Albert II |
| Gouvernement | Leterme II |
| Législature | 52e législature |
| Prédécesseur | Herman Van Rompuy |
| Successeur | Elio Di Rupo |
| Ministre fédéral des Affaires étrangères | |
| 17 juillet – 25 novembre 2009 | |
| Premier ministre | Herman Van Rompuy |
| Prédécesseur | Karel De Gucht |
| Successeur | Steven Vanackere |
| 37e Premier ministre belge (65e chef du gouvernement) |
|
| 20 mars – 30 décembre 2008 | |
| Monarque | Albert II |
| Gouvernement | Leterme I |
| Législature | 52e législature |
| Prédécesseur | Guy Verhofstadt |
| Successeur | Herman Van Rompuy |
| Vice-Premier ministre Ministre fédéral du Budget, de la Mobilité et des Réformes institutionnelles |
|
| 21 décembre 2007 – 20 mars 2008 | |
| Premier ministre | Guy Verhofstadt |
| Prédécesseur | Freya Van den Bossche (Budget et Réformes institutionnelles) Renaat Landuyt (Mobilité) |
| Successeur | Jo Vandeurzen (Réformes institutionnelles) Melchior Wathelet (Budget) Etienne Schouppe (Mobilité) |
| 5e ministre-président flamand | |
| 20 juillet 2004 – 28 juin 2007 | |
| Prédécesseur | Bart Somers |
| Successeur | Kris Peeters |
| Biographie | |
| Date de naissance | 6 octobre 1960 |
| Lieu de naissance | Wervik (Belgique) |
| Nationalité | belge |
| Conjoint | Sofie Haesen |
| Enfants | Matthias Leterme Thomas Leterme Julie Leterme |
| Résidence | 16, rue de la Loi |
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| Premiers ministres belges | |
| modifier |
|
Yves Camille Désiré Leterme (né à Wervik le 6 octobre 1960) est un homme politique belge de langue néerlandaise, membre du CD&V.
Ministre-président de Flandre de 2004 à 2007, puis vice-Premier ministre chargé du Budget, de la Mobilité et des Réformes institutionnelles jusqu'en 2008 dans le gouvernement de Guy Verhofstadt, il est nommé Premier ministre par le roi Albert II de Belgique le 20 mars 2008, mais démissionne quelques mois plus tard. Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de son successeur Herman Van Rompuy, il retrouve ses fonctions de Premier ministre le 25 avril 2009, mais démissionne à nouveau en avril 2010. Le roi acceptant cette démission « en suspens », Leterme dirige alors un gouvernement d'affaires courantes jusqu’à la prise de fonction de son successeur, Elio Di Rupo, le 6 décembre 2011.
Sommaire |
Yves Leterme, né de père francophone[1] et de mère flamande, a grandi dans un environnement bilingue, même s’il admet modestement avoir quelques lacunes en français. Licencié en droit et en sciences politiques, il a commencé sa carrière de 1987 à 1989 comme auditeur auprès de la Cour des comptes.
Marié à Sofie Haesen, Yves Leterme est le père de trois enfants : Matthias, Thomas et Julie.
Chrétien-démocrate, il entame sa carrière politique dans sa province de Flandre-Occidentale, avant d’être élu au Parlement fédéral en 1999. Il siège alors dans l’opposition. Son parti y reste après les élections de 2003, et Yves Leterme en prend la direction. En 2004, après la victoire aux élections régionales, il devient ministre-président et ministre de l’Agriculture et de la Pêche de la Région flamande, menant une coalition qui regroupe aussi les socialistes, les libéraux et la Nieuw-Vlaamse alliantie, parti indépendantiste.
Le discours d’Yves Leterme séduit nombre d’électeurs et son parti, le CD&V, allié au parti indépendantiste flamand N-VA, gagne haut la main les élections, enlevant 30 sièges sur 150 à la Chambre[2] et 9 (+ 5 cooptés/de communauté) sur 71 au Sénat. Yves Leterme, candidat au Sénat, a obtenu 796 521 voix de préférence[3].
Le 15 juillet 2007, le roi Albert II a chargé Yves Leterme de former un gouvernement.
Le 23 août 2007, il demande au roi d’être dessaisi de sa mission de formation du nouveau gouvernement belge, ce dernier accepte la démission[4].
Le 29 septembre 2007, après la mission d’Herman Van Rompuy comme explorateur et la remise de son rapport au roi, Yves Leterme reprend la mission de formateur, secondé dans un premier temps par Herman Van Rompuy qui s’était chargé d’explorer les pistes de solution institutionnelle, nœud à l’origine de la première démission du formateur.
Le 1er décembre 2007, Yves Leterme présente sa démission au roi de sa fonction de formateur suite au blocage des négociations. Le 21 décembre, il est nommé Vice-Premier ministre et ministre du Budget, de la Mobilité et des Réformes institutionnelles (il partage ce dernier dossier avec le francophone Didier Reynders) au sein du gouvernement Verhofstadt III, formé de manière transitoire en attendant qu’un accord de gouvernement soit trouvé entre les différents partis belges, et notamment entre francophones et néerlandophones.
Le 20 mars 2008, comme prévu, il devient le 37e Premier ministre belge et forme un gouvernement basé sur une coalition pentapartite — mais sans comprendre ses alliés indépendantistes de la N-VA qui refusent de participer au gouvernement. Appelée coalition arménienne car reprenant les couleurs du drapeau arménien : l’orange (couleur de la famille chrétienne-humaniste du CD&V néerlandophone et du cdH francophone), le bleu (couleur de la famille libérale du VLD néerlandophone et du MR francophone) et le rouge (couleur de la famille socialiste ici uniquement représenté par le PS francophone). Cette composition vaut également à cette alliance le nom de « coalition lilas » (orange-bleu avec une nuance de rouge).
Suite à l’échec des négociations gouvernementales sur le volet institutionnel, il présente sa démission au roi Albert II le 14 juillet 2008[5]. Le 17 juillet, un communiqué du palais royal annonce que le Roi refuse cette démission et que trois émissaires royaux (Raymond Langendries, François-Xavier de Donnea et Karl-Heinz Lambertz) sont désignés pour « examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d’une manière crédible un dialogue institutionnel[6] ». Le 30 décembre 2008, Yves Leterme laisse la main au gouvernement Van Rompuy.
Il fait finalement son retour au gouvernement le 17 juillet 2009, lorsqu’il est choisi comme nouveau ministre des Affaires étrangères de Belgique, afin de remplacer le libéral néerlandophone Karel De Gucht, promu à la Commission européenne du fait de l’élection du libéral francophone Louis Michel au Parlement européen.
Suite à l’élection d’Herman Van Rompuy au poste de président du Conseil européen, Yves Leterme redevient Premier ministre le 25 novembre 2009 et forme le gouvernement Leterme II.
Il présente la démission de son gouvernement le 22 avril 2010 après que les Libéraux de l’Open VLD, parti de sa coalition, ont décidé de quitter le gouvernement, suite aux difficiles négociations relatives à un règlement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Après un weekend de tentatives de rétablissement de la confiance entre les communautés, le roi accepte la démission le 26 avril 2010. Le gouvernement reste néanmoins en fonction comme gouvernement d’affaires courantes jusqu’à la nomination de son successeur.
À la suite des élections législatives anticipées de 2010, la Belgique se trouve à nouveau plongée dans une crise politique et dans l'impossibilité de former un nouveau gouvernement. Yves Leterme demeure en fonction pour gérer les affaires courantes durant plus d'un an : ce n'est que le 6 décembre 2011 qu'il passe les pouvoirs à son successeur Elio Di Rupo, ce dernier étant enfin parvenu à former le nouveau gouvernement.
Lors de la prestation de serment du gouvernement devant le roi Albert II, les ministres francophones ont prêté serment en français et en néerlandais, mais Yves Leterme, n’a prêté serment qu’en néerlandais.
Le 17 août 2006, lors d’une interview au quotidien français Libération, il a déclaré, à propos des francophones vivant dans les communes à facilités :
« Mais apparemment les francophones ne sont pas en état intellectuel d’apprendre le néerlandais, d’où la prolongation de ce statut d’exception[7]. »
Selon lui, les seules choses communes aux Belges sont « le Roi, l’équipe de foot, certaines bières[7]… ».
Le président du Parti socialiste, Elio Di Rupo, a estimé que ces propos étaient insultants pour les francophones de la périphérie bruxelloise et devaient probablement découler soit d’une erreur de traduction, soit d’une mauvaise utilisation de la langue française[8]. De son côté, Isabelle Durant, la secrétaire fédérale du parti Ecolo estime qu’Yves Leterme « ne se distingue plus guère du Vlaams Belang[8] ». Joëlle Milquet (cdH) trouve les propos déplaisants et s’étonne de la désinvolture affichée vis-à-vis du gouvernement fédéral.
Les éditorialistes de la presse francophone ont également marqué leur désapprobation alors que ceux de la presse néerlandophone se sont, en général, montrés moins indignés, certains qualifiant l’interview d’ironique[9]. L’éditorialiste de la Gazet van Antwerpen écrit, par exemple : « Au-delà de l’ironie, les propos d’Yves Leterme contiennent beaucoup de bon sens[10]. »
Plusieurs hommes politiques bruxellois néerlandophones se sont insurgés contre ces déclarations, dont Pascal Smet (ministre du sp.a), Guy Vanhengel (ministre VLD) et également Georges De Smul et Lieve Lippens (du CD&V comme Yves Leterme)[10].
L’hebdomadaire culturel français Les Inrockuptibles a élu la déclaration d’Yves Leterme à propos des francophones de la périphérie bruxelloise « la phrase la plus drôle/couillonne/brillante » de la semaine du 17 août 2006[11].
Le 20 août 2006, durant la cinquième édition de la Garde de l’Yser à Steenstrate (manifestation organisée par des nationalistes flamands), Johan Vanslambrouck, président de l’ASBL IJzerwake (nl) a loué les déclarations d’Yves Leterme[12].
Le 21 août 2006, deux citoyens francophones membres du cdH (Jean-François Thayer, candidat aux élections communales de 2006 sur la liste Cap-Woluwe, et Yvan Verougstraete, ancien conseiller communal) ont déposé une plainte sur base de la loi contre le racisme et la xénophobie dite « loi Moureaux » à son encontre auprès de la police de Woluwe-Saint-Lambert[13]. Cette plainte est surtout symbolique puisque Yves Leterme bénéficie d’une immunité en tant que ministre-président de la Région flamande.
Le 26 août 2006, Olivier Maingain, le président du Front démocratique des francophones (FDF) dépose une autre plainte contre Yves Leterme auprès du Parquet général. Olivier Maingain pense que quatre chefs d’inculpation possibles pourraient être retenus : incitation à la haine et à la discrimination, diffamation et calomnie, offense à la personne du roi et aussi racisme et discrimination[14].
Le 28 août 2006, en réponse aux critiques des responsables francophones, Yves Leterme rétorque dans la presse néerlandophone[15] :
« Les personnalités politiques francophones qui ne connaissent pas le néerlandais mais qui défendent un discours pro-Belgique sont absolument peu crédibles. »
Extrait (paru dans Le Soir du 14 octobre 2006) du livre de Filip Rogiers, Leterme au défi, (Éditions Luc Pire, octobre 2006) :
« Comme j’ai de nombreux liens de parenté en Wallonie, je ne dois pas, contrairement à beaucoup de mes collègues, me faire une idée de l’autre région du pays à partir des médias. J’ai des cousins et des cousines dans le Brabant wallon et à Liège. J’ai récemment appris que j’étais un lointain parent de Jacques Brel. Les Brel habitaient Zandvoorde. (…) Une de mes cousines conduit la liste Ecolo à Mouscron. Ses parents habitent à cinq kilomètres de là, en Flandre. En France, une autre cousine a été candidate sur la liste RPR de Jacques Chirac. »
Marianne Leterme, sa cousine, s’est en effet présentée comme tête de liste Ecolo à Mouscron et considère son nom comme un avantage tout en exprimant qu’Yves Leterme ne pense pas vraiment ce qu’il dit par rapport aux francophones. Pour elle, il n’est pas séparatiste et n’a pas réellement des idées si radicales[16].
Cependant, les craintes suscitées par ses propos et les négociations très difficiles en vue de former le prochain gouvernement sont à l’origine d’articles et de chroniques diffusés dans les médias français annonçant la fin imminente de la Belgique (Alexandre Adler sur France Culture : « Peut-être est-ce Leterme de la Belgique »).
Le 21 juillet 2007, un journaliste de la RTBF demande à Yves Leterme, alors occupé à essayer de former un gouvernement, pourquoi ce jour est la fête nationale de la Belgique. Il est incapable de répondre et entonne La Marseillaise lorsqu’on lui demande de chanter La Brabançonne, hymne national de la Belgique[17],[18], suscitant de nombreuses réactions dans la classe politique belge[19].
Le lendemain, Yves Leterme dans une réponse à une interview à la télévision VTM se défendait de la manière suivante : « Je ne veux pas réagir à ces bêtises. Je m’occupe de choses bien plus importantes. Je pense qu’ils veulent me faire du tort. Celui qui me fait du tort en subira les conséquences tôt ou tard ». Ces paroles de menace dans la bouche d’un Premier ministre pressenti et concernant la presse de son pays, ont été remarquées par la presse belge francophone.
Dans un entretien accordé aux quotidiens Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen le 8 décembre 2007, Yves Leterme compare la RTBF à la Radio Télévision Libre des Mille Collines[20], radio ayant incité au Génocide au Rwanda entre 1993 et 1994, l’accusant par ailleurs d’être la « chaîne de propagande de Joëlle Milquet[21] ».
| Précédé par | Yves Leterme | Suivi par | |||
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