Bonheur
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Le bonheur (étymologiquement la bonne fortune [entendre dans "fortune" : ce qui arrive de bien ou de mal) est un état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, l'inquiétude et le trouble sont absents.
Sommaire
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Présentation générale
Le bonheur c'est l'image que l'on a de soi par rapport à ce qui nous entoure.[réf. nécessaire] Le bonheur reste cependant ambigu à décrire dans la mesure où il est toujours subjectif, particulier à chaque conscience et empirique, soumis aux aléas de la fortune et aux changements imprévisibles de l'humeur, donc un état temporel ; en tant que tel, le bonheur ne saurait se réduire à un concept[réf. nécessaire] : c'est une expérience vécue, une intuition sensible, une signification que chacun peut donner à sa vie sous la forme d'une approbation générale de la vie considérée comme globalement satisfaisante[réf. nécessaire].
On peut tenter de distinguer quatre sortes de satisfactions liées au bonheur[réf. nécessaire] :
- la satisfaction du désir : désirs liés au corps, recherche des biens matériels, etc.
- la satisfaction du devoir : accomplissement du bien.
- la satisfaction du vrai : désir de connaissance.
- la satisfaction du beau : contemplation et recherche esthétique.
- Le bonheur suppose une harmonie et un équilibre qui nécessitent la satisfaction des besoins (voir la pyramide des besoins de Maslow) et la réalisation des désirs essentiels.
On peut réunir les trois dernières catégories et distinguer simplement satisfactions physiques et psychiques ou spirituelles[réf. nécessaire].
Le bonheur se distingue du plaisir par son caractère spirituel et global[réf. nécessaire], alors que le plaisir est une satisfaction généralement corporelle et localisée. Il se distingue de la joie en tant que cette dernière est un état plus dynamique et transitoire que le bonheur[réf. nécessaire]. La félicité, ou béatitude, est un bonheur parfait.
Genèse
L'être humain, en tant qu'animal, dispose de deux moyens primitifs pour déterminer les rapports qu'il entretient avec le monde : le plaisir et la douleur. Par ces moyens, nous jugeons de l'utile, de l'agréable et de la souffrance et du nuisible. Avant de percevoir le monde comme objet d'analyse, nous le sentons donc comme un lieu de vie agréable ou menaçant. Nos émotions et nos passions, mis en forme par les valeurs de notre civilisation, découlent de ce rapport à partir duquel nous extrapolons ou imaginons l'idée de bonheur et l'idée de malheur.
Bonheur et modernité
Les sociétés de consommation : l'idéal publicitaire du bonheur : dans toute société, il y a au moins un idéal de bonheur qui dépend moins de la satisfaction subjective réelle que de la conformité d'un être humain à cet idéal. Socialement, un individu n'est pas heureux, il est jugé heureux. Dans le cas des sociétés modernes occidentales, le bonheur a pris une dimension économique qui n'est en fait pas nouvelle : le bonheur mesuré par la quantité des objets consommés se voit déjà dans la Rome décadente (voir Pétrone, Satyricon). Mais dans le roman de Pétrone, c'est le propre de l'esclave affranchi d'étaler sa richesse comme signe bien visible de son bonheur. La frénésie de la consommation serait alors un comportement d'esclave. D'où les critiques moralistes des sociétés industrielles, critiques selon lesquelles la quête du bonheur par les biens matériels est une aliénation de l'individu, aliénation alimentée par la publicité (cf. Jean-Clet Martin, Eloge de l'inconsommable, Editions de L'éclat).
Mesures du bonheur
Le bonheur, c'est chaque jour vivre et aimer la vie... Jean-Gervais.
La notion de plaisir en philosophie
Bonheur de la vie contemplative
Sérénité de l'âme et du corps
il est heureux que nous soyons dans le bonheur car l'âme ne peut se détacher du corps
Spinoza
"Je pense qu'il est inutile de penser qu'aimer c'est le bonheur car nous sommes tous issus d'une âme et d'un corps"
Kant
"Le devoir est la nécessité d'accomplir l'action par pur respect de la loi". Selon Kant, le bonheur s'oppose donc catégoriquement au devoir. Ce dernier considère en effet que le devoir ne peut plus être considéré comme moral dès qu'on l'accomplie dans le but d'obtenir une certaine félicité, d'être heureux, d'atteindre le bonheur. Tout devoir intéressé n'en est donc plus un, ce qui désunie irrémédiablement le devoir moral du bonheur. Faire le bonheur des autres ne constitue donc pas une action morale dans la philosophie kantienne si son objectif est d'en obtenir un quelconque bonheur. Kant fait la critique de la doctrine eudémoniste qui place dans le bonheur la fin ultime de la vie humaine dans la mesure où il considère que le rôle de la morale n'est pas d'enseigner aux hommes comment atteindre le bonheur, mais comment s'en rendre dignes. Kant propose une définition du bonheur qui ne prend pas en compte le devoir "Le bonheur est l'état dans le monde d'un être raisonnable, à qui, dans tout le cours de son existence, tout arrive suivant son souhait et sa volonté".
Il est à noter que Kant, au départ, associait bonheur et devoir : “Assurer son propre bonheur est un devoir, car le fait de ne pas être content de son état pourrait devenir une tentation d’enfreindre ses devoirs.” KANT, Fondements de la métaphysique des Mœurs
Trois ans plus tard (1788), Kant change d’avis : bonheur et devoir n’ont plus rien à voir.
«Le bonheur est l’état dans le monde d’un être raisonnable, pour qui, dans toute son existence, tout va selon son désir et sa volonté, et il repose par conséquent sur l’accord de la nature avec le but tout entier poursuivi par cet être, de même qu’avec le principe déterminant essentiel de sa volonté. Or la loi morale, comme loi de la liberté, ordonne par des principes déterminants qui doivent être tout à fait indépendants de la nature et de l’accord de celle-ci avec notre faculté de désirer (comme mobiles) ; d’un autre coté, l’être raisonnable qui agit dans le monde n’est assurément pas en même temps cause du monde et de la nature elle-même. Donc, dans la loi morale, il n’y a pas le moindre principe pour une connexion nécessaire entre la moralité et le bonheur proportionné d’un être qui, faisant partie du monde, en dépend, et qui justement pour cela ne peut, par sa volonté, être cause de cette nature et, pour ce qui est de son bonheur, la mettre par ses propres forces complètement d’accord avec ses principes pratiques.» KANT, Critique de la raison pratique, 1 ère partie, V
Mise en cause de l'idéal du bonheur
Le pessimisme
Angoisse, existence et temps
L'ennui, le vide, l'insignifiance
La mort
la mort peut parvenir de façons différentes :
- suicide
- mort clinique
- mort naturelle
- mort spirituelle
- mort physique
La mort et ce qui la suit est un débat qui passionne les foules depuis l'Antiquité, car chaque croyance à ce sujet est une réponse dont la véracité nous est et nous sera probablement toujours inconnue. Le dogme catholique promet une vie après la mort, les bouddhistes parlent de réincarnation, d'autres pensent à une fin totale pour l'individu. La mort est parfois un sujet tabou mais dans d'autres régions les funérailles constituent de joyeuses festivités, malgré la souffrance engendrée par la perte d'une vie.
Le bonheur en psychologie
Psychanalyse et pessimisme
L'approche de la psychanalyse invite à penser la maladie mentale comme manifestation de la sexualité infantile présente en chacun et des traumatismes qu'elle a pu provoquer. Mais cette psychologie s'etend au normal et s'efforce alors de révéler la pulsion, le désir constant, en chacun.
L'idée d'un pessimisme freudien est liée à la théorie d'une pulsion de mort. Sigmund Freud considère à partir de 1920 qu'à la sexualité psychique insatiable s'ajoute une tendance à l'auto-destruction, à l'anéantissement. Si la psychanalyse des débuts présente un être frustré, blessé, éventuellement choqué par ses désirs sexuels, incapable qu'il est de se les avouer et les tolérer, la psychanalyse d'après 1920 propose donc une vue pessimiste dans laquelle le bonheur est définitivement inaccessible.
Le psychanalyste Jacques Lacan mit un soin particulier à étudier le manque : manque de l'autre, sous toutes ses formes ; si Lacan n'est pas particulièrement pessimiste, il a par contre formalisé cet aspect de l'étude de la vie psychique.
Des psychologues comme Reich, Jung, Perls, Fromm ou Maslow affirment au contraire que le bonheur est le sentiment naturel qu'éprouve la psyché humaine lorsqu'elle s'épanouit d'une manière intégrée, ce qui suppose une forme de culture fondée sur l'amour et l'être plutôt que sur la peur et l'avoir.
Voir aussi
- Angoisse
- Ataraxie
- Désir
- Devoir
- Egoïsme
- Existence
- Hédonisme
- Individualisme
- Morale
- Plaisir
- Sage
- Sagesse
- Satisfaction
- Vertu
Citations
Eckhart Tolle :
"Le bonheur, ce n'est pas de faire croire aux autres qu'on est heureux. C'est être heureux soi-même."
Notes et références
Bibliographie
- Alain, Propos sur le Bonheur
- Aristote, Ethique à Nicomaque
- René Descartes, Les Passions de l'âme, sur Wikisource
- Kant, Critique de la raison pure
- Platon, Philèbe
- Sénèque, De la brièveté de la vie, sur Wikisource
- Sénèque, De la vie bienheureuse, sur Wikisource
- Arthur Schopenhauer, L'art d'être heureux
- Sénèque, "Lettres à Lucilius"
Liens externes
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