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Lettris is a curious tetris-clone game where all the bricks have the same square shape but different content. Each square carries a letter. To make squares disappear and save space for other squares you have to assemble English words (left, right, up, down) from the falling squares.

boggle

Boggle gives you 3 minutes to find as many words (3 letters or more) as you can in a grid of 16 letters. You can also try the grid of 16 letters. Letters must be adjacent and longer words score better. See if you can get into the grid Hall of Fame !

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Results Summary
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definitions

taire (v.)

1.s'abstenir de dire une chose, la passer sous silence.

tu (pro.)

1.désigne le destinataire du message (ex. Toi, tu ne devrais pas revenir).

tué (n.)

1.personne décédée à la suite d'un accident ou d'un combat.

tuer (v.)

1.causer, provoquer la mort.

2.épuiser, exténuer.

3.(figuré)faire cesser brutalement.

 

see also

tué (n.)

tuer

 

synonyms

TU (n.) (abréviation)

G.M.T., temps moyen de Greenwich, temps universel, GMT  (abréviation), TMG  (abréviation), U.T.  (abréviation), UT  (abréviation)

tu (pro.)

toi, t'  (peu usité), toi, tu  (peu usité), vous  (vouvoiement), vous, vous  (vouvoiement)

 

phrases

-faire taire • se taire • taire sa gueule

-Tu Duc • en veux-tu en voilà • en-veux-tu-en-voilà • m'as-tu-vu • si tu veux • toi, tu • à bouche que veux-tu • être à tu et à toi

-amanite tue-mouche • crier à tue-tête • papier tue-mouche • papier tue-mouches • tue-chien • tue-diable • tue-loup • tue-mouches • à tue-tête

-[ tuer au travail ] • entre-tuer • se tuer • se tuer à • tuer dans l'œuf • tuer le temps • tuer à la tâche

-ENTRE-TUER[Littré]

-TU AUTEM • TU-TU-BAN-BAN • VAS-TU[Littré]

-TUE-BREBIS • TUE-CHIEN • TUE-LOUP • TUE-MOUCHE • TUE-TEIGNES • TUE-TÊTE • TUE-VENT[Littré]

-Un amour à taire

-030 TU • 030 TU 13 • Alice où es-tu ? • Allô, tu m'aimes ? • Arrête-moi si tu peux • Chon-Tu Kwan Hapkido • Combien tu m'aimes ? • D'où viens-tu Johnny ? • Dieu es-tu là ? C'est Jésus à l'appareil • Différences entre le Concorde et le Tupolev Tu-144 • Dis-moi que tu m'aimes • Empire Tu’i Tonga • Entre tu et vous • Fatafehi Tu'i Pulotu'i Langi Tu'oteau • Guo Tu • Ik hou van u / je t'aime, tu sais • Je te tiens, tu me tiens par la barbichette • Je, tu, elles... • Je, tu, il, elle • Lola, qui es-tu Lola ? • Loup y-es tu ? • Là tu parles! • Meilen Tu • Meunier tu dors • N'oublie pas que tu vas mourir • N.O.R.E. Y La Familia... Ya Tu Sabe • Noble patria, tu hermosa bandera • Où es-tu ? • Où veux-tu qu'je r'garde ? • Où veux-tu qu'je r'garde ? (single) • Platero y Tu • Pourquoi viens-tu si tard ? • Ro Tu-chol • Si tu tends l'oreille • Si tu veux être mon amie • Sione Tu'amoheloa • Sonatane Tu’a Taumoepeau Tupou • Tane Tu'ipulotu • Te souviens-tu de Dolly Bell ? • Tevita Tu'ifua • Tu (ethnie) • Tu chercheras mon visage • Tu es l'Allemagne • Tu m'appartiens • Tu m'as sauvé la vie • Tu marcheras sur l'eau • Tu ne tueras point • Tu ne voleras point • Tu quoque mi fili • Tu vas pas mourir de rire • Tu vas rire, mais je te quitte • Tu Última Canción • Tu'ala • Tupolev Tu-114 • Tupolev Tu-126 « Moss » • Tupolev Tu-134 • Tupolev Tu-144 • Tupolev Tu-154 • Tupolev Tu-16 • Tupolev Tu-160 Blackjack • Tupolev Tu-204 • Tupolev Tu-22 Blinder • Tupolev Tu-22M • Tupolev Tu-4 • Tupolev Tu-95 Bear • Tú alfagra land mítt • Une fois que tu es né • Y tu mamá también • Youyou Tu

-Aconit tue-loup • Amanite tue-mouches • D'abord ils ont tué mon père • J'ai tué • Je n'ai pas tué Lincoln • L'Amour qui tue • Le Mort qui tue • Le Mort qui tue (film, 1913) • Mais qui a tué Harry ? • Mais qui a tué Pamela Rose ? • Mais qui a tué Pamela Rose ? (film) • Mon beau-frère a tué ma sœur • OSS 117 tue le taon • Pour toi j'ai tué • Pourquoi j'ai tué Pierre • Quand j'avais cinq ans je m'ai tué • Trop de soleil tue l'amour • Tue Loup • Tue-tête

-Bonnes à tuer • Comment tuer votre femme • Ils veulent nous tuer • Le Droit de tuer ? • Le Temps à tuer • Permis de tuer • Tous peuvent me tuer • Tuer le messager • Tuer n'est pas jouer

 

analogic tree

taire (v. tr.)

tu (pp.)

wdn

tu

tué (n. m.)

tid

personne tuée[ClasseHyper.]

wdn

tué

tué (pp.)

wdn

tué

tué (pp.) [figuré]

tid

fatigué[Classe]

wdn

tué

tuer (v. pron.)

se+V à+Ginf

tuer (v. tr.)

V+comp

wdn

tuer

tuer (verbe)

tuer (verbe)

tuer (verbe)

tuer (verbe)

wdn

tuer

 

le Littré (1880)

TAIRE

1. Ne pas dire, cacher.

M. le Tellier seul, disaient les factieux, savait dire et taire ce qu'il fallait (BOSSUET le Tellier.)

On les croit insensibles [les âmes vertueuses], parce que non seulement elles savent taire, mais encore sacrifier leurs peines secrètes (BOSSUET Mar.-Thér.)

Il tire d'un déserteur, d'un transfuge, d'un prisonnier, d'un passant, ce qu'il veut dire, ce qu'il veut taire, ce qu'il sait, et, pour ainsi dire, ce qu'il ne sait pas (BOSSUET Louis de Bourbon.)

En publiant ses magnificences [du Messie], ils [les prophètes] ne taisent pas ses opprobres (BOSSUET Hist. II, 4)

La grande maxime, ou, pour mieux parler, le grand abus de la science du monde, est de taire les vérités désagréables (BOURDAL. 4e dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. 135)

Sénat, j'ai vu le crime, et j'ai tu les complices (VOLT. Rome sauv. IV, 6)

Je n'ai pas entrepris mes confessions pour taire mes sottises (J. J. ROUSS. Confess. X)

Vous ne pouvez rien taire ; un peu de discrétion est bien rare aujourd'hui (P. L. COUR. 2e lett. partic.)

2. Se taire, v. réfl. S'abstenir de parler. Elle s'est tue ; ils se sont tus après quelques moments.

Il est bon de parler et meilleur de se taire ; Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés (LA FONT. Fabl. VIII, 10)

Quels seront nos gémissements à la vue de ce tombeau, où tous ensemble nous ne voyons plus que l'inévitable néant des grandeurs humaines ? taisons-nous ; ce n'est pas des larmes que je veux tirer de vos yeux (BOSSUET Mar.-Thér.)

Il y a certaines gens qui apprennent toute leur vie à parler, et qui devraient peut-être se taire toute leur vie (MALEBR. Rech. vér. V, 11)

Celui qui ne sait pas se taire sur un secret (FÉN. Tél. XXIV)

Il se tait et fait le mystérieux sur ce qu'il sait de plus important, et plus volontiers encore sur ce qu'il ne sait pas (LA BRUY. VIII)

Sacrés prélats de nos Gaules, combien de fois le vîtes-vous dans vos assemblées ignorer l'art nouveau de se taire ! (MASS. Or. fun. Villars.)

Quand un homme n'a rien à dire de nouveau, que ne se tait-il ? (MONTESQ. Lett. pers. 66)

On peut souvent appliquer ce que M. Royer-Collard disait d'un orateur maladroit : Il a manqué une belle occasion de se taire (LEGOARANT.)

Fig.

Quoi ! même vos regards ont appris à se taire (RAC. Brit. II, 6)

3. Ne pas exhaler son chagrin.

Si tant de mères [qui ont perdu leurs enfants] se sont tues, Que ne vous taisez-vous aussi ? (LA FONT. Fabl. x, 13)

La douleur qui se tait n'en est que plus funeste (RAC. Andr. III, 3)

4. Ne pas divulguer un secret.

La femme.... Crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire (LA FONT. Fabl. VIII, 6)

Elle est fort heureuse du parti qu'on lui offre, et dont elle est demeurée d'accord ; c'est de se taire très religieusement : et, moyennant cela, on ne la poussera pas à bout (SÉV. 14)

Quiconque ne sait pas se taire est indigne de gouverner (FÉN. Tél. III)

5. Se taire de, passer sous silence.

On parle d'eaux, de Tibre et l'on se tait du reste (CORN. Cinna, IV, 4)

Il est assez de geais à deux pieds.... Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui (LA FONT. Fabl. IV, 9)

C'est bien la moindre chose que je vous doive, après m'avoir sauvé la vie, que de me taire devant vous d'une personne que vous connaissez, lorsque je ne puis en parler sans en dire du mal (MOL. Festin, III, 4)

Romains, j'aime la gloire, et ne veux point m'en taire (VOLT. Catil. v, 2)

Ne pouvoir se taire d'une chose, céder à un sentiment qui porte à publier une chose.

C'est avoir bien de la langue de ne pouvoir se taire de ses propres affaires (MOL. Scapin, III, 4)

On me mande que Mme de Valavoire est à Paris, qui dit des biens de vous inimaginables ; elle ne se peut taire de votre beauté, de votre civilité, de votre esprit, de votre capacité (SÉV. 10 juin 1671)

6. Être passé sous silence. Un pareil fait ne peut se taire.

Votre infidélité ne saurait plus se taire (TH. CORN. Ariane, I, 3)

7. En parlant des animaux et des choses, cesser de faire du bruit. Les oiseaux se taisent dans les airs.

Dans ces superbes allées [de Chantilly], au bruit de tant de jets d'eau qui ne se taisaient ni jour ni nuit (BOSSUET Louis de Bourbon.)

En même temps les vents se turent (FÉN. Tél. XXIV)

Tout se calme à l'instant, les foudres se sont tus (DELILLE Parad. perdu, XI)

Maintenant tout dormait sur sa bouche glacée ; Le souffle se taisait dans son sein endormi (LAMART. Sec. Méditations, 22)

8. Fig. Ne pas parler, avec un nom de choses pour sujet.

Quoi ! l'univers se tait sur le destin d'Égiste ! (VOLT. Mérope, II, 1)

Il est vrai que l'histoire se tait sur le partage fait par Clovis du territoire de la Gaule (LÉVESQUE Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. v, p. 232)

9. Fig. Cesser d'avoir de l'influence, de se faire sentir.

Il faut que les sens et les passions se taisent, si l'on veut entendre la parole de la vérité (MALEBR. Rech. vér. IV, 11)

Placé ainsi sur le trône de l'éloquence, il [Bossuet] vit, ce qui peut-être ne s'était jamais vu entre auteurs, la jalousie de tous ses contemporains se taire devant lui (D'OLIVET Hist. Acad. t. II, p. 76, dans POUGENS)

Le père en lui se tait, et le Romain l'emporte (DELILLE Én. VI)

10. Se soumettre.

Quand vous verrez les rois tomber à vos genoux, Et la terre en tremblant se taire devant vous (RAC. Alex. III, 6)

Tous les Romains se sont tus devant moi (MONTESQ. Dial. de Sylla.)

11. Faire taire (avec ellipse du pronom personnel), imposer silence, réduire au silence. Faites taire ce bavard.

Il [Théodose] appuya la religion, il fit taire les hérétiques (BOSSUET Hist. I, 11)

Je dois employer mon crédit pour obliger le roi à faire taire tout le monde (MAINTENON Lett. au cardin. de Noailles, 3 avril 1697)

Les dieux, qui m'inspiraient, et que j'ai mal suivis, M'ont fait taire trois fois par de secrets avis (RAC. Mithr. IV, 2)

Que dirai-je de ce personnage [Bossuet] qui a fait parler si longtemps une envieuse critique et qui l'a fait taire ? (LA BRUY. Disc. de récep.)

Quelques personnes qu'on appelle dévotes se sont élevées contre les Calas ; mais, pour la première fois, depuis l'établissement du fanatisme, la voix des sages les a fait taire ? (VOLT. Pol. et lég. Lett. à d'Alemb. sur les Calas.)

Faire taire le canon de l'ennemi, le mettre hors d'état de tirer.

Le canon des ennemis est très bien servi ; mais on prétend que nos batteries, qui seront bientôt en état, le feront taire (PELLISSON Lett. hist. t. III, p. 383)

Fig. et dans le langage soutenu.

Si je n'ai pas fait taire mon âme, si je n'ai pas imposé silence à ces flatteuses pensées qui se présentent sans cesse pour enfler nos coeurs (BOSSUET Mar.-Thér.)

L'un [Turenne], par de vifs et continuels efforts, emporte l'admiration du genre humain et fait taire l'envie (BOSSUET Louis de Bourbon.)

Jules.... Qui fit taire les lois dans le bruit des alarmes (RAC. Bérén. II, 2)

Un prodige étonnant fit taire ce transport (RAC. Iphig. I, 1)

Elles [les paroles de Mentor] étaient semblables à ces paroles enchantées qui tout à coup, dans le profond silence de la nuit, arrêtent au milieu de l'Olympe la lune et les étoiles, calment la mer irritée, font taire les vents et les flots, et suspendent le cours des fleuves rapides (FÉN. Tél. XI)

12. S. m. Le franc taire, la liberté de se taire (mot formé à l'imitation de franc parler).

Il n'est pas permis longtemps d'y garder son franc taire ; car ceux qui y parlent ne veulent être écoutés que par des gens qui les applaudissent (BERN. DE ST-PIERRE dans le Dict. de BESCHERELLE, au mot FRANC-TAIRE)

Qui se tait consent, et, plus souvent, qui ne dit mot consent.

HISTORIQUE

XIe s.Respunt li reis : ambdui [tous deux] vos en taisez (Ch. de Rol. XVIII)Tais, Oliviers, li quens Rolans respunt (ib. LXXVIII)

XIIe s.Douce dame, je ne vous os [ose] rover [demander] Ce dont amours ne me rove pas taire (Couci, II)De peu me sert que me veut conforter D'autrui amer ; mieux me vaudroit taisir (ib. xx)Ici de Charlemaine [je] me doi ore bien taire (Sax. XXXI)Ne fis dunques dissemblant ? ne moi touge dunkes ? ne moi cessai ge dunkes ? (Job, p. 471)

XIIIe s.En France se croisa Hevelons li vesques de Soissons.... Enguerrans de Boves, Robers ses freres et maint autre baron dont li livres se taist ores (VILLEH. V)Que ceste chose soit si teüe et celée (Berte, XVI)Dolente fu la dame, mout fu taisans et mue (ib. LXXX)La roïne se teut atant, et rentra en sa cambre, et pensa com elle poroit faire (Chr. de Rains, 32)Dist en avez vostre plaisir, S'avez perdu un biau taisir (Ren. 8832)Nus fox ne scet sa langue taire (la Rose, 4750)Li oisel qui se sunt teü Tant cum il ont le froit eü (ib. 67)N'en quier plus parler, je m'en tès (ib. 5444)Il est tenu et gardé à droit, que les lois soient abatues par desacostumance, non pas solemant par l'aide de celui qui fet la loi, mès par le taire et par le consentement de toz (Liv. de jost. 6)Et si se turent li flot (Psautier, f° 133)Tulles [Cicéron] dit que cil qui se taist est semblables à celui qui conferme (BRUN. LATINI Trésor, p. 544)

XIVe s.Pour ce chaicun se devroit taire, Qui ne sceit très bien la matiere Comme Bretaigne fut soubmise (Le liv. du bon Jeh. 1625)

XVe s.Qui de tout se taist de tout a paix (GERSON Harangue au roi Charles VI, p. 17)Elle taisoit qu'elle fust cause de la dilasion (LOUIS XI Nouv. LXXXVI)

XVIe s.Je l'ay taisé.... quand viendra le temps de le dire, se pourra faire (Lett. de Louis XII, t. III, p. 26, dans LACURNE)Je vous declarerai un secret, dont le taire me met en tel estat que vous voyez (MARG. Nouv. XII)Il s'y treuve plusieurs advis qui valent mieulx teus que publiez aux foibles esprits (MONT. II, 348)Plus apprend qui se taist que qui parle hault et brait (GENIN Récréat. t. II, p. 247)Bien dire fait rire, bien faire fait taire (COTGRAVE)Fols sont sages quand ils se taisent (COTGRAVE)Quand d'autruy parler tu voudras, regarde toy, et te tairas (COTGRAVE)

ÉTYMOLOGIE

Berry, taiser ; provenç. taser, taiser ; ital. tacere ; du latin tacere, qu'on rapproche du germanique : goth. thahan, anc. haut-all. dagên, suéd. tiga. La forme régulière est taisir, taiser, du lat. tacere ; mais la forme taire indique une très ancienne accentuation vicieuse tacère ; comparez plaire et plaisir.

TU (pron. pers. de la seconde personne du singulier et des deux genres)

1. Tu est toujours employé comme sujet. Tu l'as voulu. Que demandes-tu ? Tu y étais. Tu nous parleras.

Cléanthis : Ah ! ah ! tu t'en avises, Traître, de t'approcher de nous ! - Sosie : Mon Dieu ! qu'as-tu ? toujours on te voit en courroux (MOL. Amph. II, 3)

Substantivement, le tu, le toi, l'action de tutoyer. M. de Bussy demande si l'on doit se tutoyer en amour ; et, après avoir dit que cela est indifférent, il finit par ces vers : Le vous me paraît plus galant ; Mais je trouve le toi plus tendre, Dict. de Trévoux, Tu.

Les poëtes ont conservé le tu ; et, en vers, cette licence a de la noblesse, parce qu'on paraît s'égaler à son supérieur (CONDIL. Gram. II, 7)

2. Toi s'emploie comme régime direct. Qui a-t-on voulu désigner ? toi. Il veut vous voir, toi et ton frère. Il n'y a que toi qui puisses le faire.

Aide-toi, le ciel t'aidera (LA FONT. Fabl. VI, 18)

À ta faible raison garde-toi de te rendre ; Dieu t'a fait pour l'aimer, et non pour le comprendre (VOLT. Henr. VII)

Comme régime indirect ou comme régime de préposition. Je compte sur toi. On a parlé de toi. C'est par toi que cela se fera. à qui a-t-on voulu parler ? à toi.

Ton maître te fait signe, et veut parler à toi (MOL. l'Ét. I, 10)

Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants, Entrant à la lueur de nos palais brûlants (RAC. Andr. III, 8)

3. Par abus et par oubli de l'ancienne langue, toi est employé comme sujet dans certains cas déterminés.

Il l'est, en jonction avec un nom, ou avec un autre pronom. Ta soeur et toi, venez nous voir. Nul autre que toi n'aura l'héritage. Personne que toi n'est si bien placé.

Il l'est dans les réponses. Qui sera chargé de cette besogne ? toi.

Il l'est devant le pronom relatif.

Voudrais-je t'affliger, toi que j'aime tant ? Que répondras-tu à cela, toi qui.... Et toi, soleil, et toi qui dans cette contrée Reconnais l'héritier et le vrai fils d'Atrée (RAC. Iphig. v, 4)

Ô toi, qui vois la honte où je suis descendue, Implacable Vénus, suis-je assez confondue ! (RAC. Phèdre, II, 2)

Toi, qui prévois tout, lui dit-il [Louis XI, à un astrologue], quand mourras-tu ? (DUCLOS Oeuv. t. III, p. 345)

Il l'est par réduplication. Toi, tu oserais le défier ! Toi, tu soutiens telle opinion, et moi telle autre.

Elliptiquement.

Toi me trahir ! faire une bassesse, toi ! serais-tu capable de me trahir, de faire une bassesse ? Pourquoi faut-il encor que ma main trop timide Reconnaisse un ami dans les traits d'un perfide ! Qui ? toi ? tu me trahis ? (LAFOSSE Manlius, IV, 4)

Il l'est par opposition avec un nom ou un autre pronom. Toi et moi nous irons ensemble. Toi et ton frère, que faites-vous aujourd'hui ? Toi et lui, vous êtes deux fripons.

Il l'est avec c'est, c'était, etc.

Le jeune homme s'émeut, voyant peint un lion : Ah ! monstre ! cria-t-il, c'est toi qui me fais vivre Dans l'ombre et dans les fers ! (LA FONT. Fabl. VIII, 16)

C'est toi dont l'ambassade à tous les deux fatale.... (RAC. Andr. v, 3)

Toi joue aussi quelquefois le rôle d'un substantif.

La première chose que je lui reproche [à un portrait], est de te ressembler et de n'être pas toi, d'avoir ta figure et d'être insensible (J. J. ROUSS. Hél. II, 25)

4. Te s'emploie comme régime direct. Je veux bien t'attendre. Je te crois un peu fourbe.

Pourrais-tu te résoudre à me quitter ainsi ? (MOL. l'Ét. I, 10)

Je devrais sur l'autel où ta main sacrifie Te.... mais du prix qu'on m'offre il faut me contenter (RAC. Ath. v, 5)

Comme régime indirect. Je te le promets.

...S'il fallait condamner Tous les ingrats qui sont au monde, à qui pourrait-on pardonner ? Toi-même tu te fais ton procès.... (LA FONT. Fabl. x, 2)

Je te les vais montrer l'un et l'autre à la fois (RAC. Ath. v, 5)

Il t'est parent, voy.

LEUR

.

L'e de te s'élide devant une h muette ou une voyelle. Tu t'honores par cette conduite. Ne t'amuse pas en chemin.

5. Toi-même, voy.

MÊME

5. .

Substantivement, un autre toi-même, voy.

MÊME

.

6. Familièrement. Être à tu et à toi avec quelqu'un, être assez intime pour le tutoyer et en être tutoyé.

REMARQUE

1. Lorsque toi se trouve après la seconde personne de l'impératif et qu'il est suivi de en ou de y, on élide oi, on met une apostrophe, et on joint par un trait d'union t' au verbe. Informe-t'en. Fais-t'en donner la moitié. Va-t'en. Garde-t'en bien. Mets-t'y. Jette-t'y. Accroche-t'y.J'en goûterai désormais, attens-t'y (LA FONT. Cuv.)Un seul serment suffit à la vie d'un homme : tu en as déjà prêté un, tiens-t'y (CH. DE BERNARD le Gentilhomme campagnard, II, 28)

2. Il ne serait pas incorrect de dire : mets-y-toi, jettes-y-toi. Mais on évite ces façons de parler peu usitées.

3. On a prétendu que l'usage n'admet pas t'y avec les verbes en ier. Cela n'est pas exact ; on peut dire : réfugie-t'y, fie-t'y.

4. Quand toi est régime indirect ou direct d'un verbe à l'impératif, il se met toujours après, et on l'y joint par un trait d'union. Tais-toi. Retire-toi. Fais-toi donner la bourse.

5. Avec l'impératif, c'est toujours toi qu'on emploie, comme régime soit direct, soit indirect. Cependant, quand il y a deux impératifs de suite, on peut remplacer toi par te dans le second : Approche-toi et te mets en ma place.

6. Te, régime direct ou indirect, se met immédiatement avant le verbe. Je t'aime. Je t'annonce cette nouvelle. Si le verbe a en outre un autre régime exprimé par le, la, les, te se met avant le, la, les. Je te le dis. Je te la recommande. Je te les annonce. Mais cette construction ne se fait pas avec me, avec vous, avec nous, avec leur ; on ne dit pas : je te me recommande, mais : je me recommande à toi.

7. Ta soeur ou toi, ta soeur et toi, vous aurez l'héritage. On peut aussi supprimer vous, et dire : ta soeur et toi aurez l'héritage. Même remarque avec ni. Ni ta soeur ni toi, vous n'aurez ou n'aurez l'héritage.

8. Ton frère aussi bien que toi est digne de louange. On peut dire aussi : ton frère aussi bien que toi, êtes dignes de louange.

9. La seconde personne a deux pronoms pour le singulier, tu et vous. Tu s'emploie dans la familiarité entre camarades, amis, parents, mari et femme, etc. Il s'emploie aussi en parlant à des enfants et quelquefois à des personnes fort inférieures. Quelquefois au contraire il fait partie du style oratoire et poétique, et c'est de lui qu'on se sert pour s'adresser aux personnages qu'on respecte le plus, aux monarques, à Dieu même. Ce tutoiement respectueux est un retour à l'antique manière de parler, où l'on ne disait pas vous à une seule personne ; et c'est cet archaïsme qui lui donne sa majesté. Dans les traductions des auteurs anciens, il est d'usage aujourd'hui d'employer le tu ; dans les traductions du XVIIe siècle, on employait la distinction moderne entre tu et vous.

10. Dans l'ancienne langue, toi était toujours régime ; et partout où nous l'employons comme sujet, nos aïeux mettaient tu : tu qui parles ; autre que tu ne l'auras, etc. Cela était la véritable construction ; car toi, représentant te, ne pouvait être sujet.

HISTORIQUE

Xe s.Tu douls [tu as douleur, en lat doles] mult ad.... (Fragm. de Valenc. p. 469)

XIe s.Jo t'en muvrai un tel si grant contraire (Ch. de Rol. XX)

XIIe s.Par toi commant [par le commandement de toi] (Ronc. p. 17)

XIIIe s.Et que ton ami soit un autre toi (BRUN. LATINI Trésor, p. 322)Que ce bois ne te soit à tousjours mais litiere (Berte, XX)Tais toi, vieille, fait ele, n'en ferai rien por ti (ib. LXXXIX)Dist Primaut : je boif plus que tu (Ren. 3164)

XVe s.Tu qui veulz aler par païs, Six choses te vueil enseignier (E. DESCH Poésies mss. f° 65)

XVIe s.Approche toy, et te mets en ma place (MAROT III, 302)Qu'avois-tu, mer, à t'enfuir soudain ? (MAROT IV, 324)À ma dextre te sieds (MAROT IV, 321)Qu'es-tu toy, archer ou picquier ? (AMYOT Que la vertu se peut apprendre, 8)

ÉTYMOLOGIE

Picard, ti, toi ; provenç. espagn. et ital. tu ; du latin tu, tibi, te ; grec ; allem. du ; angl. thou. Toi représente le latin te ; la différence entre toi et te est la différence entre une forme accentuée et une forme enclitique.

TU, UE (part. passé de taire)

Des secrets tus longtemps.

TUÉ, ÉE (part. passé de tuer)

1. Qui a péri de mort violente.

Cette fâcheuse perte [de Turenne] donna hier lieu, au petit coucher, de se souvenir des généraux tués par le canon ; on compta le maréchal de Créquy allant reconnaître Verceil, le maréchal de Guebriant, Pappenheim en la même bataille où Gustave Adolphe fut tué (PELLISSON Lett. hist. t. II, p. 382)

Il [Turenne] trouva M. d'Hamilton près de l'endroit où il allait, qui lui dit : Monsieur, venez par ici ; on tirera où vous allez. Monsieur, lui dit-il, je m'y en vais : je ne veux point du tout être tué aujourd'hui (SÉV. 28 août 1675)

Les soldats français ne s'y trompent guère ; ils s'étonnaient de voir tant d'ennemis tués, un si grand nombre de blessés et si peu de prisonniers [à la bataille de la Moskowa] (SÉGUR Hist. de Nap. VII, 12)

Substantivement. Les tués, ceux qui ont péri dans un combat.

2. Fig. Accablé de fatigue.

Ma fille, passé aujourd'hui, je vous promets de ne plus écrire qu'un mot.... mais faites-en donc de même, car vous êtes tuée d'écriture (SÉV. 3 sept. 1677)

3. Être tué dans une discussion, n'avoir plus rien à répondre, être réfuté complétement ; locution en place de laquelle aujourd'hui on dit plutôt battu.

Proverbe ou dicton. Tant de tués que de blessés, il n'y a personne de mort, se dit pour exprimer que le mal n'est pas si grand qu'on le croyait.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

TUÉ. Ajoutez :

4. Tué à l'ennemi, tué dans un combat.

Des élèves de l'école, peintres, sculpteurs ou architectes, devenus soldats pendant la guerre de 1870, et tués à l'ennemi, comme disent les bulletins militaires, sous les murs de Paris (CARO Journ. offic. 26 oct. 1877, p. 6998, 1re col.)

TUER (v. a.)

1. Frapper, assommer ; sens primitif, aujourd'hui tout à fait oublié.

2. Éteindre (voy. à l'étymologie comment frapper a passé au sens d'éteindre). Tuer le feu, la chandelle.

On doute pour quelle raison Les destins si hors de saison De ce monde l'ont appelée ; Mais leur prétexte le plus beau, C'est que la terre était brûlée, S'ils n'eussent tué ce flambeau (MALH. VI, 14)

Terme d'alchimie. Tuer l'eau philosophale, la fixer en continuant toujours le feu.

L'un tue l'autre, le fixe et le volatil se détruisent l'un l'autre.

3. Par généralisation de l'idée de frapper, d'assommer, ôter la vie d'une manière violente.

Tant que personne ne leur résiste [aux Espagnols qui avaient pris Corbie], ils tiennent courageusement la campagne, ils tuent nos paysans et brûlent nos villages (VOIT. Lett. 74)

Les gens que vous tuez se portent assez bien (CORN. Ment. IV, 2)

Le voyage de Fontainebleau est rompu par une des plus cruelles nouvelles du monde qui vient d'arriver ce soir : un coup de canon a tué M. de Turenne le 27, sur les neuf heures du matin (PELLISSON Lett. hist. t. II, p. 379)

Il [Abimélech] appela son écuyer, et lui dit : Tirez votre épée et tuez-moi, de peur qu'on ne dise que j'ai été tué par une femme ; l'écuyer, faisant ce qu'il lui avait commandé, le tua (SACI Bible, Juges, IX, 54)

C'est un de ces braves de profession, de ces gens qui sont tout coups d'épée.... qui ne font non plus de conscience de tuer un homme que d'avaler un verre de vin (MOL. Scapin, II, 8)

Pourquoi me tuez-vous ? Eh quoi ! ne demeurez-vous pas de l'autre côté de l'eau ? mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin, et cela serait injuste de vous tuer de la sorte ; mais, puisque vous demeurez de l'autre côté, je suis un brave, et cela est juste (PASC. Pens. VI, 3, édit. HAVET.)

Quand il est question de juger si on doit faire la guerre et tuer tant d'hommes, condamner tant d'Espagnols à la mort, c'est un homme seul qui en juge, et encore intéressé ; ce devrait être un tiers indifférent (PASC. ib. VI, 9)

Au passage de l'Issel, sous les ordres de M. le Prince, M. de Longueville a été tué ; cette nouvelle accable (SÉV. 147)

On tue beaucoup de fanatiques [protestants] et on espère en purger le Languedoc (MAINTENON Lett. au duc de Noailles, 14 mai)

Ou qu'il voit la justice en grosse compagnie Mener tuer un homme avec cérémonie (BOILEAU Sat. VIII)

Tuer un homme à terre, le tuer quand il est abattu.

N'avez-vous pas reçu ma lettre où je vous donnais la vie [dans le duel entre Mme de Sévigné et Bussy], et ne voulais pas vous tuer à terre ? (BOILEAU à Bussy, 4 déc. 1668)

Se faire tuer, périr dans un combat.

Il se fera tuer comme mon frère ; il vaudrait bien mieux qu'il fût sous-diacre (VOLT. l'Ingénu, 7)

Se faire tuer signifie aussi chercher la mort, de propos délibéré. Il s'est fait tuer plutôt que de se rendre.

Impersonnellement, au passif. Il fut tué beaucoup de gens dans la dernière bataille.

Absolument.

Il [l'homme] tue pour se nourrir, il tue pour se vêtir, il tue pour se parer, il tue pour attaquer, il tue pour se défendre, il tue pour s'instruire, il tue pour s'amuser, il tue pour tuer (J. DE MAISTRE Soirées de St-Pétersbourg, Entretien 7)

Sommes-nous des soldats qui tuent et se font tuer pour des intérêts qu'ils ignorent ? (BEAUMARCH. Mar. de Fig. v, 12)

Tue, tue, exclamation de gens qui en attaquent d'autres et ne veulent en épargner aucun.

M. de Longueville et ceux qui le suivirent de plus près, croyant avoir trouvé un chemin pour forcer la barrière, commencèrent à crier : Tue, tue, sans quartier (PELLISSON Lett. hist. t. I, p. 143)

Substantivement.

Au premier bruit qu'ils firent d'un tue, tue, on leur répondit si bien par de grands cris de Vive le roi, qu'ils ne passèrent pas plus avant (PELLISSON ib. t. III, p. 172)

Fig. à tuer chiens, s'est dit de prétextes, comme quand on veut tuer son chien.

Des objections à tuer chiens (D'ARGENSON Mém. t. II, p. 299)

4. Faire périr d'une manière quelconque, de mort violente ou par maladie. Une tuile lancée du haut d'un toit tua Pyrrhus. C'est une apoplexie qui l'a tué.

La faim [dans Jérusalem assiégée] en tuait plus que la guerre, et les mères mangeaient leurs enfants (BOSSUET Hist. II, 8)

Dieu veuille que quelque gelée ne me tue pas à Berlin, comme le froid de Stockholm tua Descartes ! (VOLT. Lett. Thiriot, 27 nov. 1736)

Elle aimait trop le bal, c'est ce qui l'a tuée (V. HUGO Orient. 33)

Fig. En termes de l'Écriture, tuer l'âme, la souiller, lui faire perdre le bonheur éternel.

Je sais que le trouble intérieur est la peine de tout péché qui tue l'âme (MASS. Carême, Enf. prod.)

5. Causer la mort.

Le bruit qui a couru de ma mort ne m'a point tué (BALZ. liv. IX, lett. 34)

J'approuve extrêmement le dessein que vous faites de vous désabuser de la fortune, et de la quitter comme une dangereuse maîtresse ; ses caresses et ses mépris sont également à craindre ; d'une façon ou d'autre, elle tue tous ses amants (VOIT. Lett. 44)

Ma vengeance est perdue, S'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue (RAC. Andr. IV, 4)

Il se dit d'un médecin qui, par inhabileté, cause la mort du malade.

Le frère de Mme de Coulanges est mort ; on dit que c'est le cordelier qui l'a tué ; et moi, je dis que c'est la mort (SÉV. 466)

6. Il se dit des animaux qu'on met à mort. La cuisinière a tué le poulet. Tuer des perdrix. Nous avons chassé toute la journée sans rien tuer.

Non, j'ai tué fort peu, tout au plus trois levrauts, Autant de cailles, oui, peut-être dix perdreaux (COLLIN D'HARLEVILLE M. de Crac, sc. 9)

7. Il se dit des bouchers qui égorgent ou assomment les animaux. Tuer des boeufs, des moutons.

Dans le langage familier. Ce boucher tue de meilleure viande que tel autre. Les bouchers, en été, tuent leur viande pendant la nuit.

Absolument. Ce boucher ne tue qu'une fois par semaine.

8. Faire périr, en parlant des arbres, des plantes ou des insectes. Le grand froid a tué les oliviers. Il est recommandé de tuer les chenilles.

Populairement. Tuer le ver, voy.

VER

.

9. Par exagération, causer une fatigue, une peine excessive, compromettre la santé, la vie. Il porte de trop grands fardeaux, cela le tue. Vous tuez votre cheval de le mener toujours au grand galop.

Albe vous a choisi, je ne vous connais plus. - Je vous connais encore, et c'est ce qui me tue (CORN. Hor. II, 3)

Deux heures durant, dans une posture qui tue la poitrine (SÉV. 5 nov. 1684)

Elle [ma tante] me fait des caresses qui me tuent ; elle parle de sa mort comme d'un voyage (SÉV. 20 avr. 1672)

Vous n'y êtes pas [auprès de moi], et c'est ce qui me tue ; vous faites du bien où vous êtes, et c'est ce qui me console (MAINTENON Lett. au duc de Noailles, 27 déc. 1710)

Mais ne différez point : chaque moment vous tue, Réparez promptement votre force abattue (RAC. Phèdre, I, 3)

On sent le vide du plaisir ; il est des moments de réflexion qui vous tuent (MASS. Mystères, Visitation.)

Son âme tuait son corps (VOLT. l'Ingénu, 19)

Abrégeons cet entretien ; malgré tout le charme que j'y trouve, il me tue (GENLIS Théât. d'éduc. la Curieuse, IV, 7)

Absolument.

Cette vie me tourmente trop, il est trop question de moi, on ne se peut cacher, cela tue (SÉV. 24 juill. 1689)

Se tuer le corps et l'âme, se donner beaucoup de peine.

Il se dit des peines mortelles que cause l'amour Fuyez un ennemi qui sait votre défaut, Qui le trouve aisément, qui blesse par la vue, Et dont le coup mortel vous plaît quand il vous tue (CORN. Poly. I, 1)

10. Fig. Importuner, incommoder. Le grand bruit me tue.

Adieu, mon très cher comte, je vous tue par la longueur de mes lettres (SÉV. 13)

11. Compromettre causer la chute, la ruine. Les acteurs ont tué l'ouvrage.

On pourra regarder comme une espèce de paradoxe ce que nous venons de dire, que les Lettres Provinciales, publiées en 1656, ont tué les jésuites cent ans après, en 1760 (D'ALEMB. Élog. Bossuet. note 14)

C'est en France qu'on a dit ce mot : la légalité nous tue (LAUGEL Rev. des Deux-Mond. 15 mai 1872, p. 300)

Tuer un auteur, tuer son original, son modèle, le surpasser au point de le faire oublier.

12. Fig. Faire disparaître, annuler, écarter.

Tuez ce qui vous tue, armez-vous de constance (ROTR. Bélis. II, 2)

Cela tue l'effet du spectacle, cela tue tout le plaisir de la partie, cela le contrarie, le détruit, l'anéantit.

Payer jusqu'aux sourires des femmes ! c'est tuer le plaisir, et non le temps (P. DE MUSSET Rev. des Deux-Mond. 1er déc. 1854, p. 963)

Tuer un poëte, ôter, en le traduisant, tout éclat poétique. Hic gelidi fontes... traduisez ave l'abbé Desfontaines : Que ces clairs ruisseaux, etc.

et vantez-vous d'avoir tué un poëte (DIDER. sur Térence.)

Tuer le temps, s'occuper de choses futiles pour échapper à l'ennui.

[Des vers] Que, pour tuer le temps, je m'efforce d'écrire (RÉGNIER Sat. VIII)

On dit aussi quelquefois : tuons le temps qui nous tue.

13. Terme de peinture. Se dit quelquefois de l'effet d'une couleur, d'une lumière, qui en détruit, en affaiblit une autre.

On dit de même qu'une figure en tue une autre.

Se dit aussi dans le langage ordinaire. Si vous mettez votre robe bleue, je ne mettrai pas la mienne ; la vôtre est d'un bleu plus vif et tue la mienne complétement.

14. Absolument. La lettre tue, quand on s'attache servilement aux mots, on ne saisit pas la pensée.

La lettre tue : tout arrivait en figures, il fallait que le Christ souffrît (PASC. Pens. XVI, 8 bis, éd. HAVET.)

Répétez souvent que la lettre tue, et que c'est l'esprit qui vivifie (FÉN. t. XVII, p. 70)

Cela se dit aussi d'un traducteur servile.

15. Se tuer, v. réfl. Se donner la mort, par accident ou volontairement. Il s'est tué en tombant de cheval.

Brutus et Cassius se tuèrent avec une précipitation qui n'est pas excusable (MONTESQ. Rom. 12)

Il n'y avait point de loi civile à Rome contre ceux qui se tuaient eux-mêmes (MONTESQ. Esp. XXIX, 9)

Il y a une loi de Marc-Aurèle qui ordonne de ne point confisquer les biens de ceux qui se sont tués (VOLT. Lett. Thibouville, 10 nov. 1777)

On ne se tue point pour les douleurs de la goutte ; il n'y a guère que celles de l'âme qui produisent le désespoir (J. J. ROUSS. Ém. I)

Se donner la mort l'un à l'autre. Les deux adversaires, tirant en même temps, se tuèrent l'un l'autre.

Par exagération, on s'y tue, se dit d'un endroit où l'affluence est excessive.

16. Nuire au corps, à la santé. Vous vous tuez à mener une pareille vie. Il se tue à boire.

Je vous demande la grâce de ne vous point tuer pour moi, et que je n'aie point la douleur de contribuer à détruire une vie pour laquelle je donnerais la mienne (SÉV. 378)

J'ai pensé me tuer depuis trois mois, afin d'achever un morceau que je veux y mettre [dans l'Esprit des lois].... je vous jure que cela m'a coûté tant de travail, que mes cheveux en ont blanchi (MONTESQ. Lett. à Mgr Cerati, 18 mars 1748)

Faudra-t-il que M. le marquis se tue à calculer une éclipse, quand il la trouve à point nommé dans l'almanach ? (VOLT. Jeannot et Colin.)

Se tuer à plaisir, faire sans nécessité des choses qui nuisent à la santé.

17. Se donner beaucoup de peine.

Les autres [les érudits] se tuent pour remarquer toutes ces choses, non pas pour en devenir plus sages, mais seulement pour montrer qu'ils les savent (PASC. Pens. IV, 2, éd. HAVET)

On dit ordinairement se tuer à.

On se tue à vous faire un aveu des plus doux (MOL. Tart. IV, 5)

Pour moi, je ne me tue point à écrire ; je lis, je travaille, je me promène, je ne fais rien (SÉV. 224)

Il [Chapelain] se tue à rimer : que n'écrit-il en prose ? (BOILEAU Sat. IX.)

Montesquieu, dans ses Lettres persanes, se tue à rabaisser les poëtes (VOLT. Lett. Saurin, 28 déc. 1768)

Figurez-vous ce que c'est que de faire imprimer à la fois son Siècle et une nouvelle édition de ses pauvres oeuvres ; de se tuer du soir au matin à tâcher de plaire à ce public ingrat (VOLT. Lett. d'Argental, 28 août 1751)

Pour moi, quand je me tuerais par mes travaux, le nom de Durand n'en deviendrait pas plus célèbre (GENLIS Théât. d'éduc. le Magistrat, II, 4)

18. Se tuer de, faire incessamment.

Je me tuais moi-même à tous coups de lui dire Que mon âme pour lui n'a que de la froideur (CORN. Veuve, III, 4)

Le bruit est grand autour d'elle [une dame à qui on prétendait que Monsieur faisait la cour] ; Monsieur en est au désespoir ; il se tue de dire qu'elle ne prétend à rien (SÉV. t. x, p. 148, dans POUGENS)

Son ami [de Matha] se tuait de lui dire, qu'ils [ses procédés de galanterie] étaient insolents plutôt que familiers (HAMILT. Gram. 4)

Je me tue de vous faire signe que j'ai quelque chose à vous dire (BRUEYS Muet, IV, 7)

19. Ces deux nuances se tuent mutuellement, elles se ternissent l'une l'autre.

20. On dit que le cidre se tue ou est tué, lorsque, restant en vidange, il prend une teinte brune et perd de sa saveur.

21. À tue-tête, loc. adv. Très fort, en parlant de la voix (si fort que l'on tue, casse la tête).

Ils parlent tous à tue-tête (SCARR. Virg. VI)

Un jour d'audience, où se trouvaient les ambassadeurs et nombre de gens distingués, le cardinal [Dubois], importuné par quelqu'un, l'envoya promener en termes grenadiers, jurant et criant à tue-tête (DUCLOS Oeuv. t. VI, p. 135)

Dans l'instant, nous avons commencé un duo que nous avons chanté un peu faux, mais à tue-tête (GENLIS Ad. et Th. t. II, p. 284, dans POUGENS)

Tel fiert qui ne tue pas, tous les coups ne sont pas mortels.

REMARQUE

On ne se sert pas du verbe tuer en parlant des morts violentes par exécution de justice, ni en parlant de ceux qui ont été noyés, étouffés ou empoisonnés

HISTORIQUE

XIIe s.Icel orage e cel tempiz Lur dura tant que port unt pris En Engleterre, ceo m'est vis, Morz e tuet e esturdiz (BENOIT I, v. 1874)Si bruit li cox [le coup] com foudre contre oré ; De trente maux [maillets] ne fust il miex tué, Et li chevals par desoz asomé (Bat. d'Aleschans, v. 5775)E tuout [tuait] à glaive les enfanz e les vielz par tutes les citez (Rois, p. 19)

XIIIe s.Paor ai ne vous tue, si me puist Diex aider (Berte, XI)

XVe s.Or ne fait rien, et si se tue, Fors soy partout faire escharnir [moquer] (E. DESCH. Miroir de mariage. p. 64)Homs qui se marie se tue (E. DESCH. Ball.)Item à maistre Jacques James, Qui se tue d'amasser biens (VILLON Gr test.)Ils trouverent devant St-Mery un nommé Jehan le Prestre qu'ils tuerent [percèrent de coups] plus de dix fois (Journal de Paris, Paris sous Charles VI et VII, an. 1438)

XVIe s.Si ma chambriere m'en eust fait autant, je me fusse levée, et lui eusse tué la chandelle sur le nez (MARG. Nouv. LIX.)Ils tuent le feu à une pipe de vinaigre defoncée (D'AUB. Hist. III, 14)L'ambition se tue en se faisant cognoistre (D'AUB. Tragiques, édit. LALANNE, p. 135)De sept tuez sur la terre gisans, Mille en y a les tueurs s'en disans (AMYOT Galba, 33)Tel tue qui ne pense que blesser, et tel cuide frapper qui tue (COTGRAVE)Tuez, il fait bon saler (OUDIN Curios. franç.)

ÉTYMOLOGIE

Berry, cuer le feu, cuer la chandelle ; wallon, touwé ; provenç. tuar, tuer ; tudar, éteindre, étouffer ; bas-lat. tutare, éteindre. Du grec, tuer, n'a pu être indiqué que quand on ignorait les règles de l'étymologie ; il faut un mot qui rende compte du t ou d (tutare, tudar). Diez, écartant le germanique (goth. dauthjan, anc. haut-allem. tôtan, qui aurait donné en provençal daudar ou taudar, et en français touer), tire tuer du latin tutari, protéger, recouvrir pour protéger, puis étouffer : tuer le feu, qui serait l'emploi primitif, était, à l'origine le couvrir de cendres pour le maintenir ; d'où le sens d'étouffer qui s'est généralisé dans l'acception tuer. Mais tous les intermédiaires manquent pour appuyer un pareil écart de signification. L'origine est le latin tuditare, frapper, choquer, ou même tudare ; du moins du Cange a tudatus, marteau. Ici la forme et le sens sont d'accord. Le sens fondamental est frapper, assommer. Pour passer à éteindre, on a l'ancien texte qui dit : tenens cannam unam in manu sua, tutat lampadem unam, il frappe une lampe et l'éteint ; du langage ecclésiastiqne tutare a passé au sens d'éteindre dans le parler vulgaire ; de là le tudar, provençal, l'at-tutare, italien, lequel, figurément, a pris le sens d'amortir, apaiser. Enfin frapper est devenu sans peine donner la mort d'une manière violente.

 

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TU

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Sigles d'une seule lettre
Sigles de deux lettres
Sigles de trois lettres
AAA à DZZ
EAA à HZZ
IAA à LZZ
MAA à PZZ
QAA à TZZ
UAA à XZZ
YAA à ZZZ
Sigles de quatre lettres
Sigles de cinq lettres
Sigles de six lettres
Sigles de sept lettres et plus
Chercher (en) TU
sur Acronym Attic

Tu est un pronom personnel de la deuxième personne du singulier, en français.

TU est un sigle, qui signifie :

  • Temps universel
  • Test unitaire, en informatique.


TU est un code, qui désigne :

  • la Turquie, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, alpha-2
selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, la Turquie a pour code alpha-3 TUR
selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), la Turquie a pour code alpha-2 TR
selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), la Turquie a pour code alpha-3 TUR
selon la liste des codes pays du CIO, la Turquie a pour code TUR
selon la liste des codes internationaux des plaques minéralogiques, la Turquie a pour code TR
selon la liste des Internet TLD (Top level domain), la Turquie a pour code TR
  • les Îles Vierges britanniques, selon la liste des préfixes des codes OACI des aéroports
selon la liste des préfixes OACI d'immatriculation des aéronefs, les îles Vierges britanniques ont pour code VP-V
  • la Côte d'Ivoire, selon la liste des préfixes OACI d'immatriculation des aéronefs
selon la liste des préfixes des codes OACI des aéroports, la Côte d'Ivoire a pour code DI
  • Tunisair (Tunisie), selon le code AITA des compagnies aériennes
selon le code OACI des compagnies aériennes, Tunisair a pour code TAR
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