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temps (n.m.)
1.perception de la succession des événements et de leur durée.
2.durée particulière.
3.période particulière.
temps (n.m.)
↘ bulletin météo, bulletin météorologique, météo, temporaire
temps (n.m.)
âge, air, ambiance, an, ancienneté, antériorité, atmosphère, aujourd'hui, avenir, brouillard, bruine, brume, cas, catégorie, chance, ciel, circonstance, climat, concomitance, conditions atmosphériques, conditions météorologiques, conjoncture, conjugaison, cycle, date, délai, demain, durée, éclaircie, embellie, époque, ère, espace, étape, étendue, événement, facilité, futur, génération, hasard, heure, instant, intempérie, jour, jours, loisir, marge, météo, météorologie, minute, moment, mouvement, nuage, occasion, opportunité, orage, palier, passé, période, possibilité, postériorité, précipitation, présent, régime, répit, rythme, saison, siècle, silence, stade, succession, sursis, température, temporalité, vent, vie, contracter (V+comp)
temps (n.m.) (ellipse)
temps du verbe (linguistique)
CONTRE-TEMPS • ENTRE-TEMPS • GARDE-TEMPS • PASSE-TEMPS • QUATRE-TEMPS![[Littré]](/common/images/alexandria/contributors/littre.gif)
agriculture à temps partiel • aménagement du temps de travail • réduction du temps de travail • temps de repos • travail à temps partiel
Temps (grammaire) • Temps (groupe) • Temps (homonymie) • Temps (météorologie) • Temps (solfège) • Temps Mort • Temps atomique international • Temps biologique • Temps composé • Temps conforme • Temps cosmique • Temps d'arrêt • Temps de Hubble • Temps de Noël • Temps de Planck • Temps de céphaline activé • Temps de doublement • Temps de l'envoi • Temps de narration • Temps de pose • Temps de relaxation • Temps de réaction • Temps de réception • Temps de récurrence • Temps de réponse • Temps de réverbération • Temps de saignement • Temps de séjour • Temps de travail • Temps de télescope • Temps des fêtes • Temps des troubles • Temps des troubles (Royaumes Oubliés) • Temps des troubles (Russie) • Temps des éphémérides • Temps du rêve • Temps dur • Temps décimal • Temps effectif • Temps hexadécimal • Temps liturgique • Temps mort • Temps mêlés • Temps newtonien • Temps noir • Temps ordinaire • Temps partagé • Temps pascal • Temps propre • Temps prédéterminés • Temps périphrastique • Temps réel • Temps sans pitié • Temps sidéral • Temps solaire • Temps surcomposé • Temps universel • Temps universel coordonné
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TEMPS (s. m.)
1. La durée des choses, en tant qu'elle est mesurée ou mesurable ; cette mesure est marquée surtout par le mouvement et la révolution apparente du soleil.
• Le temps assez souvent a rendu légitime Ce qui semblait d'abord ne se pouvoir sans crime (CORN. Cid, v, 8)
• Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et encore un peu de temps, et vous me verrez (SACI Bible, Év. St Jean, XVI, 16)
• Le temps marche toujours ; ni force ni prière, Sacrifices ni voeux n'allongent la carrière (LA FONT. Poésies mêlées, LXIX.)
• Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage (LA FONT. Fabl. II, 11)
• Au reste vous saurez Que je n'ai demeuré qu'un quart d'heure à le faire. - Voyons [votre sonnet], monsieur, le temps ne fait rien à l'affaire (MOL. Mis. I, 2)
• Si on pouvait avoir un peu de patience, on épargnerait bien du chagrin ; le temps en ôte autant qu'il en donne ; vous savez que nous le trouvons un vrai brouillon, mettant, remettant, rangeant, dérangeant, imprimant, effaçant, approchant, éloignant, et rendant toutes choses bonnes et mauvaises, et quasi toujours méconnaissables (SÉV. 24 nov. 1675)
• Pour Mme de la Fayette, le temps, qui est si bon aux autres [qui console], augmente et augmentera sa tristesse (SÉV. 414)
• Il abrège le temps des périls par la vigueur de ses attaques (BOSSUET Louis de Bourbon)
• Madame, de ces maux à qui la raison cède, Le temps, qui calme tout, est l'unique remède (TH. CORN. Ariane, III, 2)
• Hâtons-nous ; le temps fuit, et nous traîne après soi ; Le moment où je parle est déjà loin de moi (BOILEAU Épît. III)
• Il n'est point de secrets que le temps ne révèle (RAC. Brit. IV, 4)
• On dit que le temps est le seul bon juge ; mais le temps ne décide que d'après des gens comme vous (VOLT. Lett. Cideville, 20 mars 1765)
• Le grand ouvrier de la nature est le temps ; comme il marche toujours d'un pas égal, uniforme et réglé, il ne fait rien par sauts (BUFF. Quadrup. t. II, p. 8)
• Les grands animaux vivent plus longtemps que les petits, parce qu'ils sont plus de temps. à croître (BUFF. De la vieillesse et de la mort)
• Le temps instruit le temps (DELILLE Trois règn. VIII)
• Ô temps, être inconnu que l'âme seule embrasse, Invisible torrent des siècles et des jours (THOMAS Ode au temps.)
• [Nos beaux jours] Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface Ne nous les rendra plus ! (LAMART. le Lac.)
Le temps dévore tout, à la longue tout se détruit.
Le temps lui dure, il lui semble que le temps passe lentement, il a hâte de.
• Je dis à l'un : vous vous ennuyez ; et à l'autre : le temps ne vous dure guère (PASC. Pens. VII, 5, éd. HAVET.)
Poétiquement.
• Sur les ailes du temps la tristesse s'envole ; Le temps ramène les plaisirs (LA FONT. Fabl. VI, 21)
• Ses soins ne purent faire Qu'elle échappât au temps, cet insigne larron (LA FONT. ib. VII, 5)
• J'espérais que du temps la main tardive et sûre Justifierait les dieux en vengeant leur injure (VOLT. Mérope, v, 5)
Par trait de temps, à la longue.
• Peut-être par trait de temps pourrait-il s'apaiser (J. J. ROUSS. Prom. 1)
Laps de temps, voy.
LAPS.
2. Le temps, suivant les points de vue philosophiques. Suivant Leibnitz le temps est l'ordre des existences successives. On l'a aussi défini : Idée qui résulte en nous de la comparaison entre l'état successif et celui de coexistence, états dont la mémoire nous donne le sentiment, en retraçant à notre esprit l'ordre et la succession des impressions physiques et morales que nous avons éprouvées, longtemps après que les événements qui les avaient produites ont cessé d'être.
• Il y a bien de différentes opinions touchant l'essence du temps : les uns disent que c'est le mouvement, d'une chose créée ; les autres, la mesure du mouvement (PASC. Espr. géom. I)
• Tout mon être dépendant du temps, dont la nature est de n'être jamais que dans un moment qui s'enfuit d'une course précipitée et irrévocable (BOSSUET Yol. de Monterby.)
• Le temps n'ayant d'autre mesure que la succession de nos idées (BUFF. De la vieillesse et de la mort.)
• Le temps est le calcul du mouvement relatif à la priorité et à la postériorité (DIDER. Opin. des anc. philos. (péripatéticienne philos.))
• . Nous n'en savons pas davantage sur le temps, nous ne jugeons de la durée que par la succession de nos idées ; mais cette succession n'a rien de fixe (CONDIL. Art de rais. II, 1)
• Un temps est une portion de durée mesurée ; l'idée de temps est donc formée de l'idée déjà abstraite et générale de durée, combinée avec celle de mouvement (DESTUTT-TRACY Instit. Mém scienc. mor. et pol. t. I, p. 213)
• Le temps est pour nous l'impression que laisse dans la mémoire une suite d'événements dont nous sommes certains que l'existence a été successive (LAPLACE Exp. I, 3)
3. La durée bornée, par opposition à éternité.
• Ne soyons point honteux de l'objet de notre adoration [Jésus] ; nous adorons un enfant ; mais cet enfant est plus ancien que le temps ; il se trouva à la naissance des choses (BALZ. Socr. chrét. I)
• Il n'est plus sur terre ; il n'y a plus de temps pour lui, il jouit de l'éternité (SÉV. 483)
• Que si le temps mesuré au temps, la mesure à la mesure, et le terme au terme se réduit à rien, que sera-ce si l'on compare le temps à l'éternité, où il n'y a ni mesure ni terme ? (BOSSUET Duch. d'Orl.)
• Ô mort, où est ta victoire ? ta main avare n'a rien enlevé à cette vertueuse abbesse, parce que ton domaine n'est que sur le temps (BOSSUET ib.)
• Fils de Dieu dans l'éternité, Fils d'Abraham dans le temps (BOSSUET Hist. I, 10)
• Le temps a commencé selon qu'il vous a plu [vous, Dieu] ; et vous en avez fait le commencement tel qu'il vous a plu, comme vous en avez fait la suite et la succession, que vous ne cessez de développer du centre immuable de votre éternité (BOSSUET Élévat. sur les myst. III, 3)
• Son empire [de Dieu] a des temps précédé la naissance (RAC. Ath. I, 4)
• Dieu n'a dû produire le monde que dans le temps (FÉN. t. III, p. 4)
• Il a élevé votre ennemi dans le temps, pour vous sauver dans l'éternité (MASS. Carême, Pardon.)
• Si l'homme, comme la bête, n'est fait que pour le temps (MASS. Carême, Vérité d'un avenir.)
• Le temps, cette image mobile De l'immobile éternité (J. B. ROUSS. Odes, III, 2)
• L'immobilité des êtres, la solitude d'un lieu, son silence profond, suspendent le temps ; il n'y en a plus, rien ne le mesure ; l'homme devient comme éternel (DIDER. Salon de 1767, Oeuv. t. XIV, p. 187, dans POUGENS)
• Il [Dieu] dit au mouvement : du temps sois la mesure ; Il dit à la nature : Le temps sera pour vous, l'éternité pour moi (THOMAS Ode sur le temps.)
• Gloire à toi, dans les temps et dans l'éternité, Éternelle raison, suprême volonté ! (LAMART. Méd. I, 2)
Avant tous les temps, avant les temps, avant le temps, avant la création du monde.
4. Il se dit des intervalles de quelques cosmogonies.
• Le premier Zoroastre fit créer l'univers en six temps ; ces six temps, qui n'étaient pas égaux, composèrent une année de 365 jours (VOLT. Phil. Bible expl. Gen. note g.)
5. Un temps, un certain espace de temps.
• Comme l'âme se meut un temps en sa prison (RÉGNIER Sat. III)
• Valère, enfin, pour être un amant rebuté, Montre depuis un temps trop de tranquillité (MOL. le Dép I, 1)
• Il cache un temps sa passion à l'objet aimé (MOL. Préc. 5)
• Que ne puis-je vous dire enfin ce que vous sauriez mieux que moi, si la douleur de l'avoir perdue ne vous faisait oublier pour un temps le plaisir que vous avez eu de la posséder ? (FLÉCH. Duch. de Mont.)
• Vous pourrez voir, un temps, vos écrits estimés Courir de main en main par la ville semés (BOILEAU Sat. IX.)
• Il faut savoir mettre un temps entre les affaires et la mort, et n'imiter ni le cardinal de Fleury ni le maréchal de Belle-Isle (VOLT. Lett. d'Argental, 31 mai 1762)
• Toute âme est soeur d'une âme ; Le monde peut en vain un temps les séparer, Leur destin tôt ou tard est de se rencontrer (LAMART. Joc. III, 101)
5. Cela n'a qu'un temps, se dit d'une chose qui ne dure que fort peu.
Du temps, pendant un certain temps.
• Ces peuples s'entre-détruisirent : cela fit que l'empire d'Orient subsista encore du temps (MONTESQ. Rom. 20)
Quelque temps, pendant un peu de temps.
• J'y fus [j'y allai], à quelque temps de là (PASC. Lett. à Jacqueline, 26 janv. 1648)
• Ils furent quelque temps saisis, muets, immobiles (FLÉCH. Turenne.)
Le long temps, un long intervalle de temps.
• Par un long temps et une lâche flatterie il [Curtius Rufus] obtint le consulat (PERROT D'ABLANCOURT Tacite, 324)
• Son père peut venir, quelque long temps qu'il tarde (CORN. Ment. II, 2)
• On doit se regarder soi-même un fort long temps, Avant que de songer à condamner les gens (MOL. Mis. III, 9)
• Assiégée durant un long temps sans sentir aucune incommodité, elle [Babylone] se rit de ses ennemis et des fossés que Cyrus creusait autour d'elle (BOSSUET Hist. II, 4)
• Il faut un long temps pour se procurer une marine redoutable (VOLT. Louis XV, 28)
• Il passait de longs temps à considérer l'horizon, à se tenir sous les arbres (SAINTE-BEUVE Causeries, 9 février 1856)
Avec le temps, au bout d'un certain temps.
• Vous m'en pourrez instruire avec le temps ; Avec le temps aussi vous pourrez me connaître (RAC. Bajaz. III, 2)
• Nous verrons avec le temps (BERN. DE ST-PIERRE Paul et Virg.)
Après le temps, s'est dit pour : au bout d'un certain laps de temps.
• Ce n'est qu'après le temps, et après qu'on est initié au jargon d'une ville, qu'on sait enfin que monsieur B.... est publiquement depuis vingt années le mari de madame L.... (LA BRUY. III)
6. Terme de mécanique. Le temps, les temps, la durée qu'un phénomène exige pour s'accomplir.
• Sans connaître la cause de la pesanteur, nous apprenons par l'expérience que les espaces décrits par un corps qui tombe sont entre eux comme le carré des temps (D'ALEMB. Oeuv. t. XIV, p. 213)
7. Terme d'astronomie. Temps solaire, temps réglé sur le mouvement du soleil.
Temps sidéral, temps réglé sur le mouvement de la sphère céleste.
Temps solaire vrai ou temps vrai, temps évalué au moyen de l'intervalle compris entre deux passages successifs du centre du soleil au même méridien.
Temps solaire moyen ou temps moyen, temps réglé sur la marche d'un soleil fictif qui se meut uniformément dans le plan de l'équateur, et qui passe à l'équinoxe en même temps qu'un autre soleil fictif animé d'un mouvement uniforme dans le plan de l'écliptique et passant au périgée et à l'apogée en même temps que le soleil vrai.
Temps astronomique, temps subdivisé en 24 heures qui se comptent d'un midi à l'autre.
Temps civil, temps divisé en deux périodes de 12 heures chacune, dont l'origine est à minuit.
Temps périodique, temps qu'un corps céleste emploie à faire une révolution entière autour d'un point, et, plus particulièrement, le temps qu'emploie une planète à parcourir son orbite entière.
8. Le Temps (avec une majuscule), divinité païenne qu'on représente sous la figure d'un vieillard ailé, tenant une faux à la main.
• Bientôt ils défendront de peindre la Prudence, De figurer aux yeux la Guerre au front d'airain, Ou le Temps qui s'enfuit une horloge à la main (BOILEAU Art p. III)
• Et d'ailes et de faux dépouillé désormais, Sur les mondes détruits le Temps dort immobile (GILBERT le Jugem. dern.)
• Près de la beauté que j'adore Je me croyais égal aux dieux, Quand au bruit de l'airain sonore Le Temps apparut à nos yeux (BÉRANG. le Temps.)
9. Particulièrement, succession des jours, des heures, des moments, considérée par rapport aux travaux, aux occupations.
• Et la perte du temps ne se répare plus (MAIRET Sophon. II, 4)
• Le temps est un trésor plus grand qu'on ne peut croire (CORN. Rodog. II, 2)
• Je vous conjure de prendre le temps de.... (BOSSUET Lett. 159)
• Les conseils où il assistait lui laissaient presque tout son temps (BOSSUET le Tellier.)
• Les chagrins qu'il me cause M'occuperont assez tout le temps qu'il repose (RAC. Brit. I, 1)
• Vous nous aviez laissé espérer.... que Marseille partagerait avec Aix les temps qu'il vous est libre de donner à l'une ou à l'autre de ces deux belles villes (Mme DE GRIGNAN dans SÉV. t. x, p. 557, éd. RÉGNIER)
• Ceux qui emploient mal leur temps sont les premiers à se plaindre de sa brièveté (LA BRUY. XII)
• Le temps bien ménagé est beaucoup plus long que n'imaginent ceux qui ne savent guère que le perdre (FONTEN. Marsigli.)
• Il [Lémery] a bien fait voir que qui ne perd point de temps en a beaucoup (FONTEN. Lémery.)
• J'ai tout mon temps à moi : je griffonne des histoires, je songe à des tragédies, et, quand je ne souffre pas, je suis heureux (VOLT. Lett. d'Argental, 6 fév. 1757)
• Le temps est assez long pour quiconque en profite ; Qui travaille et qui pense en étend la limite (VOLT. 6e disc.)
• Le temps nous pressait ; j'écrivis très rapidement le poëme (MARMONTEL Mém. x.)
• Le bonheur de la vie est dans l'emploi du temps (ST-LAMBERT Saisons, hiver.)
Une heure de temps, deux heures de temps.
• En vérité tout cela mériterait bien que l'on donnât vingt-quatre heures de son temps à le voir (FONTEN. les Mondes, 1er soir.)
Prendre le temps de quelqu'un, lui dérober son temps, l'empêcher de travailler.
Perdre temps, et, plus habituellement, perdre le temps, perdre son temps, faire de vains efforts, perdre sa peine.
• Tu perds temps de me secourir, Puisque je ne veux point guérir (MALH. V, 18)
• Monsieur, j'ai perdu temps, votre homme se dédit (MOL. l'Ét. III, 2)
• Quand ils l'ont voulu faire, ils y ont perdu leur temps (PASC. Prov. v.)
• Le marquis de Torci, suppliant dans la Haye au nom de Louis XIV, s'adressa au prince Eugène et au duc de Marlborough, après avoir perdu son temps avec Heinsius (VOLT. Louis XIV, 21)
Perdre le temps, perdre son temps, ne rien faire ou faire des choses inutiles.
Ne pas perdre temps, ne pas perdre de temps, faire sans aucun retard.
• Je n'ai point perdu temps, et, voyant leur colère Au point de ne rien craindre, en état de tout faire, J'ajoute en peu de mots.... (CORN. Cinna, I, 3)
Je n'ai pas de temps à perdre, je n'ai pas de temps à employer inutilement.
• Ce qui me fâche, c'est que je n'ai point de temps à jeter (SÉV. 23 mars 1689)
Je n'ai pas de temps à perdre pour arriver à tel endroit, je n'ai que le temps nécessaire pour ne pas y arriver trop tard.
Il s'en va temps, il s'en allait temps, il est temps, il était temps.
• Il s'en va temps que je reprenne Un peu de forces et d'haleine (LA FONT. Fabl. Épilogue.)
Réparer le temps perdu, réparer la perte du temps, faire du temps un meilleur usage qu'on n'en a fait par le passé.
Passer le temps, passer son temps à quelque chose, à faire quelque chose, l'y employer. Il passe son temps à jouer.
Absolument. Passer le temps, se distraire en attendant l'heure marquée pour quelque chose.
Familièrement. Passer bien le temps, son temps, se divertir.
Passer mal le temps, son temps, s'ennuyer beaucoup, et fig. Être fort maltraité.
• Que sûrement Stanislas finira comme Teucer, et que Pharès, évêque de Cracovie, passera mal son temps (VOLT. Lett. d'Argental, 3 avril 1772)
• Si des regards il [Furia] eût pu mordre, j'aurais mal passé mon temps (P. L. COUR. Lett. à M. Renouard.)
Fig. Tuer le temps (voy.
TUER).
Couler le temps, laisser écouler le temps dans l'attente d'une occasion plus favorable.
Pousser le temps avec l'épaule, différer l'exécution de quelque chose (voy.
ÉPAULE, n° 1).
10. Bon temps, mauvais temps, le temps où l'on est bien, où l'on est mal.
• Aidant au bon temps, supportant le mauvais (BEAUMARCH. Barb. de Sév. I, 2)
• Nous n'avions pas le sou, mais nous étions contents ; Nous étions malheureux, c'était là le bon temps (COL. D'HARLEV Mes souvenirs)
Prendre du bon temps, se divertir.
• À d'austères devoirs le rang de femme engage, Et vous n'y montez pas, à ce que je prétends, Pour être libertine et prendre du bon temps (MOL. Éc. des f. III, 2)
• Alors, cher Cinéas, victorieux, contents, Nous pourrons rire à l'aise, et prendre du bon temps (BOILEAU Épît. I)
• Le duc d'York [plus tard Jacques II], ayant mis sa conscience en repos par la déclaration de son mariage, crut qu'il pouvait donner un peu de bon temps à son inconstance, en vertu de ce généreux effort (HAMILT. Gramm. 8)
• Je me donne actuellement du bon temps, attendu que j'ai été à la mort, il y a quinze jours (VOLT. Lett. Gaillard, 28 avril 1769)
Fig. Avoir bon temps, n'être pas réprimandé, grondé.
• C'est à M. de Grignan que je m'en prends [d'avoir laissé Mme de Grignan s'embarquer sur le Rhône] ; le coadjuteur a bon temps : il n'a été grondé que pour la montagne de Tarare (SÉV. 3 mars 1671)
11. Terme préfix, durée limitée. Ses cheveux blanchissent avant le temps.
• Cet hymen différé ne rompt point une loi, Qui, sans marquer de temps, lui destine ta foi (CORN. Cid, v, 8)
• Dieu, qui fait tout en son temps (BOSSUET Hist, II, 4)
• Nous ferons en son temps ce qu'il faudra (BOSSUET Lett. rel. 3)
• Peut-être avant le temps ce grand orgueil éclate (RAC. Alex. III, 1)
• Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vous ? (RAC. Phèdre, IV, 2)
• Tout n'a qu'un temps chez les hommes (VOLT. Louis XIV, 36)
Terme de droit. Temps légaux, tout ce qui est relatif aux prescriptions, déchéances, délais, dates, durées, âges requis par la loi.
Terme d'eaux et forêts. Temps de coupe et de vidange, terme accordé à l'adjudicataire d'une vente pour couper et enlever les bois de cette coupe.
Il a fait son temps, se dit d'un homme qui, après un long service, sort d'un emploi, et aussi d'un homme usé.
• Je n'ai que vingt ans, Et, comme toi, je n'ai pas fait mon temps (LA FONT. Mazet.)
• Je suis encor de mise et n'ai pas fait mon temps (BOISSY Impatient, III, 7)
Avoir fait son temps, se dit des choses hors d'usage. Le paganisme avait fait son temps.
Cet habit a fait son temps, cet habit a été porté aussi longtemps qu'il pouvait l'être, il ne peut plus servir.
Il a fait son temps, se dit d'un soldat qui a achevé son temps de service.Il se dit aussi d'un condamné à la détention, quand il a achevé la durée de sa peine.
12. Les siècles, les différents âges, les différentes époques. Les temps historiques. Les temps fabuleux.
• Que ne peuvent, grand roi, tes hautes destinées Me rendre la vigueur de mes jeunes années ! Qu'ainsi qu'au temps du Cid je ferais de jaloux ! (CORN. Au roi sur son retour de Flandres)
• En ce temps-là il n'y avait point de roi dans Israël (SACI Bible, Juges, XVII, 6)
• Il y a des temps où la terre entière n'est qu'un théâtre de carnage, et ces temps sont trop fréquents (VOLT. Moeurs, 26)
• ö le bon temps que ce siècle de fer ! (VOLT. Mondain.)
• Aigues-Mortes, qui est actuellement à plus d'une lieue et demie de la mer, était un port du temps de saint Louis (BUFF. Hist. nat. preuv. th. terr. Oeuv. t. II, p. 435)
• Dans tous les temps il y a eu la raison du peuple et la raison des sages ; dans tous les temps il y a eu le goût du vulgaire et le goût d'un monde plus cultivé (MARMONTEL Oeuv. t. x, p. 29)
Presser les temps, resserrer les dates, les espaces chronologiques.
• Sans trop presser les temps, il est aisé de voir qu'elle [Jocaste] n'a pas plus de trente-cinq ans (VOLT. Oedipe, lett. 5e.)
Les hauts temps, les temps reculés dans l'antiquité. Les hauts temps de l'ancien français, le XIe et le XIIe siècle.
La nuit des temps, les siècles écoulés dans lesquels l'histoire se tait ou bien n'est qu'une vague tradition.
L'abîme des temps, les siècles lointains dans lesquels tout se perd, tout s'oublie.
• Les jours, les mois, les années s'enfoncent et se perdent sans retour dans l'abîme des temps (LA BRUY. XIII)
• .... L'âme des chrétiens, prête à quitter le corps, De l'abîme des temps voit déjà les deux bords (LAMART. Joc. v, 188)
En termes de l'Écriture sainte, dans la plénitude des temps, dans le temps auquel Jésus-Christ est venu accomplir les prophéties.
À la consommation des temps, à la fin du monde.
Dans le cours des temps, dans la suite des temps, dans un temps futur très éloigné.
Le Livre des Temps, s'est dit des Paralipomènes.
Au temps jadis, autrefois.
• La génisse, la chèvre et leur soeur la brebis, Avec un fier lion, seigneur du voisinage, Firent société, dit-on, au temps jadis (LA FONT. Fabl. I, 6)
Familièrement. Dans le temps, jadis, autrefois. Cela m'a coûté mille francs dans le temps.
Au temps, du temps que les bêtes parlaient, dans le temps des choses fabuleuses.
• Du temps que les bêtes parlaient (LA FONT. Fabl. IV, 1)
Populairement. Du temps du roi Guillemot, du roi Dagobert, du temps qu'on se mouchait sur sa manche, se dit pour marquer des siècles éloignés, des siècles grossiers.
13. Le bon temps, le vieux temps, le temps de nos pères.
• C'est l'amour du vieux temps, il n'est plus à la mode (TH. CORN. l'Amour à la mode, IV, 1)
• Tu sais que d'un peu de bêtise Le bon vieux temps est accusé ; Mais dans ce siècle plus rusé J'ai grand regret à la franchise De l'âge d'or si méprisé (BERNIS Épît. VIII)
• Le dîner, après la toilette, fut animé d'une gaieté du bon vieux temps (MARMONTEL Mém. x.)
• Chez vous, Français, nul bûcher n'est dressé, On ne rompt plus : le bon temps est passé (M. J. CHÉN. Épigr. 8)
Par ironie, être du bon temps, être crédule, arriéré, etc.
• Pour une jeune déesse, vous êtes bien du bon temps ! (MOL. Amph. Prologue.)
14. Il se dit des différents âges de la vie.
• La Providence nous conduit avec tant de bonté dans tous ces temps de notre vie, que nous ne les sentons quasi pas ; cette pente va doucement, elle est imperceptible : c'est l'aiguille du cadran que nous ne voyons pas aller (SÉV. Lett. au président de Moulceau, 27 janv. 1687)
• Il y a des temps dans la vie où les forces épuisées demandent à ceux qui ont un peu d'honneur et de conscience de ne pas pousser les choses à l'extrémité (SÉV. 20 sept. 1684)
• Le redouté capitaine tombe au plus beau temps de sa vie (BOSSUET Anne de Gonz.)
• Il n'y a personne qui, dans le cours de sa vie, n'ait quelques événements heureux, des temps ou des moments agréables (FONT. Du bonheur.)
Le jeune temps, le temps de la jeunesse.
• .... Dans mon jeune temps, le suivant [l'aigle] sur ces cimes, Mon pied comme mon oeil se jouait des abîmes (LAMART. Jocel. II, 73)
De vieux temps, depuis longtemps.
• Son père, de vieux temps, est grand ami du mien (CORN. le Ment. II, 3)
De mon temps, alors que j'étais jeune.
• Il me semble que de mon temps il y avait encore une espèce de générosité et de franchise dans les malices mêmes de l'envie (MAINTENON Lett. au duc de Noailles, 3 sept. 1710)
• Il dit en voyant de fort belles pêches qu'on avait servies : de mon temps, les pêches étaient bien plus grosses qu'elles ne le sont à présent ; la nature s'affaiblit de jour en jour (LESAGE Gil Blas, IV, 7)
En son temps, pendant qu'il vivait.
• Ce fut un sot, en son temps, très insigne (LA FONT. Mandragore.)
Le premier temps. le second temps, le bon temps d'un artiste, les phases diverses de son talent.
• Votre soeur [Mme Denis, dans Mérope] a joué comme Mlle Duménil ; je dis comme Mlle Duménil dans son bon temps (VOLT. Lett. Mme de Fontaine, 5 nov. 1759)
15. Une grande époque prévue.
• Le temps prédit par l'état du peuple juif, par l'état du peuple païen, par l'état du temple, par le nombre des années (PASC. Pens. XVIII, 3, édit. HAVET.)
• Le temps était arrivé que notre sage ministre devait être montré à son prince et à sa patrie (BOSSUET le Tellier.)
• Les temps sont accomplis, princesse, il faut parler (RAC. Athal. I, 2)
• Les temps prédits par la sibylle à leur terme sont parvenus : Nous touchons au règne tranquille Du vieux Saturne et de Janus (J. B. ROUSS. Odes, II, 1)
• Un temps viendra que tous les hommes, soumis à la seule pensée, se conduiront par les clartés de l'esprit (CHATEAUBR. Mart. XVI)
On dit dans le même sens : les signes du temps, certains signes qui annoncent la gravité des événements.
Les derniers temps, les temps très voisins du jugement dernier.
• Oh ! disaient les peuples du monde, Les derniers temps sont-ils venus ? Nos pas, dans une nuit profonde, Suivent des chemins inconnus (V. HUGO Odes, I, 9)
16. Il se dit par rapport à l'état où sont los choses pour le gouvernement d'un pays, les manières de vivre, les modes, etc. Espérons en des temps meilleurs. Le socialisme est la question du temps.
• Deux fois, en grand politique, ce judicieux favori [Mazarin] sut céder au temps et s'éloigner de la cour (BOSSUET le Tellier.)
• Hélas ! qu'est devenu ce temps, cet heureux temps Où les rois s'honoraient du nom de fainéants ? (BOILEAU Lutr II)
• Vous, ministre de paix dans les temps de colère.... (RAC. Athal. II, 5)
• Non, non, le temps n'est plus que Néron, jeune encore, Me renvoyait les voeux d'une cour qui l'adore (RAC. Brit. I, 1)
ô temps, ô moeurs, locution exclamative pour se plaindre des temps et des moeurs.
• Voilà donc les pauvres Sirven déboutés de leur demande ; ô temps, ô moeurs ! (D'ALEMB. Lett. à Voltaire, 18 fév. 1768)
Les temps sont durs, il y a de la gêne, de la souffrance.
• Le moyen d'estimer un contemporain autant qu'un homme mort il y a plus de deux cents ans !.... personne n'ose convenir franchement des richesses de son siècle ; nous sommes comme les avares, qui disent toujours que le temps est dur (VOLT. Aux auteurs du Nouvelliste.)
• Les temps sont durs ; accordez-lui le délai qu'il demande (DIDER. Père de famille, II, 1)
Le temps qui court, le temps qu'il fait, les circonstances telles qu'elles se comportent.
• C'est entre les dévots un étrange commerce, Un trafic par lequel, au joli temps qui court, Toute affaire fâcheuse est facile à la cour (RÉGNIER Sat. XIII)
• Les hommes sont chers par le temps qu'il fait, et comme vous les demandez surtout (DANCOURT la Gazette, sc. 1)
Être de son temps, avoir les idées du temps où l'on vit, et aussi se conformer aux usages de son temps.
Le temps des scélérats, des délateurs, le temps qui leur est favorable, ou il y en a beaucoup.
17. Délai. Accorder du temps. Obtenir du temps.
• On vous donne du temps ; Et jusques à demain je ferai surséance (MOL. Tart. v, 4)
• Il faudrait prendre du temps, deux ou trois mois pour le moins (BOSSUET Lett. abb. 163)
Ne chercher qu'à gagner du temps, différer.
• En vain [l'orateur qui reste court], pour gagner temps, dans ses transes affreuses, Traîne d'un dernier mot les syllabes honteuses (BOILEAU Lutr. VI)
18. Intervalle suffisant, loisir. Revenez plus tard, je n'ai pas le temps de vous écouter.
• Mais ne leur donnez pas, tardant trop à punir, Le temps de se remettre et de se réunir (CORN Héracl. III, 4)
• Ils ont leurs temps où ils se rendent inaccessibles (FLÉCH. Panég. saint Louis.)
• Afin que Télémaque eût le temps d'acquérir plus de gloire et plus de vertu (FÉN. Tél. XVII)
19. Conjoncture, occasion propre, moment.
• .... adieu, l'amour vous presse, Et je serais marri qu'un soin officieux Vous fit perdre pour moi des temps si précieux (CORN. Méd. I, 1)
• Le temps de chaque chose ordonne et fait le prix (CORN. Pomp. I, 3)
• Vous le saurez quand il en sera temps (MOL. Psyché, III, 3)
• J'ai pris le temps de sortir pendant que vous dormiez (MOL. G. Dand. III, 8)
• Elle [Mme de Grignan] est dans un temps de mauvaise santé, à quoi elle est accoutumée (SÉV. 9 fév. 1683)
• Vous savez qu'il faut prendre les temps à propos (SÉV. 13 mars 1680)
• Voilà tout ce que je vous puis dire ; vous saurez le reste dans son temps (SÉV. 27 juin 1672)
• Dans un temps où tout un royaume se remue pour la conversion des hérétiques (BOSSUET Louis de Bourbon.)
• Fidèle dans leurs disgrâces, il osa les louer et les servir [ses amis] en des temps où les autres n'osaient presque pas les plaindre (FLÉCH. Duc de Mont.)
• S'il en est temps encor, cours et sauve la reine (RAC. Mithr. v, 4)
• Et juge s'il est temps, ami, que je repose (RAC. Iphig. I, 1)
• Il [Télémaque] attaque les Dauniens par derrière, dans un temps où ils croyaient l'armée des alliés enveloppée (FÉN. Tél. XVII)
• Elle cachait ses vrais sentiments, et faisait semblant de ne vouloir vivre que pour lui dans le temps même où elle ne pouvait le souffrir (FÉN. ib. III)
• Ce qu'on appelle un fâcheux est celui.... qui choisit le temps du repas et que le potage est sur la table pour dire qu'ayant pris médecine.... (LA BRUY. Théophr. XX)
• Semblable à cette femme qui prenait le temps de demander son masque, lorsqu'elle l'avait sur son visage (LA BRUY. XI)
• Sa mère [de Thalès] le pressant de se marier, il répondit d'abord qu'il n'était pas encore temps ; et, quand plusieurs années se furent écoulées, il répondit qu'il n'était plus temps (ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. II, p. 614)
• Prince, il est temps, marchez à notre tête (ROLLIN Adél. du Guesclin. I, 4)
19. Un temps viendra, il arrivera une circonstance, une conjoncture favorable.
Prendre son temps, prendre bien son temps, prendre mal son temps, saisir le moment favorable ou défavorable pour faire quelque chose.
• Le mulet prend le temps (RÉGNIER Sat. III)
• Qui peut, sans s'émouvoir, supporter une offense, Peut mieux prendre à son point le temps de sa vengeance (CORN. Méd. I, 5)
• Un temps bien pris peut tout, pressez l'occasion (CORN. Sophon. I, 4)
• Aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire ; Le moine disait son bréviaire : Il prenait bien son temps ! (LA FONT. Fabl. VII, 9)
• Bonjour et bon an, mon cher cousin ; je prends mon temps de vous demander pardon après une bonne fête (SÉV. à Bussy, 2 janv. 1681)
• Est-ce bien prendre son temps que d'aller troubler par des larmes la joie d'un festin ? (MASS. Panégyr. Ste Magdel.)
• Franchement, vous ne pouviez pas prendre plus mal votre temps (LA MOTTE Minutolo, sc. 3)
• Je sais quelle est votre bonté et votre indulgence, et qu'on prend toujours bien son temps avec vous (VOLT. Lett. d'Argental, 26 fév. 1736)
• Pour réussir en France il faut prendre son temps (VOLT. ib. 2 mars 1772)
Prendre son temps que...., saisir le moment où....
• Le malheureux prend son temps que Damon.... (LA FONT. Coupe.)
• Mme de Langeron, prenant son temps qu'il [le prince de Condé] avait les pattes croisées comme le lion, lui fit mettre un juste-au-corps avec des boutonnières de diamants (SÉV. 399)
Absolument. Prendre son temps, guetter et saisir l'instant favorable.
• Dans l'abord il [le moucheron] se met au large, Puis prend son temps, fond sur le cou Du lion qu'il rend presque fou (LA FONT. Fabl. II, 9)
• Ayant pris leur temps, ils se jettent sur lui, lui ôtent son épée, et, avec sa propre ceinture, ils lui lient les mains derrière le dos (ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. VII, p. 152)
Prendre son temps sur quelqu'un, attaquer quelqu'un au moment où on a l'avantage.
• Deux ennemis secrets.... Qui, dans leur juste haine animés et constants, Sur l'ennemi commun sauront prendre leur temps (CORN. Héracl. v, 6)
Prendre son temps, faire une chose sans se presser.
Prendre le temps de quelqu'un, attendre le moment qui convient à quelqu'un dont on a besoin.
• S'il s'agit de vous faire une remontrance.... vous croyez avoir droit d'exiger qu'on prenne votre temps, qu'on entre dans votre esprit (BOURDAL. Car. II, Zèle, 169)
Prendre quelqu'un sur le temps, saisir une occasion subite et favorable auprès de quelqu'un, ou ne pas lui laisser le temps de la réflexion.
• Je te prends sur le temps ; Pour rendre à mon égard ta conduite louable, Emploie en ma faveur le crédit favorable (BOISSY Deh. tromp. II, 10)
20. La saison propre à chaque chose. Le temps de la moisson, des vendanges.
• Les temps des plaisirs absorbent ceux des devoirs (FLÉCH. Panég. St Louis.)
En médecine et en chirurgie, on distingue le temps de nécessité et celui d'élection : le temps de nécessité est celui où l'on est forcé d'employer tel ou tel médicament, de pratiquer telle ou telle opération, pour empêcher la maladie de s'aggraver ; le temps d'élection est celui où l'on se décide à agir, parce qu'il est plus convenable à la nature de la maladie et à l'état du malade.
Le temps de Pâques, le temps pascal, les jours pendant lesquels les fêtes de Pâques se célèbrent.
Le temps des vacances, l'époque de l'année où les tribunaux, les colléges, etc. sont fermés.
Quatre-Temps, voy.
QUATRE-TEMPS.
Terme de liturgie. Le propre du temps, voy.
PROPRE, n° 18.
21. État de l'atmosphère. Le temps est couvert. Être exposé aux injures du temps. Temps calme, serein, variable.
• Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse (LA FONT. Fabl. I, 1)
• ....certain soir qu'il faisait un temps fort brun (LA FONT. Berc.)
• Le beau temps et la pluie, et le froid et le chaud Sont des fonds [de conversation] qu'avec elle on épuise bientôt (MOL. Mis. II, 5)
• Le temps et mes humeurs ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au dedans de moi (PASC. Pens. VI, 47)
• Il a fait un horrible temps ces jours passés (SÉV. 473)
• Il fait un temps épouvantable (SÉV. 477)
• J'aime les temps bas ; mais, quand ils sont si bas qu'ils tombent sur notre nez, et qu'il pleut, et qu'on ne voit goutte, j'ai envie de pleurer (SÉV. 13 déc. 1684)
• Il s'échappe seul à pied, toutes les nuits, par toute sorte de temps, à toute heure (DIDER. Père de famille, I, 5)
• Un temps gris, qui ternit et confond tous les objets (STAËL Corinne, XVI, 8)
• Aussi vous aidais-je à semer, ou à serrer vos gerbes, quand le temps menaçait d'orage (P. L. COUR. 2e lett. partic.)
Fig. et familièrement. Faire la pluie et le beau temps, avoir un grand crédit dans une maison, dans un pays, etc.
Fig. Prendre le temps comme il vient, s'accommoder à tous les événements.
• Il faut prendre le temps comme il vient, et je sens que je suis de cet heureux tempérament (SÉV. à Bussy, 14 mai 1686)
• Disposé à prendre toujours le temps comme il viendrait (FONTEN. Dial. morts anc. 4)
Couleur du temps, couleur bleue.
• Oiseau bleu, couleur du temps, Vole à moi promptement (COMTESSE D'AULNOY Oiseau bleu.)
Fig. La couleur du temps, la nature des circonstances.
• Selon l'amant du jour et la couleur du temps (GRESSET le Méchant, I, 2)
Il fait un temps de demoiselle, ni pluie, ni vent, ni soleil.
Le temps est haut, les nuages sont élevés.
Fig. Haut comme le temps, plein de fierté, très hautain.
Fig. Hausser le temps, voy.
HAUSSER, n° 2.
22. Gros temps, temps d'orage en mer ou sur une rivière.
• Ils se mirent ensuite dans un petit bateau le long de la rivière, où ils essuyèrent un si gros temps, qu'ils ne savaient où se mettre (SÉV. 24 déc. 1688)
• Les deux jours suivants, le gros temps ne nous permit pas de faire voile (BOUGAINVILLE Voy. t. I, p. 211)
• De gros temps, assez ordinaires en hiver, dans ces parages (RAYNAL Hist. phil. XI, 3)
Terme de marine. Coup de temps, coup de vent.
23. Terme de vénerie. Voie de vieux temps, voie d'un jour ou deux.
Aller de temps, se dit du chien quand la voie n'est pas ancienne et qu'il en remontre. Cette voie n'est pas de temps, elle est vieille.
Revoir de bon temps, trouver une voie fraîche et de la nuit.
Tirer sur le temps, tirer au moment favorable.
Fig. Tirer sur le temps, profiter de l'occasion favorable.
• Comme il [Puysieux] avait beaucoup d'esprit et de connaissance du roi, il s'avisa de tirer hardiment sur le temps (SAINT-SIMON 141, 61)
24. Terme d'escrime. Se dit du moment favorable que l'on doit choisir pour fondre sur son adversaire.
Coup de temps, coup pris d'opposition sur un développement.
Fig. et populairement. Voir le coup de temps, s'apercevoir d'un contre-temps assez tôt pour le déjouer.
Prendre sur le temps, frapper son adversaire d'une botte au moment où il s'occupe de quelque mouvement.
Tirer sur le temps, pousser une botte, au moment où l'adversaire se prépare lui-même à en tirer une.
25. Terme de manége. Se dit de chaque mouvement accompli, de quelque allure que ce soit. Cet exercice se fait en trois temps. Un temps de cheval.
S'applique aussi à quelques-unes des aides que donne le cavalier. Un temps de jambes.
Temps d'arrêt, action de la main pour ralentir le mouvement.
Fig. Temps d'arrêt, ralentissement, suspension dans quelque opération.
Temps de langue, appel de la langue.
Temps de galop, voy.
GALOP.
26. Dans l'art militaire, en instruction de détail, l'action d'exercice qui s'exécute à un commandement, et qui se divise en mouvements pour en faciliter l'exécution.
27. Terme de marine. Intervalle que l'on met après chaque coup de canon d'un salut.
Partie d'un signal de nuit.
Subdivision des divers commandements de l'exercice des bouches à feu.
28. En chirurgie, on appelle temps les opérations simples dont la réunion constitue les opérations composées.
Opérations en deux temps ou en plusieurs temps, celles qu'on cesse après avoir fait certaines parties, pour les reprendre une ou plusieurs fois et les terminer plus tard.
29. Terme de danse. Moments précis pendant lesquels il faut faire certains mouvements divisés par des pauses.
• Si les temps de l'entrechat ne sont ni coupés ni battus, et qu'ils soient au contraire, frottés et roulés l'un sur l'autre, il n'y aura pas de clair qui fasse valoir les ombres (NOVERRE Lett. sur la danse, p. 305, dans POUGENS)
• L'élégance de sa taille et la longueur de ses membres s'associaient à merveille aux temps développés et aux pas hardis de la danse (ID. ib. p. 342)
30. Terme de musique. La division la plus immédiate de la mesure, constituant une unité de durée divisible et subdivisible elle-même en deux et en trois parties. Mesure à deux temps. Mesure à deux temps ternaires. Mesure à trois temps binaires.
Dans les mesures à deux temps et à quatre temps, temps forts, temps frappés ou temps impairs ; temps faibles, temps levés ou temps pairs.
Appuyer sur les temps forts, les faire sentir
Par extension.
• Dans l'accent naturel de la parole, ainsi que dans celui du chant, dans la quantité prosodique et dans la mesure vocale, il y a des temps forts et des temps faibles (MARMONTEL Oeuv. t. VIII, p. 458)
Demi-temps, durée de la moitié d'un temps.
31. Durée qu'on emploie à prononcer les syllabes.
• Il y a à observer le temps que l'on met à prononcer chaque syllabe ; les unes sont prononcées en moins de temps que les autres, et l'on dit de celles-ci qu'elles sont longues, et de celles-là qu'elles sont brèves ; les brèves sont prononcées dans le moins de temps qu'il est possible ; aussi dit-on qu'elles n'ont qu'un temps, c'est-à-dire une mesure, un battement ; au lieu que les longues en ont deux (DUMARS. Oeuv. t. IV, p. 45)
32. Dans la déclamation, pauses qu'on observe entre certaines phrases, entre certains mots.
• Souvenez-vous de ne rien précipiter, d'animer tout, de mêler des soupirs à votre déclamation, de mettre de grands temps (VOLT. Lett. Mlle Gaussin, décembre 1730)
32. Terme de grammaire. Différentes inflexions qui marquent dans les verbes le moment auquel se rapporte l'existence, l'état ou l'action. Le temps présent. Les temps passés. Temps dérivés.
• À l'égard des temps, il faut observer que toute action est relative à un temps, puisqu'elle se passe dans le temps ; les rapports de l'action au temps sont marqués en quelques langues par des particules ajoutées au verbe (DUMARS. Oeuv. t. IV, p. 343)
Temps primitifs, se dit des temps des verbes qui servent à former les autres.
Temps seconds, temps dérivés des temps primitifs.
Temps seconds, se dit, dans la grammaire grecque, d'une seconde forme de certains temps
34. À temps, loc. adv.
• Assez tôt, ni trop tôt, ni trop tard.... pourvu qu'il [le bonheur] nous vienne, il vient toujours à temps (RÉGNIER Élég. II)
• Dans cette confusion on ne pouvait se mouvoir de concert ; les ordres ne venaient jamais à temps (BOSSUET Hist. III, 5)
À temps de..., avec un infinitif. à temps d'agir.
• Vous qui ne différez de vous convertir que parce que vous croyez que vous serez assez à temps, au lit de la mort, de vous donner à Dieu (MASS. Carême, Impén.)
Pour un temps limité. Travaux forcés à temps.
• Le mal était que cet emploi n'était qu'à temps, mais il mettait en état de chercher et d'attendre (J. J. ROUSS. Confess. IV)
• Ses membres [d'un corps politique], participant à la constitution des deux extrêmes, seront partie à temps et partie à vie (J. J. ROUSS. Gouv. de Polog. 8)
• On ne peut engager ses services qu'à temps et pour une entreprise déterminée (Code civ. art. 1780)
35. Sur le temps, au moment même.
• Je fais d'excellents impromptus à loisir ; mais, sur le temps, je n'ai jamais rien fait ni dit qui vaille (J. J. ROUSS. Confess. III)
36. En même temps, au même temps, à la même heure, dans le même moment, ensemble.
• Jésus-Christ est venu enseigner sa loi à tous les hommes, et leur donner au même temps les exemples de l'accomplir (FLÉCH. Panég. I, 247)
Descartes a dit : à même temps. Si la quantité de ces vapeurs n'est à même temps augmentée, Pass. 131.
37. Dans le même temps, sans tarder, incontinent.
• Si par hasard il a appris ce qui aura été dit dans une assemblée de ville, il court dans le même temps le divulguer (LA BRUY. Théophr VII)
38. Tout d'un temps, aussitôt, sans tarder.
• Et tout d'un temps on le voit y voler (CORN. Hor. IV, 2)
• Bonsoir, car tout d'un temps je vais me renfermer (MOL. Éc. des mar. III, 2)
• En arrivant, j'allai recevoir cette lyre, et tout d'un temps je la vendis (MARMONTEL Mém. II)
En même temps.
• Il lui sera facile D'apaiser tout d'un temps les mânes de Camille (CORN. Hor. v, 3)
• Emmenez avec vous les souffleurs [alchimistes] tout d'un temps (LA FONT. Fabl. II, 13)
• Mais je voudrais qu'on cherchât tout d'un temps.... (BOILEAU Épigr. XXX.)
39. De tout temps, de tous temps, toujours.
• Et mon dessein a été de tout temps de plaire à peu de personnes (BALZ. Liv. I, lett. 2)
• Tu sais que, de tout temps à l'amour opposée, Je rendais souvent grâce à l'injuste Thésée (RAC. Phèd. II, 1)
40. De temps en temps, de temps à autre, de fois à autre, quelquefois.
• Le Dieu, dont vous parlez, de temps en temps sévère (CORN. Attila, v, 3)
• Et c'est pour m'affranchir de cette dépendance Que.... de temps en temps, j'irrite ses ennuis (RAC. Brit. II, 2)
41. En temps et lieu, dans le temps et le lieu convenables.
• Je te remercie de ta protection, et je ne manquerai pas de la réclamer en temps et lieu (PICARD Deux Philiberts, I, 11)
42. Suivant ou selon le temps, suivant ou selon les temps, conformément aux circonstances.
43. Dans le temps que, au temps que, loc. conj. Dans le temps où, pendant que.
• Vous les avez poursuivis l'épée à la main au temps de leur affliction, au temps que leur iniquité était à son comble (SACI Ézéchiel, XXXV, 5)
• Jésus-Christ est venu surprendre la reine dans le temps que nous la croyions la plus saine, dans le temps qu'elle se trouvait la plus heureuse (BOSSUET Mar.-Thér.)
44. Au même