Estampe
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À l’origine, le terme d’estampe désignait le résultat de l’impression d’une planche gravée, en bois ou en métal. Par la suite, la lithographie puis la sérigraphie s’ajoutèrent à la gravure en relief ou en creux, pour permettre à l’artiste de créer des multiples.
Cette assimilation des moyens de reproduction « à plat » éloigne l’estampe de son sens originel, qui incluait l’idée d’empreinte due à un relief. Le terme « estampe » est le plus approprié aujourd’hui pour différencier cette catégorie d’impression, dont l’élément imprimant a été préparé manuellement, de la reproduction, qui est le résultat de procédés photomécaniques et photochimiques. Le mot « estampe » vient de l’italien stampa ou stampare qui signifie imprimer.
L’estampe est définie comme originale lorsque l’élément imprimant (planche en bois, plaque de métal, pierre lithographique etc.) a été réalisée par l’artiste. L’élément imprimant exécuté par un homme de métier, d’après l’œuvre d’un artiste, ne donne lieu qu’à une estampe d’interprétation.
C’est à Anvers que Jérôme Cock crée, vers 1550, la première grande entreprise d’édition d’estampe.
Sommaire
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Fabrication
En Europe et au Japon, traditionnellement, l'artiste ne fait que dessiner la gravure, et la création des planches était confiée à des artisans spécialisés, dont certains pouvaient devenir célèbre par ce métier même. Ces gravures étaient ensuite laissées entre les mains d'imprimeurs. Les blocs vierges eux-mêmes étaient confectionnés par des ouvriers spécialisés.
Il existait plusieurs méthodes pour transférer le dessin d'un artiste sur un bloc avant de tailler ce dernier. Soit le dessin était réalisé directement sur le bloc (généralement sur un fond blanc), ou un dessin sur papier était collé au bloc. De toutes manières, le dessin était détruit lors de la gravure. D'autres méthodes étaient possibles, comme le traçage.
C'est pourquoi les estampes sont parfois dites «dessiné par» plutôt que simplement «par» un artiste, mais il est commun d'ommettre cette distinction. La division du travail offrait l'avantage de permettre à un artiste talentueux d'utiliser ce médium sans nécessairement devoir maîtriser les outils de gravure.Au début du vingtième siècle, certains artistes se mirent à couvrir toutes les étapes de la fabrication.
Méthodes d'impression
Dans le cas de l'estampe réalisée à partir d'un bloc de bois, une faible pression suffit à réaliser l'impression. Simplement encrer et presser fermement sur la surface suffit a un tirage d'une qualité suffisante.
Les méthodes principales sont:
- Par étampe: Utilisée pour les tissus et les estampes les plus anciennes (années 1400) elles étaient réalisées en mettant le papier ou tissu sur une table, et sous la plaque gravée, et en pressant ou frappant cette dernière avec un marteau.
- Par frottement: La méthode la plus commune d'extrême Orient à toute époque, et plus tard en Europe. Assez fréquente pour les tissus aussi, ainsi que pour les estampes modernes. Le bloc est posé face vers le haut, le papier posé par dessus. L'arrière du tissu est frotté avec une palette rigide, une pièce de bois plate ou du cuir. Des mécanismes complexes étaient utilisés au Japon pour maintenir le bloc parfaitement en position et appliquer une pression correcte. Ceci était particulièrement utile quand les estampes polychromes firent leur apparition, et que chaque couleur devait être parfaitement alignée.
- À l'aide d'une presse: Les presses ne furent utilisées en Asie que depuis une époque relativement récente. Les presses firent leur apparition vers 1480 en Europe pour les imprimés et les livres, et avant cela pour les illustrations pour livres. De simples presses empesées étaient peut-être utilisées avant cela, mais la preuve n'en est pas faite. Un abbé de Mechelen, décédé en 1465, possédait «unum instrumentum ad imprintendum scripturas et ymagines ... cum 14 aliis lapideis printis,» c'est à dire «un instrument d'impression de textes et d'images ... avec quatorze pierres pour imprimer», à une époque où une presse du type de Gutenberg avait peu de chances de se trouver à cet endroit.[1]
Histoire
L'estampe a surtout été pratiquée au Japon et en Europe.
En Europe, la xylographie est la technique la plus ancienne pour les imprimés, développée autour des années 1400, en appliquant au papier les techniques d'impression sur le tissu. L'explosion des ventes d'estampes bon marché au milieu du siècle causa une diminution de la qualité, et plusieurs imprimés populaires étaient très grossiers. Michael Wolgermut eut un rôle significatif dans la sophistication des gravures allemandes à partir de 1975, et Erhard Reuwich inventa une nouvelle méthode d'utilisation de l'eau-forte. Ces hommes produisirent surtout des illustrations de livres, tout comme plusieurs artistes italiens qui faisaient de semblables efforts à la même période. Vers la fin du siècle, Albrecht Dürer releva le niveau de l'estampe à un sommet, et popularisa les gravures vendues séparément.
Puisque les estampes peuvent facilement être utilisées en combinaison avec des caractères d'imprimeries, c'était le médium principal pour les livres jusqu'à la fin du seizième siècle. La première illustration de livre réalisée par xylographie date de 1461, quelques années seulement après le début de l'impression avec caractères. L'estampe fut moins utilisée pour les oeuvres individuelles jusqu'au dix-neuvième siècle, quand l'intérêt revint. Cela demeura une méthode importante pour les publications populaires jusqu'au dix-neuvième siècle dans la plus grande partie de l'Europe, et plus tard encore dans certaines régions.
Cet art atteignit un haut niveau de développement technique et artistique en Extrême Orient et en Iran. Au Japon, il fut introduit au dix-septième siècle à la fois pour les livres et les arts. Le genre populaire du ukiyo-e apparaît dans la deuxième moitié du siècle. Ils étaient parfois monochrome ou bichrome et colorés à la main après l'impression. Plus tard, l'impression polychrome fut développée. L'estampe japonaise devint une forme artistique majeure, bien qu'à l'époque elle ne soit pas aussi estimée que la peinture. Elle continua son évolution au cours du vingtième siècle.
En Chine et au Tibet, les images imprimées se limitèrent aux illustrations accompagnant le texte jusqu'aux temps modernes. Le livre imprimé le plus ancien, le «Diamond Sutra» contient une grande image en page couverture, et plusieurs textes boudhistes contiennent des images. Plus tard, certains artistes chinois notables créèrent des estampes pour les livres, mais les impressions séparées ne se sont pas répandues en Chine en tant que courant artistique.
La «Ligne blanche»
Cette technique se rapproche des gravures plus grossières qui ne creusent l'image qu'en lignes minces. La plaque est ensuite imprimée normalement, créant un fond noir et une image blanche. Ce procédé fut inventé au seizième siècle par l'artiste suisse Urs Graf, mais devint populaire au dix-neuvième et vingtième siècle, souvent combinée avec des zones de gravure normale à fond blanc. Félix Vallotton fut le pionnier de ce genre.
Couleur
L'estampe polychrome à l'aide de blocs colorés fut inventée en Allemagne en 1508. Cependant la couleur ne devint pas la norme, comme elle l'était au Japon. Cependant, en Europe comme au Japon, l'estampe colorée était rarement utilisée pour les illustrations de livres.
En Chine, où les estampes individuelles ne se développèrent pas avant le dix-neuvième siècle, l'inverse est vrai, et les estampes en couleurs apparaissent surtout dans des livres de luxe sur l'art, traitant en particulier de la peinture, médium plus prestigieux.
Au Japon, la technique des couleurs, appellée nishiki-e, s'étend dans sa forme pleinement développée, et fut utilisée pour des imprimés à partir de 1760. Le texte était normalement monochrome, tout comme les illustrations de livres, mais la popularité croissante du ukiyo-e créa une demande pour un nombre de couleurs croissant et une plus grande complexité des techniques. Au dix-neuvième siècle, la plupart des artistes travaillait en couleurs. Les étapes de cette évolution furent:
- Sumizuri-e (墨摺り絵, "dessins imprimés à l'encre") - Impression monochrome à l'encre noire
- Benizuri-e (紅摺り絵, "dessins imprimés cramoisis") - Détails à l'encre rouge ou ajoutés à la main après le processus d'impressions. Parfois réalisé en vert.
- Tan-e (丹絵) - Détails oranges utilisant un pigment rouge nommé tan
- Aizuri-e (藍摺り絵, "dessins imprimés indigo"), Murasaki-e (紫絵, "Dessins pourpres"), Et autres styles où une autre couleur est utilisée avec, et non au lieu de, l'encre noire.
- Urushi-e (漆絵) - Une méthode où l'encre est épaissie avec de la colle, et retouchée à l'or, au mica ou d'autres substances. Urushi-e réfère aussi à des peintures utilisant des laques au lieu de peintures. La laque n'était pas utilisée en estampe.
- Nishiki-e (錦絵, "dessins de brocade") - Une méthode impliquand des blocs multiples pour chaque portion de l'image, permettant un nombre de couleurs à utiliser pour parvenir à des images infiniment complexes et détaillées. Un bloc séparé est gravé et appliqué seulement à la partie de l'image lui correspondant. Des marques nommées kentō (見当) étaient utilisées pour le positionnement de chaque bloc.
Estampe moderne
La méthode actuelle est rapide et consiste à protéger les zones d'impression par un métal ou un ciment, et à sabler la surface entière au «sandblaster».
Papier : Unités et mesures
- 1 rame = 500 feuilles
- 1 demi-rame = 250 feuilles
- 1 ramette = 125 feuilles (1/4 de rame)
- 1 main = 25 feuilles (1/20 de rame)
Norme DIN
- A0 : 841 x 1189mm
- A1 : 594 x 881 mm
- A2 : 420 x 594 mm
- A3 : 297 x 420 mm
- A4 : 210 x 297 mm
- A5 : 148 x 210 mm
Format traditionnel
- Couronne : 36 x 46 cm
- Double couronne : 46 x 72 cm
- Coquille : 44 x 56 cm
- Raisin : 50 x 65 cm
- Jésus : 56 x 76 cm
- Double colombier : 90 x 126 cm
Les codes de la gravure
- C : Intaglio printing
- C2 : Copper engraving
- C3 : Etching
- C4: Dry point
- C5 : Aquatint
- C6 :Soft ground
- C7 : Mezzotint
- C8 : Steel engraving
- X : Relief printing
- X1 : Woodcut
- X2 : Wood engraving
- X3 : Linocut
- X4 : Plaster cast
- X5 : Zinc engraving
- X6 : Cardboard engraving
- L : Lithography
- S : Silkscreen
- H : Héliogravure
- M : Monotype
- O : Offset
- Tm : Mixed media
- Comp : Computer
- Acide Nitrique
L'acide nitrique est adapté pour le zinc, le cuivre et le fer. Le bain doit toujours être agité. Les bulles d'oxyde nitrique dégagées doivent être chassées continuellement avec une plume, ou en remuant manuellement le bain dans le cas d'une aquatinte. La force de l'acide peut aller de 1 à 35° Baumé pour le zinc et de 3 à 45° Baumé pour le cuivre. En pratique on mesurera entre 15 et 20° Baumé La force de l'acide peut varier en fonction de la température du bain et de la pression atmosphérique. Le bain s'échauffe également de lui-même en fonction de la quantité de zinc attaquée.
Différentes dilutions d'acide sont commercialisées
- HNO3 fumant. Densité : 1,52 - 50° Baumé
- HNO3 concentré. Densité : 1,42 - 43° Baumé
- HNO3 Densité : 1,38 - 40° Baumé
Dans le cas de l'acide nitrique les relations qui lient la densité au °Baumé sont les suivantes.
- ° Baumé = 145 - (145/densité)
- densité = 145/(145-° Baumé)
La mesure peut être effectuée au moyen d'un pèse-acide (acidimètre - baumemètre).
Voir aussi
- Kawase Hasui
- Katsushika Hokusai
- Chikanobu Toyohara
- Les estampes Japonaises : Ukiyo-e
Liens externes
- http://www.catalogues-rmn.com/chalcographie/html/2/index/index.htm La chalcographie du Louvre - catalogue des estampes
- http://www.kbr.be/collections/estampes/estampes_fr.html Le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque royale de Belgique
- http://elec.enc.sorbonne.fr/estampes/index.htm La collection d'estampes de l'École des Chartes
- http://www.manifestampe.org Site de la fédération nationale de l'estampe en France.
- http://www.nouvellesdelestampe.fr Nouvelles de l'estampe est la seule seule revue française spécialisée dans la gravure française.
- http://www.estampe-japonaise.com Site consacré à l'estampe japonaise (Shinhanga, Kawase Hasui) et à l'art japonais
- http://www.estampe.be
- http://www.estampe.org - Portail généraliste sur l'estampe.
- http://www.michelfillion.com - Site commercial consacré à l'estampe moderne.
- http://www.estampes-japonaises.org - Blog consacré à l'art de l'estampe japonaise.
Références
[1]Hind, Arthur M.. An Introduction to a History of Woodcut. Houghton Mifflin Co. 1935 (in USA), reprinted Dover Publications, 1963, 64-94. ISBN 0-486-20952-0.
Catégories : Imprimerie • Typographie • Document • Source historique
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