Allemagne
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- Pour les articles homonymes, voir Allemagne (homonymie).
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| Devise nationale : Einigkeit und Recht und Freiheit (Unité, droit et liberté) |
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| Langues officielles | Allemand | ||
| Capitale | Berlin 52° 31' N, 13° 25' E |
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| Plus grande ville | Berlin | ||
| Gouvernement - Président fédéral - Chancelier fédéral |
République fédérale Horst Köhler Angela Merkel |
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| Superficie - Totale - Eau (%) |
Classé 63e 357 027 km² 2,18% |
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| Population - Totale (2006) - Densité |
Classé 13e 82 531 671 hab. 231 hab./km² |
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| Indépendance - Unification - Création RFA - Création RDA - Réunification |
Traité de Verdun (843) 18 janvier 1871 23 mai 1949 7 octobre 1949 3 octobre 1990 |
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| Gentilé | Allemand, allemande | ||
| Monnaie | Euro (EUR) |
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| Fuseau horaire | UTC +1 (été +2) | ||
| Hymne national | 3e couplet de Das Lied der Deutschen | ||
| Domaine internet | .de | ||
| Indicatif téléphonique |
+ 49 |
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L'Allemagne (en allemand : Deutschland), officiellement la République fédérale d’Allemagne (en allemand : Bundesrepublik Deutschland), est un pays d’Europe de l'Ouest, entouré par la mer du Nord, le Danemark, et la mer Baltique au Nord, par la Pologne et la République tchèque à l'Est, par l'Autriche et la Suisse au Sud, et par la France, le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas à l'Ouest.
L'Allemagne est une république fédérale constituée de 16 États (Bundesländer en allemand). Le pays a longtemps été constitué de plusieurs États plus ou moins autonomes, conscients de leur propre histoire, culture et affiliation religieuse. En 1871, à la fin de la guerre franco-allemande, il furent réunis dans un État dominé par la Prusse, donnant ainsi naissance à l'Allemagne unifiée moderne. Sa capitale est Berlin.
Elle est membre du Conseil de l’Europe depuis 1951, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Union de l'Europe occidentale depuis 1954, de l’OTAN depuis 1955, de l’ONU depuis 1973, de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), membre fondateur de l’Union européenne (1958), d'Eurocontrol (1960) et de la zone euro.
Avec plus de 82 millions d'habitants recensés en 2006, l'Allemagne est le pays le plus peuplé d'Europe, à l'exception de la partie européenne de la Russie. Elle est aussi une puissance économique majeure, la première d'Europe et troisième du monde derrière les États-Unis et le Japon par son PIB total.
Sommaire
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Histoire
- Article détaillé : Histoire de l'Allemagne.
La formation du mot Deutschland révèle la longue histoire de ce pays. Au départ il y a un mot gotique thiuda signifiant peuple. Il a comme adjectif thiudisk. Thiudisk a été transformé en Theodischus par les Romains, puis en Teudischus. Teudischus est devenu diutisca en vieil-allemand pour aboutir à Deutsch. En ancien français, le latin theodiscus a donné thodesche, puis tudesque. Le français moderne a préféré le mot allemand issu du latin Alama désignant le peuple des Alamans[1]. L'italien a conservé l'origine latine dans son adjectif tedesco pour dire allemand.[2]
Du Saint Empire aux principautés
La linguistique et les textes latins nous montrent que la mention du peuple germain remonte à l'époque romaine. Cependant les historiens s'entendent pour trouver les origines d'un territoire allemand au partage de Verdun de 843. Louis le Germanique a obtenu, lors de ce partage, l'Est de l'Empire carolingien, nommé Francie orientale. C'est de la Francie orientale qu'est issu le Saint Empire romain germanique fondé par Otton Ier, dit le Grand (936-973). Cet empire comprend, outre le territoire de l'actuelle Allemagne, l'Italie et la Bourgogne. Dès sa fondation, ce nouvel empire est entravé par le peu d'institutions sur lesquelles l'empereur peut asseoir son autorité et la faiblesse des revenus, les empereurs ne disposant que de leurs propres domaines pour financer leur politique. Le système d'élection de l'empereur par les princes-électeurs conduisit souvent à affaiblir le pouvoir du monarque. Traditionnellement, l'empereur élu entreprenait un voyage à Rome pour être couronné par le pape.
Le délitement du pouvoir impérial est accentué par l'obsession de certains empereurs à vouloir établir une autorité forte dans leurs possessions italiennes. Au XIIIe siècle, Frédéric II est tellement occupé par ses affaires italiennes qu'il renonce à tout pouvoir et tout contrôle dans les nombreuses principautés ecclésiastiques allemandes et qu'il abdique une grande partie de ceux-ci dans les principautés laïques. De ce fait les terres allemandes sont pratiquement indépendantes du pouvoir impérial dès cette époque. Sous l'impulsion de grand seigneurs comme le duc de Saxe, l'Est et le Nord de l'Allemagne sont colonisés entre le XIIe et le XIVe siècle. Des centaines de milliers d'Allemands de l'Ouest poussés par la surpopulation migrent vers l'Est où des tenures plus vastes et des droits féodaux plus légers les attendent. Les villes rhénanes et les ports se développent mais prennent une part peu active au grand commerce européen du XIIe siècle. Après 1438, l'empereur porte le titre d'un « empereur élu » après son élection formelle par les sept "électeurs" de l'Empire à Francfort. À l'époque moderne, le Saint Empire compte plus de 300 États qui n'obéissent que de très loin à l'empereur Habsbourg.
Au XVIe siècle, la réforme luthérienne continue à diviser l'Allemagne. En 1546, l'empereur Charles Quint entre en guerre contre les nombreux princes et villes allemands qui se sont convertis au Luthéranisme. Son échec à réduire le protestantisme dans le Saint Empire est sanctionné par la paix d'Augsbourg de 1555 qui permet à chaque prince et ville libre de choisr sa religion mais oblige les sujets à avoir la même religion que leur souverain. L'Allemagne n'en pas pour autant fini avec les guerres de religion. Les progrès du Calvinisme en Allemagne à la fin du XVIe siècle, la volonté de l'empereur Ferdinand II d'imposer son autorité et la religion catholique aux Etats du Saint Empire entraine la guerre de Trente Ans qui ravage le pays de 1618 à 1648. Les Traités de Westphalie enterine l'affaiblissemnt du pouvoir impérial en favorisant les droits des 350 Etats allemands. La liberté religieuse des princes est réaffirmée.
De la Confédération germanique à l'Empire allemand
- Article détaillé : Unité allemande.
Sous la pression de la France, le Saint Empire est dissous en 1806 et remplacé par la Confédération du Rhin sous protectorat français. Après le congrès de Vienne (novembre 1814-juin 1815), celle-ci est remplacée par la Confédération germanique ("Deutscher Bund") qui ne regroupe plus que 39 États sous la direction honorifique des Habsbourg qui ne porte plus que le titre d'empereur d'Autriche. En fait cette confédération ne peut exister que si l'Autriche et la Prusse s'entendent. À partir de 1834, le Zollverein ou union douanière, commence à se constituer à l'initiative de la Prusse. Il construit un espace économique sans douane intérieure et définissant une même politique commerciale vis-à-vis de l'extérieur. Cet espace, progressivement élargi, exclut délibérément l'Autriche. Les révolutions de 1848 touchent la plupart des États allemands. Une assemblée élue au suffrage universel se réunit à Francfort et propose la couronne d'une Allemagne unifiée au roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV qui la refuse. En effet, il ne veut pas tenir son pouvoir de la souveraineté du peuple. Il est prêt à accepter la couronne que lui proposent les princes allemands mais l'Autriche force la Prusse à renoncer en 1850. L'Allemagne se retrouve dans la même situation politique qu'en 1815.
En 1862, Otto von Bismarck devient le ministre-président du roi de Prusse Guillaume Ier. Il a compris que l'unité allemande ne se fera pas sans l'éviction de l'Autriche par la guerre. Il fait passer par la force les réformes modernisant l'armée. En 1866, l'armée prussienne écrase l'armée autrichienne à Sadowa. La Prusse annexe les territoires entre sa partie orientale et sa partie occidentale et dirige la Confédération d'Allemagne du Nord. Seul, quatre États du Sud n'y adhèrent pas. La France en déclarant la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870 permet de fédérer tous les États allemands autour d'un ennemi commun. La défaite française permet la proclamation de l'Empire allemand le 18 janvier 1871 dans la galerie de glaces du château de Versailles et l'annexion de l'Alsace et du Nord de la Lorraine, deux régions françaises germanophones. L'unité allemande s'est faite par le haut et par la guerre comme le souhaitait Bismarck.
D'une guerre à l'autre
L'Allemagne, qui était devenue une des puissances politiques majeures en Europe s'engagea dans la Première Guerre mondiale aux côtés de l'Autriche-Hongrie (1914) et envahit la France. Après les premiers assauts, la guerre s'orienta vers une longue et lente guerre de position dans les tranchées, meurtrière d'un côté comme de l'autre. Elle prit fin en 1918, et l'empereur allemand, Kaiser Guillaume II, dut abdiquer en raison de la révolution allemande. Lors du traité de Versailles, l'Allemagne fut considérée comme responsable de la guerre et condamnée à payer de très lourdes réparations.
Le pangermanisme dévoyé en un nationalisme raciste, le ressentiment contre les conditions du traité de Versailles et les conséquences particulièrement dures de la crise économique mondiale de 1929 permirent au NSDAP (parti nazi) d'Adolf Hitler d'accéder au pouvoir en 1933. Aussitôt, Hitler élimina toute opposition et prit le contrôle absolu de l'État allemand. En 1935, l'Allemagne devint officiellement antisémite en promulguant les lois de Nuremberg. La politique d’Hitler consistant à annexer ou envahir ses voisins finit par provoquer la Seconde Guerre mondiale le 1er septembre 1939.
L’Allemagne domina le début du conflit. Elle conquit une grande partie de l'Europe, de l'URSS, de l'Afrique du Nord. Mais en 1942-1943, la guerre tourna au profit des pays alliés : le Royaume-Uni, le Canada, les États-Unis, l'URSS écrasèrent finalement les armées de l'Axe, envahissant notamment Berlin. Le 30 avril 1945, Adolf Hitler se suicida.
Dévastée par la guerre, l'Allemagne et Berlin furent divisées en quatre secteurs, chacun étant contrôlé par une des nations vainqueurs (y compris la France). L’Allemagne fut finalement divisée en deux parties durant toute la guerre froide : la RFA (République fédérale d’Allemagne) créée le 23 mai 1949 à l’ouest et la RDA (République démocratique allemande) créée le 7 octobre 1949 à l’est. Les territoires plus à l'est furent intégrés à la Pologne et à l’URSS.
Le creux démographique provoqué par la guerre fut compensé par l'arrivée d'environ 13 millions d'Allemands venus des anciens territoires d'Allemagne de l’Est où ils vivaient depuis des générations, voire des siècles ; la Prusse-Orientale, les Sudètes, les Pays baltes, la Silésie, etc. Sous l'impulsion du plan Marshall, l'Allemagne de l'Ouest renoua rapidement avec la croissance économique, au contraire de l'Allemagne de l'Est. À la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, prélude à la réunification de l’Allemagne, les deux pays ne possédaient pas du tout le même niveau économique. Cette différence demeure aujourd'hui et l'Est reste plus pauvre que l'Ouest. Le coût de la réunification a entraîné d'importantes difficultés économiques pour le pays depuis les années 1990. Son unification a cependant permis d'en faire une nation politiquement incontournable au sein de l'Union européenne.
Le 9 novembre dans l’histoire allemande
- 9 novembre 1918 : insurrection de Berlin et proclamation de la République
- 9 novembre 1923 : échec du « putsch de la brasserie » à Munich, où Hitler proclame la « Révolution nationale »
- 9 novembre 1938 : pogrom à l'échelle nationale, connu sous le nom de « Nuit de cristal »
- 9 novembre 1939 : attentat manqué contre Hitler dans la brasserie Bürgerbräukeller
- 9 novembre 1989 : chute du mur de Berlin
Aspects culturels et politiques
- Article détaillé : Culture de l'Allemagne.
Langues parlées
L'allemand est une langue du groupe germanique de même que le néerlandais, l'anglais ou le suédois. Le groupe germanique appartient à la famille des langues indo-européennes. 92 % de la population a l'allemand comme langue maternelle ce qui indique une très grande homogénéité linguistique. 8 % de locuteurs parlent une autre langue: le danois, le frison, le sorabe, le polonais, les langues de deux groupes tsiganes, les Sintis et les Roms allemands). Il s'agit d'une estimation car il n'existe pas en Allemagne de recensement basé sur les données linguistiques. Les immigrés ont contribué à l'élargissement du champ linguistique. Le turc, l'arabe, le grec ou l'italien sont aussi des langues présentes sur le territoire allemand.[3]
L'allemand standard , appelée en Allemagne Hochsprache, n'est pas la langue vernaculaire de tous les germanophones. En effet, plusieurs millions d’Allemands parlent, dans leur vie quotidienne, l'un des dialectes allemands. On peut citer le francique mosellan, le francique rhénan, le bavarois ou le souabe. Les dialectes allemands se divisent en deux grands groupes: le bas-allemand (Niederdeutsch) et le haut-allemand (Hochdeutsch). Le bas-allemand et le haut-allemand ont commencé à se différencier à partir du VIe siècle. En 1980, on estimait qu'environ 50 % des Allemands utilisaient dans leur vie quotidienne un de ces dialectes sans jamais l'écrire.[3]
Les lois fédérales reconnaissent quatre minorités nationales : les Danois, les Frisons, les Sorabes et les Tsiganes. Les quatre communautés reconnues ont fondé en 2004 un Conseil des minorités doté d’une convention commune pour promouvoir leurs intérêts devant le gouvernement fédéral. Le sorabe, une langue slave, est parlée par quelque 100 000 locuteurs près des frontières de la Pologne et de la République tchèque dans la petite région de Lusace. Les Sorabes ou Sorbes forment la minorité nationale reconnue la plus importante. Ils ont réussi à maintenir leur culture et leur langue malgré les tentatives de germanisation dans le passé. Tous parlent aussi l’allemand, le taux de bilinguisme étant près de 100 %.[3]
Environ 241 000 citoyens allemands parlent le polonais, principalement dans les Länder du Brandebourg et de la Saxe. Bien qu'étant depuis fort longtemps installés dans ces Länder, ils sont considérés comme une «minorité immigrante».[3]
Religions
Les guerres de religions ont déchiré les Allemands au {XVIe et XVIIe siècle au cours de la guerre de Trente Ans. Aujourd'hui, le nord et le centre de l'Allemagne sont majoritairement luthériens. Le protestantisme rassemble environ 35% de la population. Les régions catholiques sont traditionnellement la vallée du Rhin et la Bavière où est né le pape Benoît XVI. Environ 34% de la population est catholique.[4] Les nouveaux länder (de l'ex-RDA) sont majoritairement sans confession mais la première religion reste le luthéranisme. Enfin, l’islam est pratiqué par la communauté turque, concentrée dans la Ruhr et à Berlin.
Politique
- Article détaillé : Système politique allemand.
Les alliés ont imposé une structure fédéraliste à l'Allemagne en 1949. Le but était de préserver l'unité de la partie occupée par les occidentaux en empêchant le retour d'une Allemagne trop puissante sur le plan politique. Le fonctionnement du système politique allemand est donc régi depuis 1949 par une constitution appelée Loi fondamentale (Grundgesetz). La cour constitutionnelle qui siège à Karlsruhe veille à son respect. Depuis cette date, l'Allemagne est donc une république fédérale, composée d'abord de 11 Länder, puis de 16 depuis 1990. Depuis la réunification des deux Allemagnes la capitale fédérale est Berlin. Les pouvoirs exercés par la seule Fédération concernent les affaires étrangères, la défense, la nationalité, la monnaie, les frontières, le trafic aérien, les postes et télécommunications, et une partie du droit fiscal. Le Parlement allemand est composé de deux chambres, le Bundestag, élu au scrutin mixte pour quatre ans, et le Bundesrat qui comprend 68 représentants des Länder.
Chaque Land a sa propre constitution (Verfassung). Il est aussi doté d'un Parlement (Landtag) et d’un gouvernement (Landesregierung) issu de la majorité du Landtag. Il est souverain en matière de culture (enseignement, théâtre, musique, etc.), d'organisation des services de police, de droit communal. La Fédération peut élargir les compétences des Länder par des prescriptions-cadres: l'enseignement supérieur, l'aménagement du territoire, la protection de la nature et la conservation des sites naturels sont passés de la compétence de la fédération à celle des Länder. Enfin, les Länder ont la responsabilité de faire respecter les décisions fédérales sur leur territoire. Chacun des Länder peut également lever des impôts. De ce fait, 36% des impôts directs collectés reviennent aux Länder, l'État fédéral en recevant près de 50% et les communes se partageant le reste. La loi fondamentale n'a pas délimité strictement certains domaines législatifs : Pour le droit civil, le droit pénal, le droit économique, le droit du travail, la politique du logement, la politique énergétique, la circulation routière ou encore la gestion des déchets les Länder peuvent légiférer a condition que l'État fédéral l'autorise. Celui-ci ne peut intervenir pour légiférer que pour un besoin uniforme à l'échelle nationale.
Une des particularités de la démocratie allemande est l'institutionalisation du rôle des partis politiques : représenter les citoyens et leur apporter une formation politique.
Géographie de l'Allemagne
L'Allemagne est un État qui ne connait aucune contrainte naturelle liée au relief ou au climat. Ce pays, bordé au Nord-ouest par la mer du Nord et au Nord-est par la mer Baltique, occupe une place centrale dans l'Union européenne par sa situation, sa puissance démographique, industrielle et commerciale.
Le territoire
L'Allemagne a connu des changements territoriaux successifs au XXe siècle. La défaite de 1918 a sonné le glas de l'Empire allemand. Le traité de Versailles de 1919 qui règle le sort de l'Allemagne fait passer la superficie de l'Allemagne de 540 848 km² à 468 776 km². Celle-ci est amputée de l'Alsace-Lorraine, de la Poméranie et d'Eupen et de Malmédy. De plus, pour permettre à la Pologne d'avoir un accès à la mer, la Prusse orientale est séparée du reste de l'Allemagne par le corridor de Dantzig.
Après la défaite de 1945, l'Allemagne est occupée par les vainqueurs. À l'Est, 11 millions d'Allemands sont chassés ou fuient vers l'Ouest. Environ 100 000 km² à l'Est sont rattachés à la Pologne ou à l'URSS. Une des conséquences de la guerre froide est la création en 1949 de la RFA à l'Ouest dans les zones d'occupations des occidentaux suivie par celle de la RDA dans la zone occupée par les soviétiques à l'Est. Il y a désormais deux États allemands : la RFA, une démocratie pluraliste et capitaliste et la RDA, une démocratie populaire avec un parti unique au pouvoir, le parti communiste, et une économie de type socialiste.
Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin, construit en 1961, tombe. L'année suivante la RDA est absorbée par la RFA. Les Allemands sont de nouveau réunis dans un seul État, la RFA. Ce nouvel État doit surmonter le coût de la réunification allemande, c'est à dire investir pour rattraper le retard économique des Länder de l'Est par rapport à ceux de l'Ouest.
Population
- Article détaillé : Démographie de l'Allemagne.
L'Allemagne est peuplée de 82,60 millions d’habitants dont 7,30 millions d’étrangers (chiffres de l'ambassade de France à Berlin). Avec ses 231 habitants par km², l’Allemagne est un des pays les plus densément peuplés d'Europe derrière les Pays-Bas et la Belgique. C'est le pays le plus peuplé de l'Union européenne. L’Ouest reste toutefois plus peuplé que l’Est. En effet, on rencontre d’importantes concentrations urbaines à l’ouest et au sud du pays :
- Rhénanie du Nord-Westphalie (18 millions d’habitants),
- Bavière (12 millions d’habitants),
- Bade-Wurtemberg (10,5 millions d’habitants),
Le taux de natalité de l'Allemagne est l’un des plus faibles (8,25 pour mille) et son accroisement naturel est négatif depuis les années 1980 pour les 11 Länder de l'Ouest. Plusieurs explications peuvent être données à ce phénomène: le faible pourcentage de naissances hors mariage, l'absence totale d'une politique familiale incitative - peu de crêches ni d'école maternelle pour les enfants de moins de 5 ans -, la quasi-obligation pour une femme de s'arrêter de travailler quand elle a un jeune enfant. Jusque qu'au début des années 1990, les cinq Länder de l'Est avaient un taux de fécondité bien plus élèvé qu'à l'Ouest. En effet, pour favoriser le travail des femmes et soutenir la croissance démographique, la RDA avait mis sur pied une véritable politique familiale. Avec la réunification, tous ces avantages ont disparu. La natalité de l'Est de l'Allemagne est aujourd"hui aussi faible que celle de l'Ouest. Aujourd'hui la population allemande n'augmente que grâce à un solde migratoire positif. Mais on peut constater des disparités de situation. Le solde migratoire est négatif à l'Est. Le taux de chômage y est très élevé. Les Ossis migrent vers l'Ouest à la recherche de meilleures conditions de vie.
Pour résoudre le problème du financement des retraites, les assemblées allemandes ont choisi d'élever l'âge légal du départ à la retraite de 65 à 67 ans entre 2012 et 2029[5].
L’Allemagne accueille plus de 6 millions d’étrangers, parmi lesquels les Turcs forment la plus importante minorité, devant les Polonais, les Danois et les Russes. Cette présence turque est parfois cause de frictions, principalement dans les grands centres urbains où ils sont présents.
Il existe en Allemagne des minorités linguistiques historiques : les sorabes qui vivent dans les Länder de Saxe et de Brandebourg et les frisons qui vivent au nord-ouest du Länder de Schleswig-Holstein. Il existe aussi dans cette même région une importante minorité danoise.
Économie
- Articles détaillés : Économie de l'Allemagne et Liste d'entreprises allemandes.
L’Allemagne est la première puissance économique de l'Union européenne. Elle figure au 3ème rang mondial derrière les États-Unis et le Japon mais devant la République populaire de Chine, le Royaume-Uni et la France.Elle possède pour cela de nombreux atouts: un marché intérieur important, une population active qualifiée grâce l'apprentissage professionnel, et un niveau de vie élevé. Les entreprises et les syndicats allemands fonctionnent en cogestion. Le PIB (produit intérieur brut) allemand s'élève à 2216 milliards $ et le PIB par habitant est de 26 856 d’euros (chiffres de 2004). Le commerce extérieur représente un tiers du PNB : avec un volume d’exportations de 734 milliards d’euros (2004). Le principal moteur de ce commerce extérieur est l’industrie, dont le pourcentage dans le total des exportations se situe à quelque 84% (2004).
L’industrie
L’industrie est un secteur économique très important en Allemagne. Huit millions de personnes, soit 33% de la population active, travaillent dans ce secteur. Les principales secteurs en chiffre d'affaires sont la construction automobile avec 777 000 salariés en 2004, suivie par l’électrotechnique avec 799 000 salariés), la construction mécanique avec 868 000 salariés et l’industrie chimique[6]. A côté des grandes entreprises mondialement connues comme Siemens, Thyssen-Krupp ou Bayer, les P.M.E./ P.M.I. emploient plus de 20 millions de salariés. Dans la construction mécanique, secteur où la RFA détient 19,3% du marché mondial, la grande majorité entreprises a moins de 200 salariés. Ces succès sont dûs à la réputation de bonne qualité des produits allemands en général.
La construction automobile fournit 40% des Exportations allemandes.Un salarié sur sept travaille dans ce secteur. Les grands constructeurs Volkswagen, Audi, BMW, Daimler-Chrysler, Porsche et Opel, filiale allemande de General Motors font de l’Allemagne le troisième producteur d’automobiles mondial. Environ six millions de voitures sortent chaque année des chaines de montage allemandes et 4,8 millions de voitures de marque allemande sont produites à l’étranger.
Les autres secteurs
Comme dans toutes les économies développées, le secteur tertiaire est le premier employeur allemand. Près de 28 millions de personnes y travaillent dont 10 millions dans le commerce, l’hôtellerie, la restauration et les transports. Ce secteur est constitué à plus de 40% de P.M.E./P.M.I.
L’agriculture est également très développée, contrairement aux idées reçues ; en terme de comparaison, l'Allemagne se situe juste derrière la France en terme de production céréalière mais la devance et occupe ainsi le 1er rang européen en ce qui concerne la production de lait.
Une économie tournée vers l'espace mondial
L’économie allemande est particulièrement orientée vers le marché mondial. Les grands partenaires commerciaux de l'Allemagne sont la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne. Mais l'Allemgne cherche à développer de nouveaux débouché. Depuis la chute du communisme en Europe de l'Est, elle a accru sa présence dans cette zone. Depuis le début des années 1990, une partie de la production allemande a été délocalisée vers ces pays et. En 2002, 830 000 personnes travaillaient pour des entreprises allemandes dans les anciens pays communistes en 2001, presque aucune avant 1990. Au total, plus de 10% des Exportations allemandes se font vers ces pays, soit autant que vers les États-Unis.
Les pays émergents contituent un défi de taille pour l'Allemagne. L’importance des relations économiques avec la Chine ou l’Inde ne cesse donc de croître. La balance commerciale est fortement déficitaire: 32 milliards d'importations chinoises contre 21 milliards d'exportations vers ce pays en 2004. Les échanges avec l'Inde sont plus modestes. L'Allemagne doit relever le défi de la compétitivité face à des pays où le coût de la main d'œuvre est très faible
L'Allemagne connait depuis 10 ans des difficultés. La concurrence internationale est importante et, les entreprises doivent se moderniser rapidement ou délocaliser, sous peine de faillite. L’Ouest du pays est le plus dynamique, tandis qu’à l’Est (ancienne RDA), de nombreuses entreprises ont dû fermer, ce qui a provoqué une forte hausse du chômage. Le PIB par habitant de l’Allemagne de l’Ouest est beaucoup plus élevé que celui de l’Allemagne de l’Est.
Les régions allemandes
La réunification de 1990 a changé l'organisation de l'espace allemand. L'espace rhénan reste cependant le cœur de l'Allemagne et l'axe le plus frequenté, aussi bien sur le plan économique que sur le sur le plan démographique. La conurbation Rhin-Main est toujours le cœur industriel de l'Allemagne malgré la nécessaire mutation de la Ruhr. Francfort continue de jouer son rôle de capitale financière du pays.
Depuis le début des années 1960, les régions du sud, le Bade-Wurtemberg et la Bavière sont des espaces attractifs. ce sont des régions aussi bien industrielles (technologies de pointe, complexes militaro-industriels) que touristiques. Le solde migratoire régional est fortement positif.
Depuis la réunification, le centre et le Nord jouissent d'un position privilégiée. Ils sont devenus le nouveau centre géographique de l'Allemagne de puis la réunification. Les ports d'Hambourg et de Brême disposent de l'Hinterland de l'ancienne RDA dont ils étaient privés jusqu'en 1990. Ces ports permettent au Land de Basse-Saxe d'occuper une place majeur dans l'espace mondialisé.
Les cinq Länder de l'Est constituent une périphérie en recosntruction. Le passage d'une économie socialiste à une économie de marché a entrainé la fermeture de nombreuses usines vétustes et peu concurrentielles, le développement de friches industrielles, des migrations régionales vers les Länder de l'Ouest et une forte augmentation du chômage. Le taux de chômage était, fin 2006, de 16, 4%[7] alors qu'il est de 10,1% pour l'ensemble de l'Allemagne. Ceci est dû à une faible compétitivité qui persiste depuis plus de 15 ans, malgré les investissements consentis par le gouvernement fédéral. Cette situation a abouti à un "désamour" entre les Allemands de l'Ouest et les "Ossis", les uns trouvant qu'ils ont payé trop cher l'union, les autres se sentant oubliés par les plus nantis et regrettant l'époque de la RDA. Ce dernier phénomène a été appelé Ostalgie par les journalistes. Cependant, les autorités misent sur les nouveaux élargissements de l'Union européenne à l'Est pour dynamiser l'économie des cinq Länder de l'Est.
Chiffres divers
Lignes de téléphone : 150,2 millions (en 1997)
Téléphones portables : 81 millions (en 2006)
Postes de radio : 77,8 millions (en 1997)
Postes de télévision : 51,4 millions (en 1998)
Utilisateurs d’Internet : 25 millions (en 2005)
Nombre de fournisseurs d’accès Internet : 123 (en 2000)
Routes : 656 140 km (dont 650 891 km goudronnés) (en 1998)
Voies ferrées : 40 826 km (en 1998)
Voies navigables : 7500 km
Nombre d’aéroports : 613 (dont 322 avec des pistes goudronnées) (en 2000)
Notes
- ↑ L'adjectif allemand alemannisch désigne aujourd'hui trois branches de l'allemand supérieur: le souabe, l'alsacien et le suisse alémanique
- ↑ http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/Europe/allemagne_demo.htm
- ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 université de Laval, Québec
- ↑ mission économe française à Berlin
- ↑ « Les Allemands passent progressivement à la retraite à 67 ans », dans Le Monde du 30/03/2007, [lire en ligne]
- ↑ http://www.tatsachen-ueber-deutschland.de/fr/
- ↑ Le Monde du 17.10.06
Voir aussi
Bibliographie
- Serge Berstein et Pierre Milza, Histoire du XXe s,, Hatier, 1984.
- Divers articles de l'encyclopaedia Universalis, DVD, 2007.
- site du quotidien le Monde, édition abonnés.
- Jean Heffer, William Serman,Des révolutions aux impérialismes, Hachette, 1973.
- Claude Mangin, L’Allemagne, Belin, Paris, 2003, (ISBN 2701132290)
Liens internes
- Liste des noms français de toponymes allemands
- Cabinet Merkel
- Liste d’écrivains allemands
- Liste des quotidiens allemands
- Luftwaffe (Aviation militaire allemande)
- Ennemi héréditaire
- Propagande
- Revanchisme
Liens externes
- Site officiel du gouvernement fédéral allemand
- [http://www.lagazettedeberlin.de Le bimensuel francophone en Allemagne.
- Catégorie Allemagne de l'annuaire dmoz.
- Coup d’œil sur l’Allemagne du portail www.bund.de
- La mission économique de l'ambassade de France à Berlin
- Portail de l’Allemagne (Ambassade d'Allemagne à Paris)
- Forum Allemagne et culture allemande
- Photos et information d'Allemagne
- Allemagne - Faits et réalités (Site du ministère des affaires étrangères allemand)
- Liste des sites allemands classés au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO
- Le site de l'université de Laval au Québec
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