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definitions

foi (n.f.)

1.confiance.

2.fait de croire en une doctrine, en une religion.

3.assurance de tenir sa promesse.

fois (n.f.)

1.marque la multiplication (ex. deux fois trois font six).

2.cas où qqch arrive (indique la fréquence d'apparition d'un événement).

 
see also

foi (n.f.)

incrédulité

 
synonyms

fois (nominal)

coup, occurrence

 
phrases
 
analogic tree

foi (n. f.)

N + en + comp

wdn

foi

foi (n. f.)

wdn

foi

foi (n. f.)

wdn

foi

foi (n. f.)

foi (n. f.)

foi (n. f.)

fois (n. f.)

wdn

fois

fois (n. f.)

wdn

fois

fois (n. m.)

wdn

fois

 
le Littré (1880)

FOI (s. f.)

1. Fidélité, exactitude à remplir ses engagements ; et, par extension, assurance, serments, protestations de loyauté.

Si j'en obtiens l'effet, je t'engage ma foi De ne respirer pas un moment après toi (CORN. Cid, III, 4)

Aucun de tes amis ne t'a manqué de foi (CORN. Cinna, III, 4)

Ma foi m'engage ailleurs aussi bien que la vôtre (CORN. Héracl. I, 4)

Mais c'est trop que d'en croire un Romain sur sa foi (CORN. Nicom. II, 3)

Avec beaucoup de foi le traité s'exécute (LA FONT. Fianc.)

Je veux m'abandonner à la foi de ma femme (MOL. Éc. des mar. I, 3)

Cultivez vos amis, soyez homme de foi (BOILEAU Art p. IV)

Si la foi dans son coeur retrouvait quelque place (RAC. Andr. II, 1)

Ta foi dans mon malheur s'est montrée à mes yeux (RAC. ib. IV, 1)

Et moi, si mon devoir, si ma foi ne l'arrête.... (RAC. Bajaz. I, 1)

Je ne reconnais plus la foi de vos discours Qu'au soin que vous prendrez de m'éviter toujours (RAC. Mithr. II, 6)

Quoi ! de quelque côté que je tourne la vue, La foi de tous les coeurs est pour moi disparue (RAC. ib. III, 4)

Ah ! sans doute on s'en peut reposer sur ma foi (RAC. Iphig. III, 6)

Manquant à la foi qu'elle avait donnée à mon père (FÉN. Tél. VII)

Cet esclave chrétien Qui, sur sa foi, seigneur, a passé dans la France (VOLT. Zaïre, I, 3)

Est-ce là cette foi si pure et si sacrée Qu'à mon époux, qu'à moi votre bouche a jurée ? (VOLT. Mér. I, 3)

Charles se défia toujours des promesses du monarque, et se livra à la foi du chevalier (VOLT. Moeurs, 125)

On a déjà vu que la maxime s'était introduite, de ne pas garder la foi aux hérétiques, on en concluait qu'il ne fallait pas la garder aux Mahométans (VOLT. ib. 89)

La foi des traités, des engagements, du serment, des serments, etc. l'assurance que l'on donne de quelque chose par les traités, les engagements, etc.

Il veut que d'un festin la pompe et l'allégresse Confirment à leurs yeux la foi de nos serments (RAC. Brit. V, 1)

Fig. Sur la foi des traités, selon la confiance établie entre les honnêtes gens.

Donner sa foi, faire une promesse solennelle.

Non, seigneur, j'en réponds, et vous donne ma foi Que personne jamais n'aura pouvoir sur moi (MOL. D. Garc. V, 5)

Oui, je vous ai promis et j'ai donné ma foi de n'oublier jamais tout ce que je vous dois (RAC. Bajaz. III, 5)

Jurer sa foi, affirmer par serment.

Jurez-en votre foi (MOL. Mar. f. 2)

Il vous aime très chèrement, il en jure sa foi (SÉV. 381)

Foi de Bohême, la foi que les voleurs se gardent entre eux.

Foi de gentilhomme, foi d'honnête homme, etc. façons de parler dont on use pour attester plus fermement quelque chose.

Foi de, sur ma foi, par ma foi, ma foi, locutions affirmatives de ce qu'on dit ou de ce qu'on avance.

Foi de peuple d'honneur ils lui promirent tous De ne bouger non plus qu'un terme (LA FONT. Fabl. IX, 19)

Quel autre art de penser Aristote et sa suite Enseignent-ils, par votre foi ? (LA FONT. ib. XI, 9)

Il épouse Mademoiselle, ma foi, par ma foi, ma foi jurée (SÉV. 9)

Ma foi ! sur l'avenir bien fou qui se fiera ! (RAC. Plaid. I, 1)

Les précautions n'y font, ma foi, rien (HAMILT. Gramm. 9)

Mais de la maison, ma foi, Le plus beau lit fut pour moi (BÉRANG. Sénat.)

2. Terme de féodalité. Foi et hommage, serment de fidélité que le vassal prêtait entre les mains du suzerain.

Homme de foi, le vassal qui doit foi et hommage.

Terme de blason. Foi se dit de deux mains jointes en signe d'alliance.

Terme de fauconnerie. Laisser aller un oiseau sur sa foi, lui donner plus de filière, pour le réclamer en liberté.

3. Foi conjugale, la promesse de fidélité que les deux époux se font au moment du mariage.

De te garder la foi du mariage (LA FONT. Rich.)

Je sais qu'ils [les sultans] se sont fait une superbe loi De ne point à l'hymen assujettir leur foi (RAC. Bajaz. I, 3)

Consentement au mariage, dans le langage de la poésie et de la prose élevée.

Je le veux de ma main présenter à Chimène, Et que pour récompense il reçoive sa foi (CORN. Cid, IV, 5)

Oui, c'est elle en un mot, dont l'adresse subtile La nuit reçut ta foi sous le nom de Lucile (MOL. le Dép. V, 9)

Le jour où j'obtins sa foi [de ma femme], Un sénateur vint chez moi (BÉRANG. Sénateur.)

4. Bonne foi, qualité de celui pour qui la foi est toujours sacrée, et, plus généralement, la sincérité, la franchise.

Rien n'est si dangereux que trop de bonne foi (CORN. Sertor. IV, 3)

Ne m'allez pas tromper, je vous prie ; il y aurait de la conscience à vous, et vous voyez comme j'y vais à la bonne foi (MOL. D. Juan, II, 2)

L'ardeur de s'enrichir chassa la bonne foi (BOILEAU Épître IX.)

J'ai tenu ma parole, j'ai été ami et ennemi de bonne foi (FÉN. Dial. des morts mod. Richelieu, Mazarin.)

Les princes alliés veulent agir de bonne foi avec nous (FÉN. Tél. XXI)

Nous voudrions savoir si nous sommes de bonne foi revenus à Dieu (MASS. Car. Passion.)

Êtes-vous de bonne foi dans cette résolution ? (MASS. Car. Confess.)

L'évêque du Mans, du Crevy, disait : Je n'ai jamais lu le livre de Quesnel, mais j'en ai entendu dire beaucoup de bien ; et si, par notre acceptation de la bulle, nous avons mis la foi à couvert, nous n'y avons pas mis la bonne foi (DUCLOS Règne Louis XIV, Oeuv. t. v, p. 133, dans POUGENS)

Laisser quelqu'un sur sa bonne foi, le laisser maître de sa conduite, ne pas le surveiller. On laisse ce jeune homme sur sa bonne foi.

On dit dans le même sens : être sur sa bonne foi, sur sa foi.

Autrefois on a dit sous et non sur.

Et le mettre en état, dessous sa bonne foi, De régner en ma place ou de périr pour moi (CORN. Héracl. IV, 1)

Cet homme est fait à la bonne foi, ou il vit à la bonne foi, c'est-à-dire il est assez niais pour se fier aux apparences, ou pour croire tous ceux qui lui donnent des paroles.

Être de bonne foi, être trop confiant.

Ne soyez pas, ma soeur, d'une si bonne foi (MOL. Femmes sav. I, 1)

En jurisprudence, bonne foi, la conviction où l'on est que l'on exerce un droit légitimement, dans les conditions légales. Possesseur de bonne foi, celui qui possède en vertu d'un titre dont il ignore les vices.

En bonne foi, de bonne foi, manière d'en appeler à la franchise, à la justice.

En bonne foi, crois-tu, sans t'éblouir les yeux, Avoir de grands sujets de paraître joyeux ? (MOL. Mis. III, 1)

De bonne foi, voulez-vous que Dieu oublie les crimes ? (MASS. Car. Pardon.)

Je demande en bonne foi si cette espèce d'héroïsme est comparable à celui de Caton, de Cassius (VOLT. Olympie, remarque de l'acte V)

De bonne foi, en bonne foi, sincèrement.

C'est-à-dire que cette grâce suffit, quoiqu'elle ne suffise pas ; c'est-à-dire qu'elle est suffisante de nom et insuffisante en effet ; en bonne foi, cette doctrine est subtile (PASC. Prov. 2)

De bonne foi, madame, répliquai-je, je n'en sais rien (FONTEN. Mondes, 2e soir.)

On dit dans le même sens : de la meilleure foi du monde. Il vous assure cela de la meilleure foi du monde.

Mauvaise foi, déloyauté, absence de franchise, de sincérité. La mauvaise foi de ce débiteur. Homme de mauvaise foi. La mauvaise foi d'un récit.

Faire provision de quelques dés de mauvaise foi (HAMILT. Gramm. 3)

Il se dit de même en jurisprudence. Possession de mauvaise foi. C'est à celui qui allègue la mauvaise foi à la prouver.

5. Valeur du témoignage rendu, véracité.

Certainement nous ferions difficulté de croire ces choses sur la foi d'autrui (BALZ. liv. II, lett. 1)

Ordinairement ils [les catholiques] négligent trop les livres de controverse ; appuyés sur la foi de l'Église, ils ne sont pas assez soigneux de s'instruire dans les ouvrages où leur foi serait confirmée, et où ils trouveraient les moyens de ramener les errants (BOSSUET Confér. avec Claude, avertissement.)

Je puis attester ici la foi publique : ceux qui eurent besoin de son secours trouvèrent-ils jamais entre eux et lui des barrières impénétrables ? (FLÉCH. Lamoignon.)

Attribuant tout le succès de cette négociation au sophiste Libanius contre la foi de l'histoire et contre le témoignage des auteurs contemporains (FLÉCH. Hist. de Théod. III, 85)

Faire foi, prouver, témoigner. Acte qui fait foi en justice.

[Ils] Nous content qu'ils sont fils d'Hercule Sans toutefois en faire foi (MALH. VI, 8)

Je le repousserai d'un air qui fera foi Qu'on ne doit pas manquer de respect à son roi (TRISTAN Mariane, II, 5)

Oui, je veux que de tout vos yeux vous fassent foi (MOL. Mis. III, 7)

Mon Dieu ! laissons là le mérite ; J'en ai fort peu sans doute et vous en faites foi (MOL. Tart. II, 4)

Les histoires grecques font foi que cette philosophie venait d'Orient (BOSSUET Hist. II, 5)

Dans les champs phrygiens les effets feront foi Qui la chérit le plus ou d'Ulysse ou de moi (RAC. Iphig. I, 2)

L'état où il paraissait, son sang, ses plaies faisaient foi pour lui (ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. III, p. 71, dans POUGENS)

Qui croirait qu'il lui en coûta [à Henri IV] trente-deux millions numéraires de son temps pour payer les prétentions de tant de seigneurs ? les mémoires du duc de Sully en font foi (VOLT. Moeurs, 174)

Dans le langage des certificats. En foi de quoi j'ai signé le présent certificat, c'est-à-dire pour attester telle chose j'ai signé.

Fig.

Sur la foi de, en se confiant, en croyant à.... Sur la foi de ses pleurs je n'ai rien craint de vous (CORN. Rodog. v, 4)

Et nous qui jugeons tout sur la foi de nos yeux (CORN. Sertor. III, 2)

Le plus sage s'endort sur la foi des zéphyrs (LA FONT. Él. aux nymphes de Vaux.)

Sur la foi de ses pleurs ses esclaves tremblèrent (RAC. Bajaz. I, 1)

Et qui ne se serait comme moi déclarée Sur la foi d'une amour si saintement jurée ? (RAC. Andr. II, 1)

Un roi dont la grandeur éclipsa ses ancêtres Crut pourtant, sur la foi d'un confesseur normand, Jansenius à craindre et Quesnel important (VOLT. Loi nat. IV)

réance que l'on accorde aux hommes ou aux choses.

Je doutais qu'un secret n'étant su que de moi Sous un tyran si craint pût trouver tant de foi (CORN. Hérac. II, 6)

Quiconque le peut croire ainsi que vous et moi, S'il a manque de sens, n'a pas manque de foi (CORN. le Ment. III, 2)

Venez, divin mortel, sa [de Démocrite] folie est extrême ; Hippocrate n'eut pas trop de foi pour ces gens (LA FONT. Fabl. VIII, 26)

Beaucoup de gens ont une ferme foi Pour les brevets.... (LA FONT. Orais.)

Quoiqu'à leur nation bien peu de foi soit due (MOL. l'Ét. II, 13)

Mais je n'ai point pris foi sur ces méchantes langues (MOL. Éc. des f. II, 6)

Mme de Montmorenci avait dans Bordeu une foi dont son fils finit par être la victime (J. J. ROUSS. Conf. XI)

J'ai foi à vos discours où le mensonge n'entre pas (P. L. COUR. au rédacteur de la Quotidienne)

Ajouter foi, et, quelquefois, prêter foi, croire, donner créance.

À Phorbas ajouteriez-vous foi ? (CORN. Oedipe, IV, 2)

Ils ajoutaient foi aux fausses prédictions (BOSSUET Hist. II, 8)

À ces discours trompeurs le monde ajoute foi (BOILEAU Sat. XI)

Avoir foi en soi-même, croire en soi, être plein de confiance dans son habileté, son succès, etc.

Il se trouble à l'éclat de sa grandeur suprême, Il s'impose, il s'adore, il a foi dans lui-même (C. DELAV. Paria, I, 2)

En foi, en confiance.

Si l'on vous presse d'aller à Paris, marchez en foi (BOSSUET Lett. Corn. 65)

6. Croyance aux dogmes de la religion. Les premiers disciples de la foi. La propagation de la foi.

Qui fuit croit lâchement et n'a qu'une foi morte (CORN. Poly. II, 6)

Il est impossible de plaire à Dieu sans la foi ; car, pour s'approcher de Dieu, il faut croire premièrement qu'il y a un Dieu (SACI Bible, St Paul, Ép. aux Hébr. XI, 6)

Combien aura-t-il plus de soin de vous vêtir, ô homme de peu de foi ! (SACI Bible, Év. St Matthieu VI, 30)

Si jamais l'on peut dire que la voie du chrétien est étroite, c'est, messieurs, durant les persécutions ; car que peut-on imaginer de plus malheureux que de ne pouvoir conserver la foi, sans s'exposer au supplice, ni sacrifier sans trouble, ni chercher Dieu qu'en tremblant ? (BOSSUET Reine d'Anglet.)

Nous voyons en Louis non un roi, mais un serviteur de Jésus-Christ et un prince qui s'élève au-dessus des hommes plus encore par la foi que par sa couronne (BOSSUET Marie-Thér.)

Les gages de l'amour divin, en eux-mêmes, sont indépendants de notre foi ; seulement il faut notre foi pour en profiter (BOSSUET Var. IX, § 32)

Pour être assuré d'avoir cette foi vive qui opère la véritable conversion du coeur, il faudrait être assuré que le péché ne règne plus en nous (BOSSUET ib. I, § 16)

Une foi vive est le fondement de la stabilité que nous admirons ; car d'où viennent nos inconstances, si ce n'est de notre foi chancelante ? (BOSSUET Marie-Thér.)

La foi est donc un soutien, mais des choses qu'on doit espérer ; c'est une pleine conviction de ce qui ne paraît pas (BOSSUET ib.)

Mais qui eût pu refuser l'eucharistie à l'innocence, et Jésus-Christ à une foi si vive et si pure ? (BOSSUET ib.)

Siècle vainement subtil.... où tant d'âmes insensées cherchent leur repos dans le naufrage de la foi, et ne font d'effort contre elles-mêmes que pour vaincre, au lieu de leurs passions, les remords de leur conscience (BOSSUET Ann. de Gonz.)

Croyons donc avec saint Jean en l'amour d'un Dieu ; la foi nous paraîtra douce, en la prenant par un endroit si tendre (BOSSUET Anne de Gonz.)

Il faut imposer silence à nos pensées, à nos discours et à notre raison, et entrer avec Moïse dans la nuée, c'est-à-dire dans les saintes ténèbres de la foi, pour connaître Dieu et ses vérités (BOSSUET 1er serm. Quinquag. 1)

Il est essentiel à la foi de ne pas voir et de croire ce qu'on ne voit pas (BOURD. Pens. t. I, p. 156)

De même que la foi vivifie les oeuvres, on peut dire que les oeuvres vivifient la foi (BOURD. ib. p. 178)

Le concile de Trente, voulant nous donner une idée exacte de la foi, s'est servi de trois paroles bien remarquables, lorsqu'il nous déclare que la foi est le commencement, le fondement et la racine de notre justification (BOURD. 3e dim. après l'Épiph. Dominic. t. I, p. 133)

La nation chérie a violé sa foi (RAC. Esth. I, 4)

La foi qui n'agit point est-ce une foi sincère ? (RAC. Ath. I, 1)

Armez-vous d'un courage et d'une foi nouvelle ; Il est temps de montrer cette ardeur et ce zèle Qu'au fond de votre coeur mes soins ont cultivés Et de payer à Dieu ce que vous lui devez (RAC. ib. IV, 2)

Je dis que la foi est absolument nécessaire à l'homme dans les voies ténébreuses de cette vie (MASS. Car. Vér. de la religion.)

Les Asiatiques ne peuvent croire que par la foi le voyage de Mahomet dans les sept planètes, les incarnations du dieu Fo, de Vitsnou, de Xaca, de Brama, de Sommonacodom (VOLT. Dict. phil. Foi.)

Le dieu des humbles fois descend du ciel sur nous (LAMART. Joc. VI, 230)

Fig.

Je ne pouvais croire qu'il fût possible qu'elle [Mlle de Rambouillet] eût rencontré à écrire si bien de cette sorte [dans le style des romans de chevalerie], n'ayant jamais lu de cette manière de livres ; mais c'est par foi qu'il faut la connaître, et non pas par raison (VOIT. Lett. 30)

Planter la foi dans un pays, y introduire la religion chrétienne.

Avoir la foi, être convaincu de la vérité d'une religion, et, en particulier, de la religion chrétienne.

Vous vous convertiriez si vous aviez la foi (MASS. Avent, Délai.)

Quand on a de la foi et qu'on est touché de la gloire de Dieu (MASS. Carême, Mélange.)

Foi divine, celle qui est fondée sur la révélation ; foi humaine, celle qui est fondée sur le témoignage des hommes.

Foi de saint Thomas, celle qui ne s'accorde que quand on a vu et touché, ou reconnu vrai par quelque épreuve, par allusion à Thomas, qui dans l'Évangile ne veut croire à Jésus ressuscité que quand il l'a touché.

Voilà de ces cas où il ne faut avoir de foi que celle de saint Thomas, et demander à voir et à toucher (VOLT. Lett. duch. de Hesse-Cassel, 14 mai 1754)

La foi, avec l'espérance et la charité, est une des trois vertus théologales.

Le mérite de la foi, le mérite qu'il y a à croire les mystères de la religion, sans y employer la raison ou la science.

Comme le mérite de la foi est de nous faire espérer contre l'espérance même.... (BOURDAL. Carême, sur la Providence.)

On dit que Fra Paolo ne voulut pas jeter les yeux sur le livre d'un de ses amis qui démontrait la vérité des dogmes pour ne pas perdre le mérite de la foi (VOLT. Lett. Constant de Rebecque, le.... 1773)

La foi du charbonnier, foi ferme, mais sans science. On tire ce proverbe d'un conte : un charbonnier, étant enquis par le diable de ce qu'il croyait, lui répondit toujours : je crois ce que l'Église croit.

La foi du centenier, la foi du charbonnier sont passées en proverbe ; je suis soldat et bûcheron, c'est comme charbonnier (P. L. COUR. Lett. à l'Acad. des inscr.)

Familièrement. N'avoir ni foi ni loi, n'avoir ni religion ni morale.

Un coupe-gorge où il n'y a ni foi ni loi (SÉV. 597)

Qui méprise Cotin n'estime point son roi, Et n'a, selon Cotin, ni dieu, ni foi, ni loi (BOILEAU Sat. IX.)

7. L'objet de la foi, les dogmes d'une religion, cette religion même.

Ses aumônes se répandaient de toutes parts jusqu'aux dernières extrémités de ses trois royaumes ; et, s'étendant, par leur abondance, même sur les ennemis de la foi, elles adoucissaient leur aigreur et les ramenaient à l'Église (BOSSUET Reine d'Anglet.)

Nous croyons, dit l'apôtre, et nous confessons l'amour que Dieu a pour nous ; c'est là toute la foi des chrétiens ; c'est la cause et l'abrégé de tout le symbole (BOSSUET Anne de Gonz.)

Il reste la foi qui est la plus noble de toutes les connaissances, parce qu'elle a l'autorité de la révélation (FLÉCH. II, 156)

Il [Théodose] ordonnait que la foi de Nicée fût généralement reçue et approuvée dans toute l'étendue de son empire (FLÉCH. Hist. de Théod. II, 1)

Il est de foi que tous ceux qui ne vivront pas dans la vigilance chrétienne, seront surpris par une ruine prompte et inévitable (FÉN. t. XVII, p. 208)

Il lisait beaucoup sur les matières de religion, car sa piété était éclairée, et il accompagnait de toutes les lumières de la raison la respectable obscurité de la foi (FONTEN. Dodart.)

Martyr, ainsi que moi, de la foi de mes pères (VOLT. Zaïre, II, 3)

Profession de foi, exposition des dogmes ou principes que l'on tient pour orthodoxes.

Profession de foi a passé dans le langage général, où il signifie toute déclaration de principes auxquels on adhère, et, particulièrement, la déclaration qu'un candidat fait de ses opinions, de ses principes. Il a envoyé aux électeurs sa profession de foi.

Règle de foi, s'est dit quelquefois, dans le langage ecclésiastique, pour profession de foi. On a dit aussi confession de foi.

Articles de foi, les différentes parties d'un symbole, d'une profession de foi.

Familièrement. Croire une chose comme un article de foi, la croire fermement.

Croire tout comme article de foi, être fort crédule.

Fig. Ce n'est pas article de foi, se dit d'une chose indigne de croyance.

8. Armée de la foi, bandes espagnoles qui se formèrent en 1820 pour renverser la constitution de 1812, et défendre le roi et la foi.

M. le maire est le télégraphe de notre commune ; en le voyant on sait tous les événements ; lorsqu'il nous salue, c'est que l'armée de la foi a reçu quelque échec (P. L. COUR. Gazette du village, n° 4)

9. Ancien terme d'optique. Ligne de foi, la ligne, qui, partant du centre de l'objet, tombe perpendiculairement sur le centre du verre de la lunette avec laquelle on le regarde.

Terme d'horlogerie. La ligne de l'alidade qui passe toujours par le centre de la graduation (voy. LIGNE n° 15).

HISTORIQUE

XIe s.Serai ses hom par amor et par feid (Ch. de Rol. VI)Que l'uns à l'autre la sue feit plevist [engageât] (ib. XXX)

XIIe s.Par foi [par ma foi] (Ronc. p. 25)Par ma foi, Guenes, vous avez blasme grant (ib. p. 181)Il boissa [trompa] le roi Charle et sa foi lui menti (ib. p. 192)Onques [je] ne chantai faintement ; Ma bone foi m'en a gardé (Couci, p. 121)Se vostre home vous veulent par droite foi aidier (Sax. VI)L'arcevesque respunt senz ire e senz desrei ; Richarz, tu es mis huem : si me deis porter fei (Th. le mart. 51)

XIIIe s.Cil jurerent seur sains le message à tenir en bonne foi (VILLEH. LV)Je vous pri sur la foy que vous m'avez jurée (Berte, XV)De foy et de creance enterine et meüre (ib. XLII)Dame, foy que je doi au cors saint Nicolas, Berte est la mieudre ouvriere.... (ib. LVII)Je lo [conseille] en bonne foy que nous nous en aillons (ib. LXXVII)Je n'i sui pas tenus, s'on ne me fet foi que li escrit sunt perdu.... (BEAUMANOIR XL, 32)Et qui edefie en heritage qu'il tient par cause de male foi, cil qui par bone cause le gaaigne, a les edefices sans riens rendre (BEAUMANOIR XX, 3)Noz avons veu apeler de foi mentie (BEAUMANOIR LXI, 63)Nus hom ne puet [peut] venir à beatitude se par foi non (BRUN. LATINI Trésor, p. 461)

XIVe s.Nus ne quens [comte] ne bers [baron] ne autres ne puet donner son homme de foi [vassal], se n'est à son frere ou à sa suer (Ordonn. t. I, p. 204)

XVe s.Et firent les princes et seigneurs leur foy humblement les genoulx à terre (COMM. V, 18)

XVIe s.L'ancienneté de l'Escriture n'est pas de petite importance, pour nous y faire adjouster foi (CALV. Inst. 38)Cela ne blesse en rien nostre foi (CALV. ib. 103)La foi souvent vaut autant à dire comme saine et pure doctrine quant à la religion (CALV. ib. 429)La foy est une vision des choses qui ne se voyent point (CALV. ib. 321)Foy morte [sans oeuvres] (CALV. ib. 642)Je me fie aysement à la foy d'aultrui (MONT. I, 26)Observer la foy donnée (MONT. I, 27)[Témoins] dignes de foy (MONT. I, 202)Ils enregistrent, à la bonne foy, toutes choses sans chois (MONT. II, 110)Il n'a rien desguisé, de quoy font foy les libres jugements que.... (MONT. II, 112)Possesseur de malle foi ne peut prescrire (LOYSEL 730)Les vices qui ont pris pied ne s'en vont point (comme on dit) à la bonne foy ; il faut les pousser dehors (LANOUE 104)On remarquera quelques evenements qui font foy que ce que j'ay mis en avant n'est pas impossible (LANOUE 316)Je n'estois pas sur mes armes, je n'avois qu'une petite foi de gentilhomme [petit couteau qui attestait la noblesse par le droit de sortir armé] (D'AUB. Faen. II, 3)Je lui appris à parler de la gorge, à peigner ses cheveux, à dire : ma foy hay, au lieu de ma foy (D'AUB. Conf. II, 1)Fiefs nobles escheuz à gens roturiers par succession directe, se departent par teste jusqu'à ce qu'ils viennent à la tierce foi [c'est-à-dire à la troisième génération] ; et quand ils sont en tierce foy, y prend l'ainé tel avantage comme font les gens nobles (Coust. génér. t. II, p. 277)

ÉTYMOLOGIE

Berry, foué ; pic. et lorrain, fi ; franccomt. fay ; provenç. espagn. et portug. fe ; ital. fede ; du latin fides, de même radical que le verbe grec traduit persuader.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

FOI.

10. Ligne de foi, voy. LIGNE, n° 15, où ce qu'est la ligne de foi est mieux expliqué.

11. En termes juridiques, faire foi à, accorder pleine confiance à.

Attendu qu'A.... et Ce, banquiers à Boulogne, attestent ces faits, et ajoutent que les titres appliqués à D.... sont toujours restés depuis dans leur caisse ; qu'il y a lieu de faire foi à cette déclaration et d'admettre la continuité de possession à D... (Gaz. des Trib. 25-26 janv. 1875, p. 81, 4e col.)

FOI et FOIBLE et FOIBLESSE et FOIBLIR

Voy.

FAIBLE

,

FAIBLESSE

,

FAIBLIR

.

FOIS (s. f.)

1. Terme par lequel on considère un cas, un fait, une vicissitude dans leur unité ou dans leur réitération. Une fois par an. Combien de fois ne vous l'ai-je pas dit ? On l'en a averti quantité de fois. J'ai lu ce livre plus de fois que vous ne pensez. J'ai lu ce livre tant de fois que je le sais presque par coeur.

Je vois bien que les anciens cardinaux prennent une grande autorité sur les derniers reçus, puisque, vous ayant écrit beaucoup de fois sans avoir reçu une de vos lettres, vous vous plaignez de ma paresse (VOIT. Lett. 10)

Cela est merveilleux, qu'une personne qui n'écrit qu'en quatre ans une fois, le fasse de sorte, quand elle l'entreprend, qu'il semble qu'elle y ait toujours étudié, et que, durant tout ce temps, elle n'ait pensé à autre chose (VOIT. ib. 54)

Tentons une autre fois la faveur de son eau (ROTR. Herc. mour. IV, 2)

Il faisait infinies fois des prières séditieuses (BOSSUET Var. 10)

Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'Amurat, après cette victoire, retourna dans sa solitude, qu'il abdiqua une seconde fois la couronne, qu'il fut une seconde fois obligé de la reprendre pour combattre et pour vaincre (VOLT. Moeurs, 89)

On a cherché bien des fois quel était le meilleur.... (DUCLOS Consid. sur les moeurs. XIV)

Voici la première fois de ma vie où j'ai pu vous écrire sans crainte (J. J. ROUSS. Hél. VI, 6)

Je l'ai déjà dit, c'était de l'amour cette fois, et l'amour dans toute son énergie et toutes ses fureurs (ID. Conf. IX)

Je n'entends pas de fois les airs ravissants et mélancoliques d'un rossignol caché sous un feuillage que je ne sois tenté de croire.... (BERN. DE ST-PIERRE Étude 1)

Ne se pas faire dire une chose deux fois, se hâter de la faire, soit par désir, soit par crainte.

L'Espagnol ne se fit pas dire la chose deux fois (SCARR. Rom. com. I, 9)

Et que, si d'un malheur il ne veut être cause, Il ne se fasse pas deux fois dire une chose (MOL. Éc. des maris, II, 11)

Dans le même sens : Il ne faut pas, il ne faudrait pas le lui dire deux fois, il se hâterait de profiter de la permission, etc.

Une fois, deux fois, se dit dans les enchères. À cent francs, ce meuble, une fois, deux fois.

Par extension dans l'usage ordinaire. Une fois, deux fois, trois fois ; encore une fois ; pour la dernière fois ; expressions par lesquelles on insiste, on enjoint.

Ah çà ! une fois, deux fois, en voulez-vous, n'en voulez-vous pas ? La Beauce avait jadis des monts en abondance.... Et messieurs les Orléanois Dirent au Sort, tous d'une voix, Une fois, deux fois et trois fois, Qu'il eût à leur ôter la peine De monter, de descendre et remonter encor (LA FONT. Lettre VII)

La charité, encore une fois, n'est point une vertu oisive et abstraite (BOURDAL. 12e dim. après la Pentec. Domin. t. III, p. 319)

Par exagération. Vingt fois, cent fois, cent et cent fois, mille fois, mille et mille fois, plus de vingt, de cent, de mille fois, c'est-à-dire fort souvent, un très grand nombre de fois.

Hermione elle-même a vu plus de cent fois Cet amant irrité revenir sous ses lois (RAC. Andr. I, 1)

Vingt fois depuis huit jours J'ai voulu devant elle en ouvrir le discours (RAC. Bérén. II, 2)

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse et le repolissez (BOILEAU Art p. I)

2. Dans le langage poétique ou élevé.

Ô jour trois fois heureux (RAC. Esth. I, 1)

Heureux, cent fois heureux, ceux que Laubardemont faisait condamner à huis clos par ordre de Son Éminence ! ils étaient opprimés, mais non déshonorés (P. L. COUR. Réponse aux anonymes, n° 1)

3. Il se dit particulièrement de quantités qu'on répète ou qu'on multiplie ou que l'on compare à d'autres. Deux fois trois font six. Quatre pris quatre fois donne seize. Le nombre de fois qu'une quantité est renfermée dans une autre. Ce corps est une fois plus long que l'autre. J'ai fait deux fois plus, deux fois moins, deux fois autant de chemin que vous.

Combien la moisissure est-elle contenue de fois dans le cèdre, la mite dans l'éléphant, la puce d'eau dans la baleine, un grain de sable dans le globe de la terre, un globule de lumière dans le soleil ? (BONNET Consid. corps org. Oeuv. t. v, p. 205, dans POUGENS.)

Fig. Avoir deux fois, cent fois raison, être parfaitement assuré de son fait.

Ne critiquez Corneille que lorsque vous aurez deux fois raison (D'ALEMB. Lett. à Voltaire, 27 janv. 1762)

4. Une fois, une fois pour toutes, une bonne fois, c'est-à-dire décidément, définitivement. Je tiens à ce que j'ai une fois résolu. Si une fois je parviens à le découvrir.

Et si le diadème une fois est à nous (CORN. Nicom. I, 5)

Soupirant une bonne fois pour n'avoir pas à y retourner sitôt, elle commença ainsi son histoire (SCARR. Rom. com. II, 3)

Pour y mettre un bon ordre, une bonne fois pour toutes (SÉV. 395)

Je vous prie de vous désabuser une fois pour toutes de la pensée où vous êtes (BOSSUET Lett. abb. 71)

Parlez franchement à ces messieurs une fois pour toutes (MAINTENON Lett. au card. de Noailles, 21 déc. 1701)

Cependant voulez-vous qu'avec moins de contrainte L'un et l'autre une fois nous nous parlions sans feinte ? (RAC. Brit. I, 2)

Si ma fille une fois met le pied dans l'Aulide, Elle est morte.... (RAC. Iphig. I, 1)

Pour confondre une bonne fois une erreur si universelle (MASS. Carême, Samar.)

Vingt fois, cent fois, mille fois pour une, se dit d'une chose qu'on a été trop souvent obligé de faire ou de dire. Je vous ai dit cela cent fois pour une, et il faut encore que je vous le répète ?

5. Avec par.

Vous m'avez par deux fois rendu le diadème (CORN. Pomp. IV, 3)

Les ombres par trois fois ont obscurci les cieux Depuis que le sommeil n'est entré dans vos yeux (RAC. Phèdre, I, 3)

6. Avec à.

C'est elle, et je me rends, monsieur, à cette fois (CORN. Ment. III, 5)

Mes pareils à deux fois ne se font pas connaître (CORN. Cid, II, 2)

Elle retire ses chers enfants, et confesse à cette fois que, parmi les plus mortelles douleurs, on est encore capable de joie (BOSSUET Reine d'Anglet.)

Elle se montre au monde à cette fois, mais ce fut pour lui déclarer qu'elle avait renoncé à ses vanités (BOSSUET Anne de Gonz.)

Race infidèle, me connaissez-vous à cette fois ? suis-je votre roi, suis-je votre juge, suis-je votre Dieu ? (BOSSUET ib.)

La frayeur les emporte ; et, sourds à cette fois, Ils ne connaissent plus ni le frein ni la voix (RAC. Phèdre, V, 6)

Je ne me souviens plus du tout des vers de Cartouche, et tu me les enverras à la première fois (MIRABEAU dans BESCHERELLE, à l'article à)

Fig. À deux fois, loc. adv. Avec attention, avec réserve, avec lenteur. Y regarder à deux fois, bien réfléchir, ne pas se hasarder en une affaire périlleuse.

N'en pas faire à deux fois, ne pas hésiter.

Courtin n'en fit pas à deux fois, il rendit du sien ce qu'il crut avoir imposé de trop à chaque paroisse (SAINT-SIMON 42, 237)

7. Avec pour. Cela est bon pour une fois. Nous nous vîmes alors pour la première fois.

Soleil, je viens te voir pour la dernière fois (RAC. Phèdre, I, 3)

Pour une fois, dans une phrase négative, signifie que la chose est arrivée plus d'une fois.

Ce n'est pas pour une fois que des solitaires, que des pénitents, que des justes se sont pervertis.... (BOURD. Pensées, t. I, p. 114)

Cela [une pluie d'étoiles filantes] n'a pas été vu pour une fois à la Chine ; j'ai trouvé cette observation en deux temps assez éloignés (FONTEN. Mondes, 6e soir.)

8. Par fois : on écrit aujourd'hui parfois (voy.

ce mot

8. ).

9. D'autres fois, en d'autres moments. Il est gai d'ordinaire, mais, d'autres fois, il est abattu.

10. Une fois, jadis.

Il était une fois un roi et une reine qui.... Enfants, il était une fois Une fée appelée Urgande (BÉRANG. Petite fée.)

Il signifie aussi dans une certaine occasion, à une certaine époque. J'étais une fois à lire, lorsque.... Une fois que je passais près de lui, il m'appela.

11. Toutes les fois que ou à toutes les fois que, aussi souvent que.

On sentira qu'à toutes les fois que le coeur s'accourcira, il pressera le doigt (DESC. Foetus.)

Telle a été depuis le commencement du seizième siècle la situation de la France, que, toutes les fois qu'elle a été en guerre, il a fallu combattre à la fois vers l'Allemagne, la Flandre, l'Espagne et l'Italie (VOLT. Louis XIV, 12)

12. Une fois que, loc. conj. Dès que, aussitôt que. Une fois que je serai parti.

Par ellipse. Une fois parti, je ne reviendrai plus.

On dit dans le même sens : dès qu'une fois, lorsqu'une fois. Dès qu'une fois j'aurai le livre, je le lirai. Lorsqu'une fois il se met à raconter ses campagnes, il ne finit plus.

13. De fois à autre, loc. adv. De temps à autre. Il vient me voir de fois à autre.

14. À la fois, tout à la fois, loc. adv. En même temps, ensemble.

Ce jour nous fut propice et funeste à la fois (CORN. Hor. I, 2)

Et mon coeur, qui doit tout et ne voit rien permis, Souffre tout à la fois deux tyrans ennemis (CORN. Oedipe, IV, 5)

Il mange, il conte, il plaisante, il interrompt tout à la fois (LA BRUY. V)

Et je cours vous venger Et punir à la fois le cruel stratagème Qui s'ose de mon nom armer contre vous-même (RAC. Iphig. III, 6)

Nous ne sommes pas comme les anciens Romains, qui étaient à la fois guerriers, jurisconsultes et philosophes (VOLT. Lett. Damilaville, 23 nov. 1767)

Quelque grande que soit la pluie, un petit oiseau n'en reçoit qu'une goutte à la fois (BERN. DE ST-PIERRE Chaum. indienne.)

15. Toutes fois et quantes, toutes et quantes fois, locution vieillie qui signifie toutes les fois que....

PROVERBES

Une fois n'est pas coutume.

Qui donne promptement donne deux fois.

Il n'y a que la première fois qui coûte.

REMARQUE

Le substantif fois ne peut jamais être employé avec l'article sans qu'il y ait un adjectif entre ces deux mots. L'adjectif tout est le seul qui ne se mette pas à cette place ; on le met devant l'article. Les phrases suivantes doivent donc être condamnées : Songez aux fois où il vous a battu ; Je suis des fois obligé de me fâcher. Il faut : Songez aux nombreuses fois où il vous a battu ; Je suis certaines fois obligé de me fâcher. Cependant, comme ici c'est une affaire d'usage et non de grammaire, on pourrait dire, correctement, mais d'une façon moins usitée : Songez aux fois qu'il vous a battu. J'ai marqué les fois qu'il est venu.

HISTORIQUE

XIe s.Guenes respont : ne vous à ceste feiz ... (Ch. de Rol.)

XIIe s.Trois fois [il] le point ; cil [le cheval] cort par tel vigor.... (Ronc. p. 54)N'en soufrist plus à icele foiée (ib. p. 118)Par tantes foiz [j'] ai esté assailliz Que je n'ai mais pooir de moi defendre (Couci, v)Set feiedes en jur, loenge [je] dis à tei (Liber psalm. p. 197)De la geste Francor [j'] orrai à la foïe (Sax. VII)À mon pooir [je] vous ai conseillé mainte fie Et encor vous conseil.... (ib. XX)

XIIIe s.De lui [il] ne se voloit nule fois esloigner (Berte, XIX)En Hongrie en [pour cela] alerent messagier par deus fois (ib. LXI)Mainte fois [j'] en ai puis à lui raison tenue [parlé] (ib. CXXIV)Chascuns me bati sa foiée [à son tour], Tant que l'eschine ai peçoiée [mise en pièces] (Ren. 18831)Toutes les fois c'Adam feri En la mer, que beste en issi, Cele beste s'i retenoient, Quele que fust, et aprivoient (la Rose, v. 98)Ours ne lion n'est ne beste sauvage Qui, tel foiz est, ne fraigne son vouloir De faire mal et ennui et domage (Eust. le peint.)Li bastart qui sont né en mariage, sont à le [la] fois [par fois] prové en le [la] maniere que noz deismes dessus, et à le [la] fois en autre maniere (BEAUMANOIR XVIII, 14)Car li Turc ierent [étaient] jà el val de l'Escoler, Par dis fies cent mile, tant les peut-on esmer [estimer] (Ch. d'Ant. VI, 1082)

XIVe s.Il avient qu'il aloit une foiz tout seul par un bois (ORESME Eth. 44)Un malvais home fera plus de mal dis mille fois que une malvaise beste (ORESME ib. 208)Acneter à une fois conjoinctement quatre cens livrées de terre (DU CANGE auxilium)Va s'ent Pietres li rois tout seul sans compaignie Par dessus Passefer [son cheval] qui.... Celui jour lui sauva par quatre fois la vie (Guesclin. 15087)

XVe s.Une fois perdoient, le plus gagnoient [ils perdaient quelquefois et le plus souvent gagnaient] (FROISS. II, II, 29)Mais allez ailleurs impetrer benefice, car de mon heritage vous n'aurez nient, et une fois pour toutes je vous le defends (FROISS. II, III, 22)Ce croquart chevauchoit une fois un jeune coursier fort embridé (FROISS. I, I, 325)Au voir dire et raconter, c'estoit grand'merveille de ce qu'ils faisoient [les pillards en campagne] ; ils espioient, telle fois estoit, et bien souvent, une bonne ville ou un bon chastel, une journée ou deux loin ; et puis s'assembloient vingt ou trente brigands.... (FROISS. I, I, 324)Et firent si grand bruit de corner de leurs grands cors, tout à une fois, et de huer après, tout à une voix, que.... (FROISS. I, I, 42)Si maintenant se partent à bon marché de nous, une autre fois retourneront-ils par autre parti en nos mains ; si payeront lors une fois pour toutes (FROISS. II, III, 13)En son dangier [pouvoir] passer ainsi convient, Et tost ou tard chacun sa fois [son tour] y vient (ALAIN CHART. Débat des 2 fortunes.)Et y eut aucuns qui dirent lors : regardez ce bon enfant Daulphin, qui met sa cornette en forme que les Armaignacs le font, il nous courroucera une fois (JUVÉN. Charles VI, 1413)C'est assez, troupe honorable, De ces gentils chants virois ; Il fault se lever de table, Le reste en une aultre fois (BASSELIN Vau de Vire, 14)À l'appetit le plus des fois [le plus souvent] de ceux qui ne l'ont point desservy [mérité] (COMM. V, 18)Elle ne laissa pas de leur bailler toujours audience, chacun à sa fois, puisqu'ils la requeroient (LOUIS XI Nouv. XXXIII)

XVIe s.Il y en a trois fois autant (MONT. I, 182)Ils sacrifierent cinquante hommes tout à la fois (MONT. I, 229)Ce à quoi les plus hardis penseroient à deux fois (MARG. Nouv. XVI)La carpe demenoit la queue fois à fois (DESPER. Contes, XXXVII)J'ay basty une cité qui en gloire et en grandeur d'empire sera une fois la premiere du monde (AMYOT Rom. 45)Il ne luy fournissoit argent que bien escharsement et bien peu à la fois (AMYOT Péric. 68)Quand ils estoient une fois tumbez en la fange, ilz ne se pouvoient jamais plus relever (AMYOT Timol. 38)Ilz se vindrent joindre aux Insubriens, qui estoient plusieurs fois autant (AMYOT Marcell. 6)

ÉTYMOLOGIE

Wallon, fèie ; nam. fîe ; Hainaut, fos, fau ; dauph. veï ; provenç. vetz, vegada, voguada, fetz ; espagn. et portug. vez ; ital. vece. Le provencal et le vieux français présentent deux formes, l'une fois, vetz, l'autre feiede, foïée, fiée, fie, vegada. La première vient du latin vices, fois, avec changement du v en f, dans le français et même, pour une seule forme, dans le provençal ; la seconde en est dérivée, comme si le latin vices avait donné vicata.

FOIS

On trouve à foi.

Carillo me fit prendre à foi de corps par quatre esclaves, et il me fit porter dans la felouque (RETZ IV, 348)

ÉTYMOLOGIE

Ce paraît être une corruption pour faux ou faut (voy. FAUX-DU-CORPS).

 
Wikipedia

Foi

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Cet article possède des homophones, voir foie, fois et Foix. 

Sommaire

  • 1 Introduction
  • 2 Étymologie
  • 3 Sur l'importance de la foi
  • 4 La foi (pistis) chez Platon et Aristote
  • 5 Panthéisme ou Déisme
  • 6 La foi et la science
  • 7 La foi judaïque
  • 8 La foi chrétienne
  • 9 La foi dans la Bible
  • 10 La foi de l'islam : Al-Imâne
  • 11 Citations
  • 12 Liens internes
  • 13 Liens externes

Introduction

Foi est un mot doté d'un large champ sémantique . Au sens profane, qui est aussi le sens premier, il a le sens de confiance : confiance en quelqu'un, mais aussi en soi-même, voire confiance que l'on inspire (d'où l'expression "être de bonne foi").

Au sens philosophique (voir "la foi chez Platon et Aristote", ci-dessous), la foi est de l'ordre de la certitude intuitive, antérieure à toute démarche réflexive.

Dans le domaine religieux, sens dans lequel on l'utilise le plus souvent, avoir la foi signifie croire en Dieu, et vise aussi bien la connaissance de Dieu que la confiance qu'on place en lui. L'acte de foi implique en outre de se situer globalement vis-à-vis du réel :

  • Dans une prise de position existentielle fondamentale face à la vie.
  • Au sein d'un système conceptuel construisant ou justifiant l'agir humain, une vision du monde, ou les limites d'un savoir.
  • Par l'adoption d'un paradigme global.

La définition de ce mot et même la méthodologie utilisée pour parvenir à une définition de ce mot relèvent donc d'options philosophiques ou religieuses fondamentales.

Enfin, la foi a une importance décisive dans la poursuite des projets humains, la religion, la morale, la politique, la justice, l'éducation, la vie sociale...

Étymologie

Étymologiquement, "foi" provient du latin fides et se rattache à une racine indo-européenne bheidh "avoir confiance" [1].

Il est intéressant de noter que le mot latin fides n'a aucune connotation religieuse ; il provient du vocabulaire profane, et évoque la simple confiance que l'on peut avoir en quelqu'un. C'est la Bible qui l'utilise, dans ses traductions latines, pour traduire le mot hébreu emunah qui désigne l'attitude de l'homme devant Dieu. Le latin utiliserait plutôt le mot religio, dans le sens d'une observation scrupuleuse des rites (ainsi Cicéron), et le grec threskeia, dans le même sens. Avec la Bible, puis le christianisme, la relation à Dieu est donc envisagée comme d'ordre inter-personnel.

Sur l'importance de la foi

Avoir ou ne pas avoir la foi

Le langage courant entend souvent par foi, la foi en Dieu, et il est dit alors de celui qui rejette l'idée de Dieu qu'il n'a pas la foi, mais la foi peut être aussi une confiance dans le réel, dans l'intelligibiltié partielle du monde, de la matière ou de la perception sensorielle.

Une option tranchée implicitement

En définissant la foi comme l'attitude confiante fondamentale face à l'existence, apparait alors son contraire, d'où l'alternative suivante :

1) La révolte, le sentiment de l'absurde, le refus de l'existence et de l'univers tel qu'il est expérimenté, le suicide.

2) L'émerveillement, l'acceptation, la confiance, l'espérance de sens dans le réel ou l'expectative.

La première option peut se résumer par un "non" la seconde par un "oui". Le oui à l'existence revêt alors de fait le caractère de foi à différents degrés. Le concept de Dieu même si il était implicite à cette foi ici-décrite, n'apparait pas explicitement comme nécessaire à cette option face à la vie.

Une option qui peut comporter des biais

Consciemment ou inconsciemment, celui qui a la foi dans une religion ou, de façon plus générale, dans un système de pensée, peut effectuer des biais. Il en fut ainsi pendant longtemps des chrétiens, qui considèrèrent les Juifs comme "perfides", c'est-à-dire manquant de foi (voir Oremus et pro perfidis judaeis).

La foi et l'eschatologie

La foi peut être intuitive et immédiate, mais peut aussi être l'objet d'un parcours intellectuel.

Intellectuellement, la recherche de compréhension des origines de l'univers (cosmologie), de la vie, de l'homme (anthropogénèse), de la conscience (neurosciences et sciences cognitives) ou de sa propre existence peuvent être des chemins (des voies) pour connaître sa foi (ou sa non foi).

La cosmologie est devenue une discipline scientifique autonome. Les représentations sociales et symboliques induites par une nouvelle représentation du monde peuvent aussi induire une cosmologie religieuse, ligne de force d'une nouvelle forme de cause première.

De nombreux chercheurs et lauréats du prix Nobel publient ainsi leurs considérations sur leur foi, qu'elles soient déistes ou athée, et sont écoutés et parfois critiqués par le milieu intellectuel.

Mais à cette recherche des origines prime une autre rencontre plus accessible : celle de la destination, de ses limites, de la fin ou encore de la mort. À cet égard, le comportement face aux limites de sa propre vie peut être l'objet de cette même méditation existentielle (et pas seulement intellectuelle) :

- Limites physiques: la souffrance, le deuil, la maladie, un accident, la vieillesse.

- Limites morales: la solitude, la séparation, le chômage, les faiblesses, privation partielle ou totale d'une faculté qu'un autre être humain voisin a (expérience du manque par la jalousie : don, richesse, pouvoir, intelligence)

Ces expériences sont caractérisées par certains philosophes et théologiens de "mort ontologique" ou plus simplement, de limite de l'existence. Elles peuvent aussi être vues comme manifestation théologique du mal, entendu ainsi comme limite de l'être.

La confrontation avec ces limites de l'être remet en cause en permanence notre foi sans remettre en cause le constat premier : celui de notre existence. En ce sens, la vie peut ê